vendredi 7 septembre 2012

42. UN POSTER EN LAINE


Toute la semaine du 20 août dernier, je l'ai passée à Aubusson. C'était ma seule escapade de vacances et de ce fait, le mercredi de grosse chaleur, j'ai préféré aller me ballader en ville plutôt que de suivre la visite organisée et conforme au stage que je suivais. Non-conformiste, anti-conformiste, je le suis et le reste. Mes excuses si je dérange un peu... Bref.

A déambuler de trottoir en trottoire, de rue en ruelle, devant et derrière, en bas et en haut de la ville, j'ai exploré Aubusson à ma guise, prenant les photos qui me plaisaient. Au bout de 3 jours de séjour, je commençais à avoir une folle envie de me faire la belle et de retourner, à pied s'il le fallait, dans le 21e siècle.



Je suis entrée par hasard dans une boutique qui se présentait comme un "espace tapisserie". Les tapisseries des 4 ou 5 siècles passés devenant à mes yeux toutes pareilles et passées, j'allais peut-être trouver là du nouveau. Une dame au fond retapait une antique tapisserie, représentant un sempiternel sujet de l'antiquité grec. Très beau, certes, avec quelque oiseau à grand cou, mais vieux, antique, dépassé. Je ne sais pas comment exprimer ce sentiment, cette sensation, de vieillerie que j'ai eu tout le temps de mon séjour là-bas. Je me tourne alors vers une petite tapisserie debout contre une chaise qui semblait plus fraîche et plus moderne, encore qu'il s'agissait de feuillage enchevêtré. Je regarde au dos et je m'aperçois alors, en connaisseuse à peine aguerrie, qu'il s'agit d'une tapisserie à l'aiguille, c'est-à-dire d'un truc fait sur un canevas. Je demande à la photographier. Un monsieur sympa qui se tenait derrière un bureau me dit qu'il n'y pas de problème. Il se lève même pour poser l'article sous un meilleur angle pour une photographie. Je vois que l'oeuvre est à vendre pour 400€. "Ah!" je pense en mon for intérieur, "elles ne sont donc pas toutes à 15 ou 20 mille la pièce, ou bien carrément à cent vingt mille".



Oui, parce que voilà, ces belles tapisseries semblent dépassées, non seulement par leur sujet désué et leur fabrication obligatoire à l'ancienne, mais par le fait qu'elles semblent s'adresser à une catégorie de gens qui ont disparus de la société française depuis longtemps. Si c'est cela le luxe à la française, d'accord, mais ce n'est pas pour moi. Or...

Or, j'avais eu d'emblée envie de parler à ce monsieur sympa du magasin "espace tapisserie". J'avais eu envie de lui parler de mon idée de tapisserie moderne, mais quelque cliente, peut-être fortunée, est alors entrée dans la boutique et je me suis éclipsée. Voici donc mon idée.

Une tapisserie monumentale recouvrant un mur de château, c'est ni plus ni moins un poster. C'est pour décorer un espace à l'intérieur d'une demeure par une image qu'on aime bien. Un espace. Une image qu'on aime bien.

La taille de l'espace à décorer a bien changé depuis les années 1600 ou 1700. Les images qu'on aime bien sont complètement différentes. Par contre, le côté nomade de la société s'est emplifié. Les seigneurs roulaient leurs tapisseries et les emportaient quand ils allaient crêcher ailleurs. Nos contemporains, les miens en tout cas et moi-même en l'occurence, roulent et emportent leurs posters préférés quand ils déménagent. Les habitants des bâtisses seigneuriales aimaient contempler tel dieu ou telle déesse de la mythologie grecque. Mes contemporains aiment contempler leurs idoles, un Elvis Presley avec sa guitare autour du cou, une Madona en petite culotte, une tour Eiffel au clair de lune, ou carrément le poster d'une photo de leur fils aîné à 4 ans. Alors je me disais que peut-être et sans doute on pouvait se faire faire de telles tapisseries, au format d'un mur actuel, d'un sujet personnel et actuel, tissé sur machine informatisée, le 'carton' de ladite tapisserie étant 'digitalisé'. Et le prix, oui le combien-ça-coute, serait tout à fait abordable par la plupart des mortels en vie actuellement.

- Impossible... en laine, c'est plus cher qu'en papier. Et si on tisse sur machine informatisée, il n'y aura plus besoin des lissiers.
- Non, c'est vrai, on n'a plus besoin des tailleurs de pierre non plus, ni des affûteurs de bifaces. Les temps changent, il est bon de mettre nos pendules à l'heure, je crois. A qui puis-je passer commande pour un poster en laine d'un dessin de ma petite-fille de 200x180 pour la somme de 400€...???
 

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ce que vous recherchez, vous pouvez peut-être le réaliser vous-même, pour ce prix : avec une photo, le logiciel Stitch Art Easy (gratuit), un canevas et de la laine, soit à l'aiguille, soit au point noué avec un crochet...

Frankie Perussault a dit…

Oui, merci, j'y avais pensé, ce programme sur http://stitcharteasy.com/ est génial. Mais, en fait, je pensais à développer une industrie du "poster en laine", abordable. Je crois qu'il y a une grande demande. Les Chinois s'en occupe. Pourquoi pas nous????

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