mardi 2 juillet 2019

95. Un arbre monstre témoin de changements climatiques

Voici ma traduction en français de l'article en anglais de JAMIE MORTON paru dans le journal HERALD  de NOUVELLE-ZÉLANDE, le 1er juillet 2019 :

https://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=12245509


Un tronc d'arbre monstre qui vient d'être extrait du sol près de Kaikohe pourrait bien avoir une importance capitale pour la science.

Ce tronc, long de 16 mètres et pesant 60 tonnes, a été trouvé lors des travaux d'excavation pour la construction d'une usine géothermale près de Ngawha Springs en début d'année. La semaine dernière, des scientifiques en ont fait une analyse radiométrique qui révèle que ce kauri était debout voilà 41000 à 42500 ans. Il se trouve aussi être le seul arbre au monde qui était vivant lors d'un mystérieux changement du champ magnétique terrestre. Appelé l'anomalie géomagnétique de Laschamps, cet événement donna lieu à des changements  énormes et abruptes dans les niveaux de radiocarbone atmosphérique de même qu'un déplacement notoire inversé des pôles magnétiques.

Le professeur associé Alan Hogg, directeur du laboratoire de datation au radio carbone à l'université de Waikato, a déclaré qu'un tel déplacement est en train d'être observé. D'après ses explications "sur une période de 200 à 300 ans, le pôle virtuel géomagnétique s'est déplacé, dans le sens des aiguilles d'une montre, de sa position de départ au nord vers et assez loin dans l'hémisphère sud, avant de revenir à sa position initiale. Si cet événement devait se reproduire aujourd'hui, cela produirait des implications significatives pour notre technologie car de très fortes radiations cosmiques sur la surface terrestre atteindraient très certainement les satellites et toutes nos communications. Sans être alarmiste, il nous faut cependant savoir à quelle vitesse ces changements pourraient arriver."

L'équipe de professeur Hogg vont commencer par mesurer les niveaux de radiocarbone atmosphérique dans des blocs de bois de 40 anneaux sur presque toute la longueur de l'arbre pour établir exactement de quelle façon le radiocarbone a pu changer pendant toute la vie de l'arbre.

Une autre raison pour laquelle les scientifiques s'intéressent au retournement du champ magnétique (accompagné d'une baisse de sa puissance entraînant une augmentation de la radiation solaire sur la surface terrestre) est qu'un tel phénomène pourrait avoir un effet majeur sur le climat.

"Nous allons comparer les résultats de datation de cet arbre à ceux d'autres sites dans le but d'obtenir une vision plus claires des changements climatiques."

Professeur Hogg s'attend à ce que cette découverte soit d'une importance majeure pour la science internationale. "C'est l'unique arbre connu à ce jour où que ce soit dans le monde qui étale des données d'une telle ampleur dans le temps."

L'arbre trouvé à Ngawha faisait partie d'une vaste forêt de kauri couvrant le nord de North Island avant l'arrivée des humains. La déforestation s'est ensuite accélérée rapidement vers 1820 à l'arrivée des Européens. On estime qu'il ne reste plus que 4% de cette forêt.

L'ingénieur en chef de ce projet d'expansion, Mr Keith Dickinson de l'entreprise "Tonkin  & Taylor" a décrit cette bille de bois comme étant assez phénoménale et découverte à environ 8 mètres sous terre. "On ne sait pas s'il y en a d'autres car nous avons terminé notre travail à cet endroit."

L'arbre a été livré au temple maori Ngawha Marae dont le directeur Richard Woodman a indiqué qu'aucune décision n'avait encore été prise sur ce qu'on allait en faire. "On veut juste s'assurer qu'on le protégera le mieux qu'on peut" a-t-il déclaré."

 Image PIXABAY




lundi 1 juillet 2019

94. UN ÉCHANTILLON REPRÉSENTATIF

Trop souvent on nous présente, dans les média, des analyses conçues à partir d’un échantillon représentatif d’individus pour conclure de façon généralisée sur un groupe de personnes. Je vais en faire autant !

J’ai reçu pendant deux mois un potier russe dans ma maison et mon atelier en avril et mai dernier et je vais en conclure des généralités sur le peuple russe...

Cet homme d’une cinquantaine d’années est donc né, a grandi et a été scolarisé dans la Russie soviétique. De mon côté je suis née, j’ai grandi et j’ai été scolarisée en France de 1950 à 1963 avant d’apprendre la vie adulte dans des pays Anglo-saxons.

Pendant les quelques trois mois de prise de contacts par internet avant son arrivée, le 26 mars 2019, la  peur d’une entourloupe et même d’un contact terroriste ne m’a jamais quittée. Ayant moi-même souvent franchi des frontières, j’ai voulu qu’il soit accueilli à son arrivée à l’aéroport à Paris. N’ayant trouvé personne à Paris à même de l'accueillir, je l’ai attendu à son arrivée à la gare de Châteauroux. Je n’en menais pas large et j’étais contente de voir deux policiers pas loin de moi dans le hall de la gare. Le reconnaissant, j’ai serré la main d’un homme sympathique, sans bagages, avec simplement un maigre sac sur le dos. À ma vieille voiture qu’il qualifia de limousine, je lui ai offert un sandwich, un sneaker et un coca, ce que je pensais pouvoir le réconforter après son long périple. Il refusa avec force plusieurs fois. Ce premier contact pour moi a été négatif. Mon échantillon représentatif me donnait à penser que les Russes, soit refusent de manger “capitaliste”, soit se méfient de se faire empoisonner.

Il parut agréablement surpris de la maison que je lui proposais d'habiter, de la chambre avec un lit confortable à baldaquin, que je lui proposais d'occuper. Il dit "merci Frankie, merci la France, je suis heureux". C'était pour lui l'aboutissement d'un vieux rêve de se trouver là quelque part en France dans ce village quel qu'il soit. Je connaissais ce sentiment. J'en conclus que les Russes aimaient l'idée de venir en France.

Mon vocabulaire russe et son vocabulaire français étant limités, la conversation se faisait par le truchement du traducteur google sur ma tablette et sur son laptop. Il refusa d'emblée ce que je lui proposais pour dîner et les jours suivants pour déjeuners. Il déclara d'abord ne pas manger de viande, puis ne pas manger d'oeufs ni boire de lait. J'en conclus que les Russes étaient très avancés dans le mode de se nourrir façon "vegan". Je le laissais donc à ses salades et allaient vivre chez moi dans un autre village, là où je fais mon jardin. Quand je suis revenue au bout de quelques jours, le niveau des bouteilles d'apéritif avaient bien descendu. J'en conclus que les Russes sont franchement portés sur la bouteille.

Il avait hâte de se retrouver dans l'atelier et travailla d'arrache-pied à y remettre de l'ordre pour pouvoir se mettre au tour de potier et fabriquer ses poteries. Il en remplit des étagères et je lui suis vraiment reconnaissante de ce travail. Mon atelier reprenait vie, c'était un vrai bonheur. Mais non, je n'en conclus pas que les Russes sont tous des potiers !







Le croquemitaine 3.

Ce matin lundi 3 février 2020 à 5h23 du matin, de nouveau un grand coup sur le toit. Je vis dans un loft à même les poutres de la toiture. ...