mercredi 30 janvier 2013

53. Quand la patrie devient marâtre

J'ai été élevée avec l'idée profonde qu'on sert et qu'on défend son pays qu'on appelle la 'patrie'. Idée et concept complètement démodés aujourd'hui.

J'ai passé beaucoup d'heures de ma vie à réfléchir pour essayer de comprendre les cataclysmes de l'Histoire quand une 'patrie' ne protège plus ses 'enfants' mais les chassent et les détruient. Deux exemples: la forte communauté des Protestants après la révocation de l'Edit de Nantes par Louis 14, en France, et la large communauté des Juifs dans les années 1930, en Allemagne. J'ai toujours essayé d'imaginer ce que devait ressentir une famille de bons Français, devant prendre la décision de quitter sa maison et son pays, parce que la 'patrie' menaçait de les détruire. Passé le moment d'incrédulité, la douleur de se sentir rejeté au prix d'y perdre la vie, il leur avait fallu à un moment donné faire leurs sacs et se mettre en route. C'était un malentendu, croyait-il profondément. On reviendrait. J'ai rencontré ainsi dans mes vadrouilles des descendants de ces Français protestants, jusqu'à ce jour fiers de dire qu'ils sont des anciens Français. La patrie ne les a jamais reconnus. Le malendendu n'a jamais été dissipé. Je trouve cela une tristesse et un gâchis lamentable.

Il m'arrive, depuis plusieurs années, une expérience étonnante que je pense être d'un certain danger pour ma patrie. Le problème majeure est de raconter ce qui ce passe. J'ai essayé autour de moi, avec le résultat d'haussements d'épaules garantis. Alors je me suis mise à écrire un soi-disant roman pour essayer de faire passer mon message. Pas plus de succès. Finalement, j'ai osé écrire un article tel quel sur ce qui se passe. Je l'ai signalé à la gendarmerie. Deux gendarmes sont venus chez moi, un homme et une femme, et ont déclaré que j'étais une malade mentale et qu'ils reviendraient dans deux jours pour m'emmener dans un hôpital psychiatrique. Le ton et la méthode dignes du KGB. En sommes-nous déjà à ce point de devenir une république soviétique?

Sans chercher plus à me faire entendre, j'ai fait mon sac et je me suis délocalisée.

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