mardi 5 février 2019

90. UNE EXPLICATION DU PHÉNOMÈNE GILET JAUNE

N.B. This text is copyright 2019 by FRANKIE PERUSSAULT all rights reserved. THIS TEXT WAS WRITTEN BY ME sole writer of this blog. Be kind enough to give my name as your sources whenever you quote any part of it.

Une géniale explication du phénomène des Gilets Jaunes nous vient de Nouvelle-Zélande. Non pas que ce soit pour en apprendre aux Français, mais tout simplement parce que le phénomène est latent dans nombre de pays qui réagissent différemment des Français. En France nous sommes des passionnés de politique, et des passionnés tout court.

En Nouvelle-Zélande ils ont une Première Ministre qui vient de faire un discours au forum international à Davos en Suisse. Ci-dessous MA TRADUCTION comme suit :

Première partie :

La Nouvelle-Zélande veut transformer ses actions politiques pour se focaliser sur la gentillesse, l'empathie et le bien-être, car les déclarations de croissance économique toutes seules ne reflètent pas la réalité dans sa totalité. Déclaration de la Première Ministre, Jacinda ARDERN :

"En Nouvelle-Zélande nous sommes en gros à 3% de croissance et le chômage est à 3,9%. Au vu des analyses traditionnelles, on pourrait dire : ça marche bien chez vous. Pourtant nous avons une quantité ahurissante de sans abri (SDF) ainsi que le taux de suicide chez les jeunes le plus haut des pays de l'OCDE (Organisation for Economic Co-operation and Development). Notre santé mentale et notre bien-être ne sont pas ce qu'ils devraient être. 

Mon projet est donc, par un travail sur le bien-être, de fonder un cadre de standard de vie avec un budget approprié pour le bien-être. Ainsi, si vous êtes ministre et que vous voulez dépenser des deniers, il vous faudra prouver que votre action va améliorer le bien-être inter-générationnel. Nous comptons ainsi ancrer dans nos programmes ce que le public nous demande et aborder le bien-être sociétal de notre nation, et pas simplement la bonne santé de notre économie."

Deuxième partie :

Le fait que les salaires n'augmentent pas dans les pays développés est un problème majeur. Aux USA le salaire moyen, en termes réels, a le même pouvoir d'achat aujourd'hui qu'il y a 40 ans. La qualité de vie de la population ne s'améliore pas et certains pensent même que c'est ce qui alimente le populisme :

"Je crois que justement ce qui se trouve au coeur de nos politiques et de notre crise politique en ce moment, c'est cet écart entre la façon dont nous mesurons le succès et sa perception. Il faudrait élargir l'idée qu'on a du succès.

Si, par exemple, vous êtes quelqu'un au chômage à la maison et que vous entendez un politicien déclarer, juste après la crise financière mondiale, que "nous sommes maintenant en phase de redressement", comme l'ont fait de nombreux hommes politiques à des moments divers de la crise... et que vous, vous êtes au chômage, vous vous dites que ce n'est pas ce que vous ressentez, car votre situation ne s'améliore pas du tout. Cela signifie qu'il y a là une coupure radicale et un manque de confiance grandissant dans nos institutions et dans notre démocratie. 

D'après moi, on compte aujourd'hui un certain nombre de cas dans notre univers politique qui se conduisent comme de vrais agents mandatés pour engendrer la méfiance envers nos institutions qui s'occupent du public.

Y a-t-il une façon de régler ce problème ?

Une façon est de s'assurer que ce qui est vu et mesuré soit pris en compte et réglé. Il nous faut élargir ce que nous estimons être nos responsabilités. Nos populations nous font comprendre que les politiques que nous appliquons sont loin de leurs attentes. Ce raisonnement n'est ni vague ni confus, mais crucial. C'est de cette façon que nous apporterons du sens et des résultats au peuple qui vote pour nous.

Ce n'est pas idéologique non plus, une idée qui ne pourrait être appliquée que par un gouvernement de gauche. Je dis que c'est finalement la seule façon d'accorder la politique avec les voeux de la population, pour que la confiance envers les institutions revienne, où que ce soit dans le monde.

Nous ne récolterons pas les fruits de ce travail avant les 20 prochaines années. Qu'importe. Car si nous nous focalisons sur la gentillesse, l'empathie et le bien-être, ce n'est pas le cycle politique du renouvellement des gouvernements qui compte, mais ce qui va se passer dans les prochaines décennies." (FIN DE MA TRADUCTION)



Quant à moi, j'ai une vue sur le phénomène qui remonte à l'année 2000 quand je suis arrivée de nouveau en France après des années de vie en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans le Pacifique sud, tous des pays jeunes et dynamiques, entreprenant et débrouillards.

J'ai été frappée par l'inertie ambiante de tout un chacun se référant sans cesse à quelque administration vue comme toute puissante et "obligatoire". 

J'avais eu l'impression d'entrer dans un pays atteint de sclérose en plaques où l'on ne pouvait plus bouger. Seule la tête continuait de parler, d'émettre des lois restrictives pour le reste du corps. Cette impression d'alors m'est très personnelle, je l'avoue, mais elle me fait dire aujourd'hui que ce qui se passe en ce moment ne m'étonne pas du tout.

Aussi bien les tenants du marxisme que du libéralisme sont aujourd'hui côte à côte dans la rue à hurler leur ras le bol. Car ni les uns, ni les autres sont libres d'organiser à leur façon, comme ils l'entendent et comme ils veulent, leur vie et celle de leur famille. La liberté a déserté la France, je l'avais écrit déjà

Mais aujourd'hui si on ne comprend pas ça, le pays ne "redémarrera" pas.


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