samedi 18 août 2012

40. LE BALLON BLEU


C'était l'autre dimanche quand j'ai dit qu'on allait picniquer à Gargilesse. Avec mes deux petits lurons je m'installe tout au bout de l'île des campeurs à la Chaumerette, tout au bord de la rivière, la Creuse en aval du barrage d'Eguzon. Un lieu magique où l'on peut prendre des photos façon peintres impressionistes. Je me souvenais d'un jour de 2009 où j'y avais emmené des amis australiens de passage.

en picnic à Gargilesse, juillet 2012
le ballon bleu coincé sur l'autre berge tout là-bas

Au menu du picnic, salade de pommes-de-terre avec saucisses de strasbourg, chacun sa barquette, fromage qui colle pas aux doigts genre babibel, des allumettes au chocolat pour dessert. Quelques morceaux de patates ou de saucisses sont lancées au hasard en direction d'une famille de canards en croisière sur la rivière. Grand amusement des enfants et des canards.

Le repas fini on cherche une occupation bougeante. Je suggère de jouer au ballon avec une balle à moitié gonflée en spécifiant de rester loin de la berge et de ne pas taper trop fort. Une fois à l'eau, le ballon serait perdu. Ai-je bien insisté? En tout cas, ce qui devait arriver, arriva... le ballon bleu tomba à l'eau et s'enfuit rapidement vers le milieu de la rivière puis resta coincé un moment sur une île miniature un peu plus loin avant de prendre carrément le large.

Le petit Bertrand retient ses larmes vaillamment avant d'éclater en sanglots. Je le cajeole et le console comme je peux. Pour faire diversion on quitte le lieu pour aller jouer sur la berge de l'autre côté où il y a des balançoires et autres constructions pour enfants. On s'aperçoit alors que le ballon bleu a traversé la rivière et est allé se coincer dans des branchages couchés dans l'eau. Inaccessible. Visible mais perdu. Dur dur!

Au bout d'un moment je vois qu'une famille installée là tout près s'occupe de plongée et de natation de façon quasi professionnelle. Un papa est en train de faire faire de l'entraînement à son fils d'environ 14 ans, dûment vêtu d'une combinaison de plongée. J'ose aller leur demander si... oui, oui, on a vu le ballon et on est en train de se préparer pour aller le chercher!

Il y a des jours où les miracles arrivent. Ce dimanche-là il fut pour Bertrand qui retrouva son ballon bleu, rendu des mains d'un jeune garçon qui s'entraînait à nager et à plonger avec son papa dans la rivière. Mais le truc, c'est qu'à notre insu, il y avait aussi des chercheurs de trésor qui, ayant vu un objet bleu sur la berge opposée, s'étaient empressés de gonfler un canot et de pagayer dans la même direction. Heureusement notre jeune nageur sauveteur de ballon est arrivé au but le premier!

J'ai filmé toute la scène avec mon appareil-photo qui me sort des vidéos en format MP4 impossible à utiliser avec l'application 'film maker' de Windows qui se trouve sur mon ordinateur. Je ne sais pas encore comment je vais faire, mais un de ces jours, j'aurais trouvé et je mettrai cette vidéo ici.

jeudi 16 août 2012

39. Paf!!!


Paf!!!...C'est le bruit que ça a fait quand ça a éclaté... je parle de mon pneu avant gauche, côté conducteur, mon pneu sur ma roue avant gauche. Drôle d'effet.

C'était vendredi 27 juillet dans l'après-midi alors que je devais ramener ma petite-fille chez ses parents. Ma voiture roule au diesel c'est-à-dire que je peux faire 900 km avec un plein, mais même, de temps en temps il faut bien mettre du gazoil dans le réservoir. Au prix de l'or maintenant, j'étais partie en mettre pour 5€, juste de quoi faire le trajet prévu. En revenant de la station-service à St Benoît-du-Sault, alors que je ralentissais m'apprêtant à passer en troisième vitesse pour tourner à droite vers Roussines et St Civran, juste sous le poteau de fin de village, paf!!!, le bruit d'un ballon d'enfant qui éclate.

Je m'attendais un peu à un truc comme ça. Mes pneus étaient lisses. Mais bon, mes très maigres revenus faisaient que je remettais toujours à demain et après-demain pour les faire changer. Erreur classique et fatale. Enfin, pas fatale ce jour-là parce que je roulais doucement (à 50kmh peut-être), mais ce genre de truc arrivant à 130 sur une autoroute coûte la vie au conducteur. Je le savais. Je le sais.

A partir de là, je remets en première pour faire deux mètres de plus pour me garer un peu. Je ferme ma voiture. Et je pars en stop. J'avais bien mon téléphone mobile sur moi mais je n'avais pas de moyen de prévenir ma petite-fille car il n'y a pas de téléphone fixe dans la maison (pour l'instant). Mon premier réflexe a été de rentrer à la maison pour qu'elle ne s'inquiète pas de mon absence prolongée.

Je n'avais pas marché 50 mètres qu'une petite voiture s'arrête. Le conducteur âgé m'explique qu'il se rend à un enterrement à Roussines. Il me dépose un peu avant l'église où est massée une foule de gens. Une dame qui sort de la voiture... tiens donc! J'ai été suivie par une foule de yeux curieux pendant que je me hâtais le long de la route pour St Civran.

Tout en marchant vite, j'appelle mon fils avec mon mobile pour lui signaler l'énènement. Une autostoppeuse au petit trot en conversation le mobile à la main, je trouvais que ça faisait très 'fashion'!!!! Et une deuxième voiture s'arrête, cette fois, c'est une dame qui revient du Lot et remonte sur Vierzon. St Civran, c'est où? Le village suivant. Ah bon! Ici l'herbe est encore verte, elle est jaune dans le Lot. Ah!... le temps de 3 phrases sur la météo et j'étais arrivée chez moi. Merci, au revoir.

Là, j'appelle mon garagiste préférée, Jérémy Jaroussat, dont le grand-père était le garagiste préféré de mon grand-père, qui me dit: on arrive, rendez-vous à la voiture. J'attrape ma petite-fille pour aller demander à John, le copain anglais à l'autre bout du village, de nous conduire sur place. John n'est pas chez lui. Ah zut. Je rappelle mon garagiste préféré pour changer de plan. De justesse, son mécanicien est justement en train de partir. Il passe nous chercher avant d'aller à la voiture.

Sur place, le changement de la roue éclatée par la roue de secours se fait en deux temps trois mouvements. Puis je conduis ma voiture clopinante à 60 à l'heure jusqu'au garage d'Abloux. Puis Alexandra, la secrétaire, nous ramène à la maison. Quelle journée! Maintenant c'est mon fils qui finalement va venir chercher sa fille.

Je pensais ne pas avoir de voiture jusqu'au début de la semaine suivante. Après tout, c'était un vendredi après-midi, en été. C'était sans compter sur l'efficacité du jeune Jérémy Jaroussat!!! Vers 17h passé il me ramène ma voiture, avec deux nouveaux bons  pneus à l'avant. Je n'en reviens pas. Alors, voilà, je lui fais de la pub: chez Jaroussat, c'est pas bidon et c'est tout droit.



38. AMADEUS


Un drôle de nom, Amadeus. En fait j'ai appris, en écoutant Franck Ferrand sur le sujet, qu'il s'agit de la traduction latine de Gottlieb, deuxième prénom qui avait été donné au petit dernier des Mozart à sa naissance, latinisé ensuite pour faire plus chic. Je veux bien!

Gottlieb signifie 'aime-dieu' en allemand, rendu par Ama-deus en latin. Si on va un peu plus loin, on trouve Théo-phile en ancien grec et Ab-el en hébreu. Je ne vois pas de prénom français qui corresponde, sauf Théophile qu'on emploie mais qui est du grec pur. Quant à Abel, il se trouve dans les toutes premières pages de la bible. Au moment de la Réforme dans les années 1500 et 1600, les familles protestantes avaient tendance à donner des noms bibliques de l'ancien testament à leurs enfants.

Tous ceux qui portent de tels noms, de toute façon, avaient des parents pieux qui ont élevé leur Gottlieb-Théophile-Abel dans une foi active et réelle de l'existence de dieu et de sa pratique chrétienne. Il faut se souvenir de ça quand on lit leur biographie, nous, les mécréants du 21e siècle, faute de quoi on passe à côté de la réalité historique. Mozart et Abel Tasman, entre autres, étaient de profonds chrétiens protestants.

Voilà. C'est tout ce que je voulais dire.

mercredi 8 août 2012

37. Le Festival des Lumières


Le dépliant que j'avais reçu sur ce Festival des Lumières était très fourni. Sur un weekend, les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 juillet, il y avait tout un tas de représentations diverses ayant trait à l'époque de l'Histoire européenne, dite des "Lumières". Le programmateur du Festival disait dans sa présentation que ce mot de "Lumières" est le même dans les autres pays de l'Europe pour désigner le 18e siècle: "Enlightment" en Angleterre, "Illuminismo" en Italie, "Aufklärung" en Allemagne. Cette période de l'Histoire n'est pas ma préférée mais le dépliant disait qu'il s'agissait d'un festival pour tous les publics, s'adressant aussi aux enfants. Idéal pour y aller avec ma petite-fille, un après-midi pour une scène gratuite.

On est donc parti après déjeuner le samedi, en roulant tranquillement. La ville est bien grise quand on y arrive. On descend assez rapidement jusqu'au centre ville et en suivant les flèches Festival des Lumières, on traverse le pont et on remonte à pic de l'autre côté. Là je me suis trompée de file à un feu et j'ai fini devant la gare. Rebroussant chemin on est allé se stationner devant une très vieille église avant de finir à pied tout en suivant les flèches. Il n'y avait pas grand monde mais nous étions très en avance. Le haut bâtiment s'appelant La Maison-Dieu me parut franchement carcéral. A son contact j'avais la même impression qu'à l'abbaye de Fontevrault. Le dépliant dit que "ce monastère-hôpital (fut) fondé au 11e siècle par Robert du Puy, seigneur de Montmorillon, à son retour de Terre Sainte". Les scènes gratuites de l'après-midi se jouaient dans la cour de cette Maison-Dieu, alors on s'est assis là, essayant plusieurs bans sur plusieurs scènes et je me suis empressée de prendre quelques photos marrantes!







J'en viens au premier spectacle: Rien que du vent, donné par la Compagnie La Chaloupe. A en parler, j'en ris encore. Un one-man-show pas possible, 'standing' par dessus le marché, gesticulant et dansant même, au son d'un musicien planqué là avec une flûte à bec, une cornemuse et autres instruments à vent. L'instrument à vent dont il fut question était le trou de balle et les différents sons qu'on peut faire avec... oui, oui, c'est cela même. L'acteur, en habit de gentleman bon-chic-bon-genre du 18e siècle, nous a entretenu pendant une bonne heure du fait scientifique qu'est un pet. Je ne vais pas résumer! Il faut l'avoir vu et entendu! Il a tenu son public en haleine et en franche rigolade tout le temps. Ceci ayant été la première représentation de théâtre vécu par ma petite-fille, je crois qu'elle s'en souviendra... bravo, mille bravos à l'artiste.


Le deuxième spectacle était haletant. Je sais bien qu'il y a des gens blasés mais j'ai été captivée par la façon dont il a été question de la mort de Mozart, oui, c'est cela, la mort de Wolfgang Gottlieb Mozart, décédé à l'âge de 35 ans en 1791 à Vienne en Autriche. Ce décès prématuré du génial musicien a souvent fait l'objet d'études sur le pourquoi et le comment. Le présentateur-programmateur du Festival des Lumières nous a dit tout de go (expression du 18e siècle!) que nous allions enfin dénouer l'énigme, ici, aujourd'hui, à Montmorillon. Quel privilège!

La pièce s'intitule 'Qui a assassiné Mozart?', jouée par la Compagnie 'Le Petit Salon de Théâtre' et mise en scène par Alain Carré, le souriant présentateur-programmateur cité plus haut. Sur scène un grand piano à queue noir où une jolie jeune dame en robe du 18e siècle interprète avec brio la Fantasia dudit Wolfgang Amadeus, pendant qu'une autre jolie jeune dame vêtue pareillement se tient assise, une plume d'oie à la main en train de composer une missive. Au fond, tournant le dos à tout le monde, deux messieurs en gabardine longue noir-corbeau façon agent secret du 21e siècle. Ce morceau pour piano en ré mineur sonne très romantique. Mais après avoir vu cette pièce et après avoir entendu son interprétation, je n'écouterais plus jamais Mozart de la même façon.



Je ne vais pas résumer. J'étais captivée, par la musique, le chant, le suspens, le jeu des acteurs se cotoyant à trois siècles d'intervalle. J'en oubliais d'applaudir à la fin de chaque aria comme il se doit. Ma petite-fille a beaucoup aimé. Rentrées à la maison, on a plusieurs fois écouté la Fantasia le soir, le petit-frère de six ans dans le lit du haut demandant un bis à chaque fois.

Merci, la Compagnie, merci!



mercredi 1 août 2012

36. LE MOIS DE JUILLET 2012


Faudra-t-il se souvenir de ce mois de juillet où les températures ont sans cesse sauté de 30° à 15° d'un jour à l'autre, avec des ondées ou des orages tous les trois jours? Nos producteurs-éleveurs de vaches à viande (je n'aime pas dire 'paysans', ça fait plouc), nos fermiers donc s'en souviendront sans doute. Ils ont bossé sans relâche dansant d'un pied sur l'autre pour pouvoir couper et rentrer leur foin entre deux giboulées, tardivement, alors qu'il fallait se mettre à la moisson des blés et autres contingences de la production primaire... sans laquelle, je le dis sans cesse, rien d'autre ne serait possible. Voir les tribulations d'un Paysan Heureux, fermier éleveur en Bourgogne.

Quant à moi, grand-mère émérite, j'ai eu en première semaine du mois la visite d'une vieille connaissance hollandaise rencontrée jadis en Nouvelle Zélande: palabres sur nos aventures passées, balades touristiques, dîners en famille. Nous avons pu couvrir du chemin allant de banc en banc sur les bords de la Creuse, à St Gaultier et à Argenton-sur-Creuse.

Nicolas, John et Hetty

La Creuse à St Gaultier







Après leur départ, j'ai eu avec moi ma petite-fille (10 ans) et son petit frère (6 ans), de quoi rigoler et s'activer sans relâche. Ils ont été adorables, ont joué ensemble sans se chamailler, dormant dans des lits superposés et moi sur un matelas par-terre dans la même chambre, occassion rêvée pour se raconter des histoires pour soi-disant s'endormir! Coucher à 22:30 et lever à 11:00...

A part ça, je déménage, j'émigre vers l'ouest. Le grenier aménagé à Chazelet n'est plus vraiment habitable, même en été. J'abandonne ce fief qui pourtant me tenait à coeur. Mon fils et sa petite famille étant partis loger ailleurs, et n'ayant pas trouvé de 'concierge' pour la maison de la poterie à St Civran, je retourne m'y installer. Le transfert se fait journellement en remplissant le coffre de ma voiture et en intégrant les objets et meubles divers peu à peu. Je vide tout et j'espère avoir fini mon nouvel emménagement quand il va commencer faire froid. Quand? On verra bien.

A part ça, ma petite-fille est venue passer une semaine toute seule avec moi. J'aime bien discuter avec elle. On a commencé par aller danser un soir au 'bal trad' animé par le groupe Les Genoux lors du festival de danses folk Mercuria. J'adore!

...pas nette la photo, j'ajouterai ma petite vidéo plus tard
Ensuite, ayant reçu un prospectus sur le Festival des Lumières organisé à Montmorillon, dans la province limitrophe du Poitou, nous sommes allées assister à quelques représentations théâtrales gratuites un après-midi. Génial, absolument génial! Comme nous étions assises sur des bancs, une dame armée d'un gros appareil photo à l'ancienne (pas le genre digital discret) se plante devant nous sans autres civilités. Elle n'eut cesse de photographier tout le monde sur scène et sur les bancs, sans vergogne, sans s'excuser, sans se présenter. Ce genre d'incivilité, je déteste. Je conçois qu'un reporter qui couvre la guerre du Liban ou de Syrie ne s'excuse pas quand il passe devant quelqu'un, mais ici, dans une petite ville provinciale en plein festival estival, pourquoi jouer les grands reporters en mission dangereuse? Si ça se trouve, elle travaille pour la gazette locale... ou bien alors pour la CIA...




Oui, parce qu'à la deuxième représentation, il y avait une dame assise en bout de banc à côté de moi qui a passé son temps à me dévisager. Mais vraiment, la tête tournée vers ma tête comme pour compter mes boutons juvéniles et mes rides séniores... à tel point que je lui ai par deux fois demandé pourquoi elle me regardait comme ça. A la fin de la représentation, elle est partie avant les applaudissements et je lui ai couru après, l'attrapant par la manche et lui demandant les explications de son comportement. Elle m'a dit qu'elle regardait des amis assis de l'autre côté... mon oeil! Enfin bon, passons. Les représentations avaient été absolument magnifiques. J'en reparlerai. Rentrées à la maison, nous avons bien rigolé à l'idée que la dame avait dû nous prendre pour des extra-terrestres, jouant à en être, écrasant nos nez, et mettant la nourriture dans nos oreilles!!!

Voilà pour le mois de juillet :-)

Le croquemitaine 3.

Ce matin lundi 3 février 2020 à 5h23 du matin, de nouveau un grand coup sur le toit. Je vis dans un loft à même les poutres de la toiture. ...