mardi 29 mars 2016

59. Le marché des Hérolles








Le 29 de chaque mois... et si ça tombe un dimanche, c'est le lendemain lundi…


donc, le 29e jour de tous les mois de l'année se tient un marché aux Zérolles…
oui, enfin, aux Hérolles... se tient un marché, disais-je, tous les ans depuis les années 1400 et quelques. Les habitudes ont la vie dure par chez nous.

Ce matin j'y suis allée. Je craignais qu'il y ait un monde fou mais finalement, vers 9h, la foule était abordable! J'ai pris quelques photos, c'est une manie, et je les mets ici sur ce vieux blog pas bavard.

On y trouve de tout aux Zérolles, des casseroles, des trucs pour mettre dans les casserolles, des fringues, des saucissons, des plants de tomates, du nougat, des tondeuses à gazon, et de la viande.

C'est là que je voulais en venir. Comme je suis friande de bonne viande goûteuse et bien tendre (je suis une sans-dent), j'aime trouver des marchands de viande goûteuse et bien tendre. La ferme des Fromentaux y était installée dans un petit chalet sous le haut hangar qui servait naguère à la vente des moutons. On le voit de loin, le hangar. On ne peut pas le rater... et Suzanne avec ses petits plats et sa viande goûteuse et bien tendre, non plus!


Suzanne offrant à goûter ses petits plats

Viande goûteuse et bien tendre
Les chalets sous le hangar aux moutons


Un marchand de nougat
         

Huîtres de Marennes
                                         

          
Casseroles en tout genre
                                                                              

Pour stationner on trouve des parkings à 1,50€ et des préposées pour vous dire où se garer


     

mercredi 6 août 2014

58. MORSURES DE CHIEN

Déclaration d'accident par morsures de chien

Le jeudi 12 juin 14 vers 19h, alors que je rentrais chez moi en vélo, je me suis faite agresser et mordre par un chien-loup (berger allemand) devant le (...) à Argenton-sur-Creuse. Je circulais sur le côté droit de la route dans la direction du rond point vers l'autoroute et la route de St Benoît. Ce chien situé sur le côté gauche de la route m'a d'abord aboyé et je lui ai dit "bonjour" en passant. A 50 mètres plus loin environ, alors que j'étais en limite du terrain et de la haie de ce pavillon, le chien est arrivé dans l'axe de mon trajet, se jetant sur ma cheville gauche en pleine vitesse. J'ai continnué à pédaler tout en lui jetant un coup de pied dans la gueule. Il m'a alors mordu une 2e fois au-dessous du genou. J'ai hurlé les deux fois mais il n'y avait personne dans le secteur. Je me suis arrêtée une fois arrivée à la pancarte de l'Ecurie du Trait Blanc. J'ai alors téléphoné avec mon mobile mon cousin HN qui est arrivé aussitôt et m'a conduite tout de suite aux urgences du Centre Hospitalier de Chateauroux. Par la suite je suis passée trois autres fois aux urgences vu la gravité de la blessure.
Le vendredi matin je suis allée avec mon cousin à l'adresse de l'accident. Mme B nous a signalé que son chien Pluto avait déjà agressé un cycliste.
Juste après, je suis allée déposer plainte à la gendarmerie d'Argenton-sur-Creuse contre Mr et Mme B pour blessure involontaire.
Pour servir et valoir ce que de droit.
MFrançoise Pérussault

lundi 10 mars 2014

57. Produits fermiers

Du producteur au consommateur...

J'ai lu il y a quelque temps sur le site wikiagri.com qu'un magasin s'était ouvert à Chateauroux où les producteurs de légumes et de viande pouvaient vendre leurs produits directement. Cette initiative venait de la FDSEA36, la Fédération Départementale des Syndicats des Exploitants Agricoles de l'Indre.

Voici les trois photos que j'ai prises récemment du local qui se trouve au carrefour de l'avenue de La Chatre face au stade de la Berri. Le grand parking du stade est juste en face. Je crois que ça vaut le coup d'aller y faire un tour!






samedi 26 octobre 2013

56. UNE AFFAIRE à SUCCÈS

C'est par la publicité sur FaceBook que j'ai rencontré ce site.

Dans la marge de droite de mon journal, ou de mon 'mur' comme on disait avant, il y a une colonne pleine de publicités plus ou moins... chiantes! Je cherchais à m'en débarrasser ou plutôt à faire comprendre à FaceBook qu'elles ne me correspondaient pas du tout. J'ai fini par trouver qu'à chaque petite pub, il y a un x sur la droite mais seulement si on passe sa souris dans le coin! En cliquant sur le x on peut alors choisir de ne plus avoir cette pub et on vous demande pourquoi vous ne la voulez plus. Il faut alors cliquer sur "aucun intérêt" et la pub n'apparaîtra plus dans la liste sur votre journal FaceBook.

Tout ça déclencha un réajustement automatique des pubs qu'on m'envoyait... ce qui provoqua, qu'au lieu d'avoir des suggestions sur une réduction de poids ou comment attirer des petits amis, j'ai eu la publicité d'un site de lecteurs/auteurs TRÈS intéressant.

Merci la pub dans FaceBook, ne crachons pas dans la soupe!


En explorant ce site au titre anglais de WeLoveWords j'ai fini par tomber sur leur histoire. Une vraie affaire à succès, française, et même parisienne: quelques illuminés avec une grande idée qui se lancent dans une aventure commerciale pas du tout évidente et qui réussissent à prouver que leur idée était géniale et viable. Il faut lire leur histoire, c'est un modèle à suivre.

Du coup, je me suis inscrite pour lire ce que mes contemporains francophones écrivent et publient. Et petit à petit j'y vais pour laisser les traces de ce que j'écris moi-même.

J'ai ainsi quelques textes en ligne qu'on peut lire à:   welovewords.com/frankieduberry

A bientôt de vous y lire!

mardi 10 septembre 2013

55. Les dames de la côte


Nous voilà au mois de septembre de cette année 2013. J'ai quitté mon adresse en France en janvier,  j'ai passé 4 mois en Irlande, je suis revenue fin mai pour planter des tomates et semer des haricots devant ma porte, de quoi manger sain et bon au temps de la récolte. Le temps de la récolte est enfin venu, tardif cette année, mais j'ai maintenant plein de tomates, de haricots verts, de melons, de poires et de raisins. Ouf! Je vais engranger quelques vitamines pour l'hiver qui approche.

On est en 2013, l'hiver approche. Je ne sais pas pourquoi mais je pense beaucoup à mes grands-parents qui, voilà cent ans, vivaient cette automne de l'année 1913, tout jeunes et pleins d'espoir qu'ils étaient. Et puis la guerre leur est tombé dessus. Et mon grand-père, alors un fringant jeune homme, est parti armé faire la guerre aux frontières. J'avais commencé à transcrire ici ses mémoires de guerre sous le titre de "la moisson de 1914"... j'avais abandonné. Etant gamine, j'avais souvent entendu ses histoires mais maintenant que je suis grand-mère et en âge de mieux comprendre..., la lecture de son texte me déprimait aux larmes. Je voyais mon grand-père maintenant comme un jeune homme d'une vingtaine d'années parti vivre l'enfer de cette 'guerre de 14', comme on disait.

Aujourd'hui, me revoilà à y penser. J'ai revu le film "Fort Saganne" qui se passe à cette époque, juste avant 1914. Et puis j'ai cherché et trouvé sur YouTube une série télévisée qui m'avait beaucoup plue dans les années 80 sous le titre de "Les dames de la côte". Les 5 épisodes de cette série télévisée sont accessibles gratuitement sur YouTube (PS janvier 2014: cette série n'est plus accessible sur YouTube mais peut être acquise sur Amazon):

épisode 1. Feuilleforte
épisode 2. L'escalier des adieux
épisode 3. Les vivants
épisode 4. La grande tourmente
épisode 5. L'ivresse


Le ton est tellement juste, la décoration et les parures tellement réelles, l'histoire tellement proche. Je me dis que je suis de la dernière génération qui aura connu pour de vrai des gens de cette époque. Bientôt, tout ça ne sera plus que quelques lignes dans des livres d'Histoire... et ça recommencera.

                                                ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °

Ici, ceux de ma famille qui ont vécu les années 1910 dans leur jeunesse et dans leur chair:




Photo prise en 1920. De gauche à droite:

- Marie Momot épouse Georget, mon arrière-grand-mère.
- Germaine Georget épouse Pérussault, ma grand-mère. Elle a 24 ans sur cette photo.
- Robert Pérussault, le bambin au cou de sa mère est... mon père.
- Fernand Pérussault, mon grand-père.
- Robert Momot, le jeune garçon assis sur la chaise est un parent dont le père a été tué à la guerre.

mercredi 30 janvier 2013

54. QUAND LA PATRIE DEVIENT OGRE

L'histoire du petit poucet est hautement symbolique. Moultes psychologues y voient maintes allusions sur les relations familiales destructrices entre un père et ses enfants. Si on considère que la 'patrie' est le père, moi j'y vois symboliquement ce qui se passe en France en ce moment.

La vie au pays devenant très peu agréable, on s'en va. On quitte le havre de la nation pour aller trouver fortune ailleurs. Ce qui n'est pas dit dans le conte, c'est qu'il y a une autre façon de s'en aller, plus drastique, c'est de se suicider. Dans les médias quasiment chaque jour, des gens quittent la patrie en se suicidant. J'ai lu récemment les exploits d'un gendarme qui a sauvé trois jeunes du suicide, le jour de la St Sylvestre. Avoir envie de quitter définitivement la patrie un jour de fête en dit long sur l'état de la nation.

Dans le Petit Poucet, un des enfants (de la patrie) sème des cailloux derrière lui pour pouvoir retrouver son chemin de retour. Celui-ci a donc l'intention de rentrer à la maison. Il espère sans doute que le père-ogre aura cessé son envie de manger ses enfants. Ou bien qu'il sera mort et qu'il n'y aura plus de patrie. En tout cas celui qui sème des cailloux derrière lui a l'intention de revenir.

Les autres n'y ont pas pensé. Ou bien ils en ont tellement marre qu'ils ne comptent pas rentrer. Jamais. Le monde est grand, il y a d'autres patries où l'on peut aller tenter de vivre sans être en permanence harceler par un ogre.

En France maintenant le harcèlement est permanent, administratif, fiscal, règlementaire, encadrement, formulaires, cartes, obligatoire, interdit, fiscal, administratif, pour les statistiques. Il n'y a pas de jour où l'on ne reçoive quelque papier au ton d'ogre assoiffé, d'ogre affamé qui va dévorrer ses enfants. Beaucoup sont déjà partis. Les médias montent en épingle certains cas, le haut de l'iceberg.

Reviendont-ils jamais?

53. Quand la patrie devient marâtre

J'ai été élevée avec l'idée profonde qu'on sert et qu'on défend son pays qu'on appelle la 'patrie'. Idée et concept complètement démodés aujourd'hui.

J'ai passé beaucoup d'heures de ma vie à réfléchir pour essayer de comprendre les cataclysmes de l'Histoire quand une 'patrie' ne protège plus ses 'enfants' mais les chassent et les détruient. Deux exemples: la forte communauté des Protestants après la révocation de l'Edit de Nantes par Louis 14, en France, et la large communauté des Juifs dans les années 1930, en Allemagne. J'ai toujours essayé d'imaginer ce que devait ressentir une famille de bons Français, devant prendre la décision de quitter sa maison et son pays, parce que la 'patrie' menaçait de les détruire. Passé le moment d'incrédulité, la douleur de se sentir rejeté au prix d'y perdre la vie, il leur avait fallu à un moment donné faire leurs sacs et se mettre en route. C'était un malentendu, croyait-il profondément. On reviendrait. J'ai rencontré ainsi dans mes vadrouilles des descendants de ces Français protestants, jusqu'à ce jour fiers de dire qu'ils sont des anciens Français. La patrie ne les a jamais reconnus. Le malendendu n'a jamais été dissipé. Je trouve cela une tristesse et un gâchis lamentable.

Il m'arrive, depuis plusieurs années, une expérience étonnante que je pense être d'un certain danger pour ma patrie. Le problème majeure est de raconter ce qui ce passe. J'ai essayé autour de moi, avec le résultat d'haussements d'épaules garantis. Alors je me suis mise à écrire un soi-disant roman pour essayer de faire passer mon message. Pas plus de succès. Finalement, j'ai osé écrire un article tel quel sur ce qui se passe. Je l'ai signalé à la gendarmerie. Deux gendarmes sont venus chez moi, un homme et une femme, et ont déclaré que j'étais une malade mentale et qu'ils reviendraient dans deux jours pour m'emmener dans un hôpital psychiatrique. Le ton et la méthode dignes du KGB. En sommes-nous déjà à ce point de devenir une république soviétique?

Sans chercher plus à me faire entendre, j'ai fait mon sac et je me suis délocalisée.

mercredi 19 décembre 2012

52. SOUTIEN à GERARD DEPARDIEU


J'ai le plus grand mal à comprendre la haine que déchaîne la décision de Gérard Depardieu de se délocaliser. J'ai le plus grand mal à accepter que des ministres de la République insultent et dénigrent un tel citoyen méritant de ce pays.

Monsieur Depardieu est un agent actif du Produit Intérieur Brut de la France. Il génère de la richesse année après année, à la fois par son travail acharné dans l'industrie du film, et aussi par la façon intelligente dont il gère son succès. Il a fait rayonné le nom de la France sur toute la planète. Il a su investir ses gains mérités à la production d'autres biens consommables, à l'embauche de différents personnels, ainsi que dans le secteur immobilier français. Où est le mal?

Bien sûr, s'il avait gagné sa fortune à l'euro-million, on dirait de lui que c'est un petit veinard et on lui enverrait un conseiller psychologue pour le plaindre de ce coup dur de la vie. Et s'il n'avait pas su gérer son succès et qu'il se retrouverait aujourd'hui sur la paille, on le plaindrait avec plaisir!

Heureusement que sur BFMTV, à la page Divertissement, on parle du soutien qu'il est en train de recevoir d'illustres inconnus sur une page FaceBook.

J'approuve ce collectif de soutien à Gérard Depardieu.

Après quelques recherches j'ai aussi trouvé sur une chaîne suisse cet interview d'un journaliste sympa et bienveillant, objectif, qui n'insulte personne à aucun moment:





samedi 15 décembre 2012

51. La liberté a été délocalisée



Je reproduis ici l'article écrit en avril dernier par un "paysan heureux", éleveur de son métier, décrivant sa situation avec une grande acuité. Je n'ai rien à rajouter, c'est ce que je voulais dire.


"Et le paysan au milieu de tout cela? Un simple exécutant des basses besognes. 

Il n'aura plus son mot à dire. Que veut dire le mot autonomie dans un tel contexte? Que veut dire indépendance de décision? 

Je pensais que l'intégration économique arriverait la première. J'ai tout faux, il faut dire que nos résultats économiques sont si mauvais. C'est l'intégration technique qui arrive à grands pas !

- J'ai perdu le droit de labourer les parcelles de mon choix depuis la PAC de 1992. 
- Je dois passer par un organisme lié à l'ordre des experts comptables pour tenir et présenter mes comptes à l'administration fiscale. 
- Je dois chaque année rendre compte à mon vétérinaire de la façon de gérer tout le sanitaire de mon élevage, sachant que c'est lui qui prescrit et vend les produits... 
- Je dois m'en remettre à un architecte pour construire un hangar ou une stabulation, puis faire valider le projet par la commission départementale.  
- La limite entre curer un fossé et le creuser est si ténue que je ne sais jamais si je ne vais pas prendre un procès à chaque démarrage du tractopelle car, dans le deuxième cas, il faut une autorisation administrative ad hoc. 
- Aujourd'hui, j'ai choisi d'entrer volontairement dans une démarche de protection des haies.  Mais un projet de classement au patrimoine mondial de l'humanité pourrait rendre ce choix définitif et contraignant en terme de surveillance, de contrôle voir de plantation puisque certaines espèces seulement seront alors permises si le projet aboutit...  
- Je passe sur le risque de voir le plan prévisionnel de fumure de la ferme devoir être validé avant de pouvoir être appliqué... 

J'arrête là cette énumération, je pourrai en rajouter. A chaque fois, on évoque les excès de quelques uns pour imposer à tous.

Le paysan moderne a, au minimum, le Bac , voir plus dans bien des cas. Mais on semble l'ignorer. On lui retire toute possibilité d'être responsable de ses choix, de sa réactivité, de son bon sens et de son expérience... 

Je ne suis pas soudain atteint d'un grand découragement. J'essaye d'être réaliste et de comprendre les évolutions profondes de notre métier. 

Je suis atterré de lire dans tout ce que je viens de décrire la volonté de détruire systématiquement la liberté de gérer du paysan. 

C'est cette liberté qui nous fait accepter toutes les adversités que nous imposent dame nature. C'est elle qui nous fait lever la nuit dans la bise, elle qui nous pousse à investir en permanence pour mieux gérer. Elle qui nous conduit à tenter pour innover... 

En voulant le transformer en simple exécutant, on le renvoie au temps des servitudes. 
La chute des installations devrait inquiéter la société, faire réfléchir nos responsables, réorienter les mesures pour redonner la vraie place à l' Homme, le seul capable de réagir en temps réel dans la nature. 

Il n'en est rien. Dans l'indifférence générale, sous prétexte de "sécurité", mais plus sûrement parce que cela crée de nouveaux marchés, de nouveaux débouchés pour nos services, donne du pouvoir à quelques administratifs en les protégeant de leurs erreurs d'appréciation, on organise la fin des paysans... 

Il y aura bientôt plus de donneurs d'ordres que d'exécutants.

On aurait tort de limiter cette réflexion à notre seul secteur. Partout dans notre société, le pouvoir individuel de création, d'innovation et d' entreprise recule face à d'autres logiques, financières, de normalisation, de lobbies administratifs ou de nouveaux services payants! Ceux qui exercent les fonctions de production sont-ils si méprisables?

En évoquant ce sujet devant un responsable agricole, je me suis fait traiter de "révolutionnaire"! Peut-être vaudrait-il mieux que je me taise?"

                                                      °  °  °  °  °  °  °  °  °  °  °

J'ajoute un article publié dans Le Point en décembre 2013 intitulé 'et si la france n'était plus le pays des libertés':

http://www.lepoint.fr/economie/exclusif-et-si-la-france-n-etait-plus-le-pays-des-libertes-19-12-2013-1771863_28.php

jeudi 29 novembre 2012

50. TERRE LABOURABLE ET CULTIVABLE



Ce que j'aimais particulièrement quand je travaillais dans un kibboutz, c'est l'attitude de tout un chacun à s'acharner pour rendre des terres incultes, labourables et cultivables. On m'avait fait voir des photos du site à l'arrivée de la poignée de réfugiés hébreux qui étaient venus cultiver cette terre ingrate et caillouteuse: 15 ans après leur arrivée, quand j'y ai débarqué, ce lopin de terre était devenue fertile, produisant fruits, légumes et fleurs en abondance, de quoi nourrir la population de la ferme et de procurer la nourriture à ceux de la ville.

De nos jours, on fait comme si la nourriture tombait du ciel toute emballée. Or, malgré nos grands progrès depuis Cromagnon, tous les humains se nourrissent encore de ce que, et seulement de ce que peut produire la terre. J'y inclus l'herbe dont se nourrissent les animaux qu'on mange.

Pendant qu'il y en a qui s'acharnent à rendre de mauvaises terres, labourables et cultivables, nous, en France, on recouvre nos bonnes terres arables de ciment et de bitume. Sans vergogne. Sans états d'âme.

Terre labourable et cultivable en Berry
Si j'avais 20 aujourd'hui, bien sûr que je serais partie à Nantes pour empêcher la construction d'un aéroport sur de bonnes terres labourables et cultivables. Déjà il y a quelques décennies, j'avais jugé un gâchis monumental de construire un parc d'attraction, genre belle-au-bois-dormant, sur la bonne terre de Beauce. On dit que ça rapporte, oui, mais ça ne se mange pas. On court à la famine si l'on continue sur cette lancée. Ici, en France, pas dans le désert. Nous ne sommes pas à l'abri d'une famine...

Et pendant que j'y suis, de toute façon, il y a un beau et bel aéroport qui ne sert à rien, à Chateauroux, construit naguère pour être l'approvisionnement européen des troupes américaines après le débarquement de 1944. Il était stratégique, étant situé en plein milieu de la France, et en plaine, sa piste étant la plus solide et la plus longue d'Europe. Qu'en est-il de ce bel aéroport? Cet équipement ne sert pour l'heure qu'à l'envol des pigeons... à moins qu'on mange les pigeons, alors!

samedi 24 novembre 2012

49. Shma Israel!

Moi, Frankie, à Eilat en 1964


Les Hébreux avaient un dieu qui leur parlait et qui leur écrivait. Mais ils n'écoutaient pas. Alors il se mettait en colère et envoyait des ultimatums. Et puis ça finissait toujours mal, une punition ou une autre, pour les méchants enfants de Dieu.

...J'ai rien trouvé de mieux pour mon intro sur un sujet brûlant d'actualité, à savoir l'affrontement de la semaine dernière entre les Hébreux d'Israel et les Arabes de Gaza. Je ferais mieux de la fermer à ce sujet, car quoiqu'on dise, on ne se fait pas que des amis quand on discute de ça.

Quand j'avais 19 ans, en 1963, j'ai quitté mon Berry, ma province natale et ancestrale, pour aller voir ce qui se passait... en terre sainte, ou en Israel, comme vous voudrez. Beaucoup de jeunes non-juifs partaient alors comme moi dans un élan de solidarité avec ce peuple hébreu qui jouait son va-tout en reprenant possession d'une terre ancestrale qu'ils avaient délaissé depuis 2 millénaires. Pendant tout ce temps-là, ils s'étaient salués les uns les autres par un "L'année prochaine à Jérusalem!", mentionnant ainsi un projet sans cesse repoussé à l'année prochaine. Il a fallu un cataclysme comme la 'shoa' pour enfin les décider à 'rentrer' au pays. J'abrège une longue histoire, bien sûr.

Mais bon, pendant 2 millénaires, d'autres s'y étaient installés. Ils ne comprirent pas ce qui leur arrivait quand ces Hébreux leur sont tombés dessus et les ont enjoint de déguerpir. Certains ont fui, d'autres sont restés pour voir, et d'autres encore ont pris les armes. De toute façon, là venait d'être créé le monstrueux problème de savoir à qui appartenait ce bout de terre, dite sainte. Et c'est de ça qu'il s'agit, chaque jour, quand on nous parle d'affrontement des uns et des autres. Chaque camp joue les victimes de l'autre. Personne n'écoute, ne serait-ce que sa conscience.

Je ne suis pas juive et ma solidarité avec les Hébreux a ses limites. Je ne peux pas cautionner le bombardement de civils entassés dans un guétto, sous prétexte qu'ils ne devraient pas être là.

Je n'irai pas plus loin dans ma démonstation. Je viens de retrouver, par l'intermédiaire de FaceBook, ma vieille amie israelienne avec laquelle j'ai commencé à correspondre quand j'étais pensionnaire et ado, voilà plus d'un demi-siècle. Sa famille m'a accueillie comme l'une des leurs lorsque j'ai débarqué à Haifa avec mon sac-à-dos en août 1963. Ils restent tous très près de mon coeur et je voue à ce peuple hébreu une grande admiration.

Mais, confidence pour confidence, il faut aussi que j'avoue que mon premier petit-ami a été un gars du village arabe situé de l'autre côté de la route du kibbutz où je vivais et où on travaillait ensemble. Lui aussi est resté très près de mon coeur.

Alors, Israel écoute! Ecoute ton dieu et ta conscience. Il va falloir coûte que coûte vivre ensemble sur ce bout de terre, dite sainte. Ouvre les portes du guetto et laisse-les vivre avec toi, ensemble, en voisins et en cousins. Tu dis 'shalom' pour saluer ton voisin, ils disent 'salam', alors pourquoi ne pouvez-vous pas vous saluer en paix, bon dieu?!
     

mercredi 21 novembre 2012

48. IMAGES D'AUTOMNE


En mettant de l'ordre dans mes fichiers de photos, je me suis aperçue que je prends beaucoup plus souvent des photos au printemps qu'à toute autre saison. C'est pour rectifier ce manque que je suis partie à la chasse aux images d'automne, tellement si belles et éphémères. En voici quelques-unes prises récemment dans mon coin de Berry.

Sur un parking à Châteauroux

Vers St Civran

Motif de tapisserie

Vers Chazelet au pont de Bouchais

Le clocher de St Sauveur à Argenton-sur-Creuse

mardi 9 octobre 2012

47. La Creuse à sa source


J'ai grandi à Argenton-sur-Creuse et donc maintes fois traversé la rivière Creuse sur les deux ponts de la ville, l'ancien et le nouveau oh oh oh oh...

Je me suis souvent posé la question de savoir d'où elle prenait sa source mais sans jamais me déranger pour savoir. A l'âge de 68 ans, ça y est, j'ai enfin vu de mes yeux la Creuse à sa source.

C'était récemment, pendant le petit voyage que j'ai fait en voiture pour accompagner mon assistante du réseau HelpExchange à son hôte d'après. C'était sur la route qui va d'Aubusson à Ussel, une belle route qui monte doucement jusqu'à 800 et quelques mètres, avant d'arriver à La Courtine. J'ai aperçu dans l'herbe sur la droite des pancartes fléchées indiquant "source de la Creuse"... ah tiens! c'est là! Mais comme nous devions faire la route jusqu'à Bort-les-Orgues et au-delà, je ne me suis pas arrêtée.

Au retour toute seule, le lendemain dimanche 16 septembre, j'ai voulu prendre le temps d'aller voir. Donc en arrivant d'Ussel, dans le bourg de La Courtine, je demande à une dame chargée de pains si elle savait où la Creuse prenait sa source. La pauv' dame n'en savait rien, elle me conseilla d'aller demander à la boulangerie, ouverte bien sûr ce dimanche matin. Il y avait la queue, à la boulangerie, et pour ne pas avoir l'air de prendre la boulangerie pour l'office du tourisme, je me suis prise une cannette de coca. La jeune dame à la caisse n'en savait rien non plus mais elle appela une ancienne qui m'expliqua que c'était sur la route à gauche au col du Massoubre, direction Féniers. Elle m'écrit ça sur un bout de papier et j'en la remercie, m'en allant avec ma cannette de coca trouver la Creuse à sa source!

Un col? Je ne me souvenais pas avoir franchi un col. Dans mon imagination, un col, c'est un passage étroit dans des montagnes pointues. Et du coup, j'ai dépassé à vive allure ledit col, apercevant du coin de l'oeil la pancarte pour Féniers à gauche. Demi tour! Effectivement, à quelques encablures du carrefour direction Féniers, est indiqué, à l'entrée d'un chemin, que c'est bien là que la Creuse prend sa source. Youpi! j'y suis!

Je stationne mon carrosse comme ça sur la route et je pars en reconnaissance. Le chemin s'enfonce dans le sous-bois et je découvre à quelques mètres une clairière avec une solide table de picnic en bois... Juste ce qu'il me fallait. Je retourne donc à ma voiture pour la stationner correctement et prendre mon casse-croûte. Justement c'était midi.

Les photos ci-dessous racontent la suite.

L'entrée du sous-bois

Le chemin balisé vers la source

Mon picnic

La solide table de picnic

La forêt est mixte

La Creuse à Felletin n'est qu'un torrent


Un havre et un moment de paix totale. Je me suis prise à avoir envie d'habiter dans les bois, loin, très loin de ce monde de brutes, libre, sans connaître le pourcentage du 'produit intérieur brut', ni le nombre de 'demandeurs d'emploi' comme si c'était une race humaine à part, sans savoir si la planète bleue se réchauffe ou se refroidit. Alors j'ai commencé à me dire: si je pars par là, je vais peut-être m'enfoncer dans la forêt épaisse. Ah oui, mais il me faudrait des allumettes pour allumer du feu, et puis une pelle pour me creuser un terrier, et un couteau bien aiguisé pour chasser le lapin... oui, bon, d'accord, je retourne à ma voiture et je rentre chez moi!!!

dimanche 30 septembre 2012

46. CROISER LE VOL D'UN GOELAND


L'autre jour, en revenant de Châteauroux, j'ai mis la radio de ma voiture à fond. Céline Dion chantait son dernier tube en français et chaque mot de cette chanson me taillait le coeur!

"Je voudrais passer l'océan,
Croiser le vol d'un goéland,
Penser à tout ce que j'ai vu,
Ou bien aller vers l'inconnu".

J'ai repensé à cet épisode de ma vie où j'étais équipière sur des voiliers en long et en travers du Pacifique sud. Je viens de retrouver l'article que j'avais écrit à ce propos, d'une rencontre avec un albatross, sur mon blog Threefold Twenty, en anglais. Il n'est plus sur ce blog car je l'ai pratiquement effacé, mais je l'ai retrouvé dans mes archives. Le voilà donc:

73.An albatross (écrit le 13-09-2006)

Reading a book of sailors and pirates adventures in the 1600s, here’s what I found:

"One day out of the great wilderness of water there came an albatross.  Circling the ship on wide pinions, dipping and rising on currents of air, gliding and planing, sometimes so close to the crests of the waves that it seemed to become part of the spume, it kept station with the ship for days on end.  Neither of the boys had seen a bird of that size before.  At times it sailed close to where they crouched in their barrel-shaped perch, seeming to use the up draught from the Seraph’s mainsail to hold its position, never flapping its wings, only gently fingering the air with the black feathers at the tips.  Dorian particularly delighted in the creature whose wingspan was three or four times that of his arms." (from Wilbur Smith, “Monsoon”, p.132 Pan Books edition 2000)

I couldn’t describe my own encounter with an albatross better.  It was on that same trip sailing as crew on a yacht from Noumea to Auckland in October 1997.  We were getting near the tip of the North Island of New Zealand, still 3 days to go to get to harbour.  The weather was still good although with a promise for storm coming from the far south west.  We thought we might be able to make to port before the big storm as the low trough was situated somewhere near Tasmania, if I remember correctly.  

And then, this bird came up from nowhere and started circling the main mast in very slow motion.  Just like it says in the quoted passage.  Sure, our yacht didn’t have a perch on top of the mast.  I recall watching this bird in amazement from deck.  I knew that the wingspan of an albatross is huge but the body of the bird looked amazing too, the size of a very large duck, so it seemed.  It flew up above us and then around the boat close to the crests of the waves and up above again.  I didn’t tire looking at it in wonder.  It stayed with us for a while and then disappeared.  

The next day the storm was with us.  Fast and sharp winds from the south west were building up the sea to a wild element.  We were 3 days and 3 nights in it fending for survival of the sailboat, and us five on it.  As if that bird had come to warn us and wish us good luck…

I have learnt since then that these birds live and breed around Antarctica.  They tend to circle the South Pole in their migrations at the level of the 50th parallel south.  They can live as far as the top islands of Northern New Zealand which is 35° south.  Two years later on another yacht, on that same route but in fair weather, a pair of albatrosses stayed circling around our main mast for a few days.  You get used to the sight of their nonchalant flight “never flapping (their) wings, only gently fingering the air with the black feathers at the tips”.  In contrast when further down the coast of Northland we saw myriads of ‘normal’ birds, we thought they looked pretty excited flapping their wings like mad.  

mardi 18 septembre 2012

44. LE SAUT DE L'ANGE DE MARIEANGE


Je suis abonnée à un site qui s'appelle "installation campagne" où il est question de gens de la ville qui décident de changer de vie et d'aller s'installer à la campagne. Vaste programme, comme on dit. Cette association organise une réunion d'information le week-end prochain à Paris.

C'est pas de la tarte, prendre ses petites affaires pour aller s'installer dans un village rurale peut-être même pas répertorié sur les cartes! L'idée est folle. Alors soyons fous!!!

C'est ce qu'ont décidé Marie-Ange et son mari, un beau jour de ras le bol dans le métro. C'était dans les années 1960, voilà un bon demi-siècle maintenant et Marie-Ange est trop heureuse du résultat. Elle en parle avec un plaisir certain. Allez donc la voir à Aubusson au retour du marché un samedi. Elle y tient une maison-gîte et une chambre d'hôte, tout en travaillant sur son ordinateur à faire du web-secrétatiat.

Je les ai rencontrés un jour de mars alors que je cherchais un hébergement pour le stage de tapisserie que j'allais faire en août. Je les ai cotoyés en août pendant une semaine et c'est alors que Marie-Ange m'a raconté son histoire.

Ils sont arrivés tout jeunes tous les deux avec 2 marmots sous le bras, dans un village creusois où l'école allait fermer... circonstance atténuante, le fait d'avoir 2 enfants à mettre événtuellement à l'école. Notre jeune couple a été plus têtu que les gens du coin qui les ont d'abord regardés de travers. Quoi? des Parisiens? qu'est-ce qu'ils viennent faire chez nous? Ils venaient aider, travailler, et apprendre. Marie-Ange rigolent franchement quand elle se souvient qu'elle ne savait même pas comment poussait le persil. Maintenant ils sont de vieux Creusois, ayant élevé 5 enfants à la dur et accueillant leurs petits-enfants au bercail creusois avec bonheur.

Quelques photos de la chambre d'hôte de Marie-Ange à Aubusson, que j'ai eu grand plaisir à occuper au mois d'août dernier:

chez Marie-Ange à Aubusson


le drap brodé de la chambre d'hôte

la chambre d'hôte à Aubusson

chambre d'hôte et salle d'eau à Aubusson

chambre d'hôte avec 2 lits à Aubusson

vendredi 7 septembre 2012

42. UN POSTER EN LAINE


Toute la semaine du 20 août dernier, je l'ai passée à Aubusson. C'était ma seule escapade de vacances et de ce fait, le mercredi de grosse chaleur, j'ai préféré aller me ballader en ville plutôt que de suivre la visite organisée et conforme au stage que je suivais. Non-conformiste, anti-conformiste, je le suis et le reste. Mes excuses si je dérange un peu... Bref.

A déambuler de trottoir en trottoire, de rue en ruelle, devant et derrière, en bas et en haut de la ville, j'ai exploré Aubusson à ma guise, prenant les photos qui me plaisaient. Au bout de 3 jours de séjour, je commençais à avoir une folle envie de me faire la belle et de retourner, à pied s'il le fallait, dans le 21e siècle.



Je suis entrée par hasard dans une boutique qui se présentait comme un "espace tapisserie". Les tapisseries des 4 ou 5 siècles passés devenant à mes yeux toutes pareilles et passées, j'allais peut-être trouver là du nouveau. Une dame au fond retapait une antique tapisserie, représentant un sempiternel sujet de l'antiquité grec. Très beau, certes, avec quelque oiseau à grand cou, mais vieux, antique, dépassé. Je ne sais pas comment exprimer ce sentiment, cette sensation, de vieillerie que j'ai eu tout le temps de mon séjour là-bas. Je me tourne alors vers une petite tapisserie debout contre une chaise qui semblait plus fraîche et plus moderne, encore qu'il s'agissait de feuillage enchevêtré. Je regarde au dos et je m'aperçois alors, en connaisseuse à peine aguerrie, qu'il s'agit d'une tapisserie à l'aiguille, c'est-à-dire d'un truc fait sur un canevas. Je demande à la photographier. Un monsieur sympa qui se tenait derrière un bureau me dit qu'il n'y pas de problème. Il se lève même pour poser l'article sous un meilleur angle pour une photographie. Je vois que l'oeuvre est à vendre pour 400€. "Ah!" je pense en mon for intérieur, "elles ne sont donc pas toutes à 15 ou 20 mille la pièce, ou bien carrément à cent vingt mille".



Oui, parce que voilà, ces belles tapisseries semblent dépassées, non seulement par leur sujet désué et leur fabrication obligatoire à l'ancienne, mais par le fait qu'elles semblent s'adresser à une catégorie de gens qui ont disparus de la société française depuis longtemps. Si c'est cela le luxe à la française, d'accord, mais ce n'est pas pour moi. Or...

Or, j'avais eu d'emblée envie de parler à ce monsieur sympa du magasin "espace tapisserie". J'avais eu envie de lui parler de mon idée de tapisserie moderne, mais quelque cliente, peut-être fortunée, est alors entrée dans la boutique et je me suis éclipsée. Voici donc mon idée.

Une tapisserie monumentale recouvrant un mur de château, c'est ni plus ni moins un poster. C'est pour décorer un espace à l'intérieur d'une demeure par une image qu'on aime bien. Un espace. Une image qu'on aime bien.

La taille de l'espace à décorer a bien changé depuis les années 1600 ou 1700. Les images qu'on aime bien sont complètement différentes. Par contre, le côté nomade de la société s'est emplifié. Les seigneurs roulaient leurs tapisseries et les emportaient quand ils allaient crêcher ailleurs. Nos contemporains, les miens en tout cas et moi-même en l'occurence, roulent et emportent leurs posters préférés quand ils déménagent. Les habitants des bâtisses seigneuriales aimaient contempler tel dieu ou telle déesse de la mythologie grecque. Mes contemporains aiment contempler leurs idoles, un Elvis Presley avec sa guitare autour du cou, une Madona en petite culotte, une tour Eiffel au clair de lune, ou carrément le poster d'une photo de leur fils aîné à 4 ans. Alors je me disais que peut-être et sans doute on pouvait se faire faire de telles tapisseries, au format d'un mur actuel, d'un sujet personnel et actuel, tissé sur machine informatisée, le 'carton' de ladite tapisserie étant 'digitalisé'. Et le prix, oui le combien-ça-coute, serait tout à fait abordable par la plupart des mortels en vie actuellement.

- Impossible... en laine, c'est plus cher qu'en papier. Et si on tisse sur machine informatisée, il n'y aura plus besoin des lissiers.
- Non, c'est vrai, on n'a plus besoin des tailleurs de pierre non plus, ni des affûteurs de bifaces. Les temps changent, il est bon de mettre nos pendules à l'heure, je crois. A qui puis-je passer commande pour un poster en laine d'un dessin de ma petite-fille de 200x180 pour la somme de 400€...???
 

jeudi 6 septembre 2012

41. La tapisserie (2)


Je reviens d'une semaine de stage de 'tapisserie à l'aiguille' à Aubusson. La tapisserie à l'aiguille, c'est ce qu'on fait avec une aiguille et de la laine sur un canevas, comme faisait ma grand-mère, sauf que maintenant c'est moi la grand-mère et qu'on ne dit plus faire du canevas parce que ça fait plouc. On n'arrête pas le progrès!

A Aubusson on vit englué dans le passé ignorant volontairement tous les progrès techniques qui ont eu lieu depuis les années 1600. Il faut que tout soit fait à la main, jugeant avec dédain tout changement depuis l'invention de l'aiguille et du canevas. Mais bon, j'y suis allée parce que je voulais justement connaître ces techniques ancestrales pour pouvoir les pratiquer et les transmettre à mon tour à ma petite-fille. Le stage organisé par l'association 'Lainamac' était piloté par Madame Véronique de Luna qui a elle-même une école de tapisserie à l'aiguille à Paris.

de gauche à droite: Géraldine et Véronique


Ayant une formation d'ethnologue, j'ai une sainte horreur des questionnaires qui vont servir à évaluer une activité humaine statistiquement. Pour l'ingénirie et la maîtrise de la société, on quantifie tout et n'importe quoi et on est persuadé qu'avec des statistiques, on a tout compris. Cette façon de voir les choses n'est pas celle d'un/une ethnologue. Je vais donc essayer d'"évaluer" le stage que je viens de suivre, à la mode de chez nous!

1) Quand, en début d'années, j'ai voulu voir où et comment je pouvais apprendre à faire du canevas, j'ai tapé 'tapisserie' ou 'canevas' sur google et j'ai tout de suite trouvé les stages de Véronique de Luna dans le 13e arrondissement à Paris. En cherchant plus loin, j'ai vu que cette dame avait prévu d'enseigner en juillet et août à Aubusson, donc plus près de chez moi et dans le haut-lieu de la tapisserie sur métier à tisser. L'aubaine: faire un stage au canevas et revoir les tapisseries d'Aubusson que j'avais visité en... 1972, (quand on est grand-mère, on compte en décennies) voilà donc 4 décennies. Le coût, en y ajoutant l'hébergement, frisait les mille euros, mais j'étais prête à un grand sacrifice. Je me suis donc inscrite en ligne.

De fil en aiguille :-)) les choses se sont sans cesse compliquées. Au bout d'un moment je ne savais plus qui faisait quoi et à qui il fallait s'adresser. J'en étais à tout annuler quand quelqu'un m'a annoncé au téléphone que le prix avait diminué de moitié. Bon, on continue. Mais j'ai trouvé l'organisation de ce stage tout à fait farfelue.

2) Faire du canevas n'est pas sorcier, tout le monde vous le dira, mais je ne voulais pas me lancer sans avoir consulté une experte en la matière. Je suis très bien tombée en ayant Véronique de Luna comme guide. En cinq journées j'ai pu acquérir les bases et revenir chez moi avec un canevas entamé à finir au long de cet hiver, la laine qui va avec, les aiguilles et quelques bons conseils. Cet enseignement a été très satisfaisant, à la fois stricte et complet. Je vais pouvoir continuer toute seule maintenant.



3) Etant au niveau débutant, l'important pour moi était la technique: je voulais savoir comment on tient le canevas, comment on pique l'aiguille, quel point on emploie. Or, à cela, dans ce stage, s'est ajouté une thématique: on allait parler de botanique. Bon d'accord. Un thème pour quoi faire? Certes, le canevas sur lequel on allait travailler était une feuille stylisée. De mon côté j'avais apporté un dessin de papillon et je voulais savoir s'il pouvait être reproduit sur canevas, mais j'aurais tout aussi bien pu apporter la photo d'un dinosaure ou d'un clair de lune à St Civran! Peu m'importait le sujet du canevas, je voulais savoir comment on faisait et l'ajout d'une thématique m'est apparu comme un cheveu sur la soupe. L'activité annexe sur ce thème étant d'aller randonner dans la brousse par un apès-midi de canicule, j'ai décliné cette offre d'activité qui m'a paru inadaptée.

4) En dehors du travail sur canevas, une visite guidée du musée de la tapisserie a eu lieu le lundi soir et celle d'un chateau voisin le mardi soir. Dans les deux cas j'ai vraiment eu l'impression d'être priviligée car, pour nous stagiaires, les guides respectifs se sont surpassés. Catherine, dans le cas du musée, nous a fait vivre une exposition de tapisserie de l'année 1925 en racontant la petite et la grande histoire de chaque pièce, en y ajoutant aussi les anecdotes rocambolesques de leur acquisition ou de leur mise en place dans le musée, visite suivie d'un petit apéritif dinatoire pour VIP! Dans le cas du chateau, le proprétaire n'a pas économisé sa peine pour nous faire parcourir les siècles au gré des étages et des tapisseries diverses et variées accrochées au mur. J'ai beaucoup apprécié ces deux visites, le seul problème étant qu'elles avaient été programmé en plus des heures de cours. De ce fait, le lundi, le premier jour, étant partie de chez moi vers 6h30, je me suis trouvée à rentrer à la chambre d'hôte que j'avais louée vers 10h du soir, après une journée de canicule éprouvante et bien remplie. Le lendemain pareil. J'ai craqué le mercredi! et j'ai décliné toutes les autres offres de visite. C'était tout à fait excessif.

5) Le stage comptait 9 stagiaires et j'ai trouvé que c'était parfait car les différents niveaux des unes et des autres permettait de donner une idée de ce que peut être la tapisserie à l'aiguille dans son ensemble. Nous étions 4 débutantes et les autres 5 'brodeuses' avaient des niveaux et des objectifs différents. La formatrice ne m'a jamais donné l'impression qu'elle ne s'occupait pas de moi. De plus, le local était immense et chacune avait l'espace necessaire pour travailler librement tout en écoutant les conseils donnés aux autres ici et là.



6) A part son côté spacieux, ce local, l'ancienne Ecole Nationale Supérieure d'Art (ENSA) à Aubusson, m'est apparu complètement inadapté. Là, si je ne me retiens pas, je vais dire des méchancetés!... froid, impersonnel, sans personalité, ringard, pas isolé, laid, j'aurais cru qu'il s'agissait d'anciens abattoirs. Bon j'arrête!

7) Le stage prévoyait 3 déjeuners sur place. En fin de compte tous les déjeuners ont été pris sur place c'est-à-dire dans une de ces grandes salles dudit local décrit ci-dessus, sur des tables en formica, avec des assiettes en cartons et des verres en plastique. C'était mieux que rien, mais chaque repas étant compté 8€, j'aurais aimé trouvé plus de chaleur et de convivialité à la française, avec pichet de vin et bon fromage, de temps en temps, dans de vrais assiettes et de vrais verres. J'ai été très étonnée d'un tel arrangement. Pour mon compte je préfère déjeuner sur place. Mais j'aimerais franchement être libre l'après-midi, en vacances, libre de me promener ou de faire la sieste par temps de canicule, par exemple. Ce que j'aimerais vraiment, c'est travailler au canevas depuis tôt le matin quand il fait frais et finir par un bon repas convivial avec les autres à midi quelque part, puis être libre le reste du temps. Je n'aime pas être 'organisée' :-(

8) Le stage incluait 3 déjeuners, un buffet, un dîner, 3 visites et une initiation botanique. Oui, j'aurais préféré payer un stage 'brut' avec la possibilité d'une demi-pension prépayée (les déjeuners), quelque part en ville avec les autres... et les après-midi libres.

9) J'ai voulu effectuer ce stage pour apprendre comment on fait. Pas besoin de thématique pour moi. La seule suggestion, peut-être, serait de pouvoir visionner quelques films, documentaires ou autres, sur le sujet. Nous sommes les derniers des mohicans en la matière! C'est peut-être ça la vraie thématique!

10) L'hébergement que j'avais retenu depuis le mois de mars en chambre d'hôte a été parfait. Pour le reste je regrette un peu le manque général de ponctualité, à la fois des stagiaires et des organisateurs. On a beaucoup piétiné, attendu, ici et là, en pleine chaleur.  

samedi 18 août 2012

40. LE BALLON BLEU


C'était l'autre dimanche quand j'ai dit qu'on allait picniquer à Gargilesse. Avec mes deux petits lurons je m'installe tout au bout de l'île des campeurs à la Chaumerette, tout au bord de la rivière, la Creuse en aval du barrage d'Eguzon. Un lieu magique où l'on peut prendre des photos façon peintres impressionistes. Je me souvenais d'un jour de 2009 où j'y avais emmené des amis australiens de passage.

en picnic à Gargilesse, juillet 2012
le ballon bleu coincé sur l'autre berge tout là-bas

Au menu du picnic, salade de pommes-de-terre avec saucisses de strasbourg, chacun sa barquette, fromage qui colle pas aux doigts genre babibel, des allumettes au chocolat pour dessert. Quelques morceaux de patates ou de saucisses sont lancées au hasard en direction d'une famille de canards en croisière sur la rivière. Grand amusement des enfants et des canards.

Le repas fini on cherche une occupation bougeante. Je suggère de jouer au ballon avec une balle à moitié gonflée en spécifiant de rester loin de la berge et de ne pas taper trop fort. Une fois à l'eau, le ballon serait perdu. Ai-je bien insisté? En tout cas, ce qui devait arriver, arriva... le ballon bleu tomba à l'eau et s'enfuit rapidement vers le milieu de la rivière puis resta coincé un moment sur une île miniature un peu plus loin avant de prendre carrément le large.

Le petit Bertrand retient ses larmes vaillamment avant d'éclater en sanglots. Je le cajeole et le console comme je peux. Pour faire diversion on quitte le lieu pour aller jouer sur la berge de l'autre côté où il y a des balançoires et autres constructions pour enfants. On s'aperçoit alors que le ballon bleu a traversé la rivière et est allé se coincer dans des branchages couchés dans l'eau. Inaccessible. Visible mais perdu. Dur dur!

Au bout d'un moment je vois qu'une famille installée là tout près s'occupe de plongée et de natation de façon quasi professionnelle. Un papa est en train de faire faire de l'entraînement à son fils d'environ 14 ans, dûment vêtu d'une combinaison de plongée. J'ose aller leur demander si... oui, oui, on a vu le ballon et on est en train de se préparer pour aller le chercher!

Il y a des jours où les miracles arrivent. Ce dimanche-là il fut pour Bertrand qui retrouva son ballon bleu, rendu des mains d'un jeune garçon qui s'entraînait à nager et à plonger avec son papa dans la rivière. Mais le truc, c'est qu'à notre insu, il y avait aussi des chercheurs de trésor qui, ayant vu un objet bleu sur la berge opposée, s'étaient empressés de gonfler un canot et de pagayer dans la même direction. Heureusement notre jeune nageur sauveteur de ballon est arrivé au but le premier!

J'ai filmé toute la scène avec mon appareil-photo qui me sort des vidéos en format MP4 impossible à utiliser avec l'application 'film maker' de Windows qui se trouve sur mon ordinateur. Je ne sais pas encore comment je vais faire, mais un de ces jours, j'aurais trouvé et je mettrai cette vidéo ici.

jeudi 16 août 2012

39. Paf!!!


Paf!!!...C'est le bruit que ça a fait quand ça a éclaté... je parle de mon pneu avant gauche, côté conducteur, mon pneu sur ma roue avant gauche. Drôle d'effet.

C'était vendredi 27 juillet dans l'après-midi alors que je devais ramener ma petite-fille chez ses parents. Ma voiture roule au diesel c'est-à-dire que je peux faire 900 km avec un plein, mais même, de temps en temps il faut bien mettre du gazoil dans le réservoir. Au prix de l'or maintenant, j'étais partie en mettre pour 5€, juste de quoi faire le trajet prévu. En revenant de la station-service à St Benoît-du-Sault, alors que je ralentissais m'apprêtant à passer en troisième vitesse pour tourner à droite vers Roussines et St Civran, juste sous le poteau de fin de village, paf!!!, le bruit d'un ballon d'enfant qui éclate.

Je m'attendais un peu à un truc comme ça. Mes pneus étaient lisses. Mais bon, mes très maigres revenus faisaient que je remettais toujours à demain et après-demain pour les faire changer. Erreur classique et fatale. Enfin, pas fatale ce jour-là parce que je roulais doucement (à 50kmh peut-être), mais ce genre de truc arrivant à 130 sur une autoroute coûte la vie au conducteur. Je le savais. Je le sais.

A partir de là, je remets en première pour faire deux mètres de plus pour me garer un peu. Je ferme ma voiture. Et je pars en stop. J'avais bien mon téléphone mobile sur moi mais je n'avais pas de moyen de prévenir ma petite-fille car il n'y a pas de téléphone fixe dans la maison (pour l'instant). Mon premier réflexe a été de rentrer à la maison pour qu'elle ne s'inquiète pas de mon absence prolongée.

Je n'avais pas marché 50 mètres qu'une petite voiture s'arrête. Le conducteur âgé m'explique qu'il se rend à un enterrement à Roussines. Il me dépose un peu avant l'église où est massée une foule de gens. Une dame qui sort de la voiture... tiens donc! J'ai été suivie par une foule de yeux curieux pendant que je me hâtais le long de la route pour St Civran.

Tout en marchant vite, j'appelle mon fils avec mon mobile pour lui signaler l'énènement. Une autostoppeuse au petit trot en conversation le mobile à la main, je trouvais que ça faisait très 'fashion'!!!! Et une deuxième voiture s'arrête, cette fois, c'est une dame qui revient du Lot et remonte sur Vierzon. St Civran, c'est où? Le village suivant. Ah bon! Ici l'herbe est encore verte, elle est jaune dans le Lot. Ah!... le temps de 3 phrases sur la météo et j'étais arrivée chez moi. Merci, au revoir.

Là, j'appelle mon garagiste préférée, Jérémy Jaroussat, dont le grand-père était le garagiste préféré de mon grand-père, qui me dit: on arrive, rendez-vous à la voiture. J'attrape ma petite-fille pour aller demander à John, le copain anglais à l'autre bout du village, de nous conduire sur place. John n'est pas chez lui. Ah zut. Je rappelle mon garagiste préféré pour changer de plan. De justesse, son mécanicien est justement en train de partir. Il passe nous chercher avant d'aller à la voiture.

Sur place, le changement de la roue éclatée par la roue de secours se fait en deux temps trois mouvements. Puis je conduis ma voiture clopinante à 60 à l'heure jusqu'au garage d'Abloux. Puis Alexandra, la secrétaire, nous ramène à la maison. Quelle journée! Maintenant c'est mon fils qui finalement va venir chercher sa fille.

Je pensais ne pas avoir de voiture jusqu'au début de la semaine suivante. Après tout, c'était un vendredi après-midi, en été. C'était sans compter sur l'efficacité du jeune Jérémy Jaroussat!!! Vers 17h passé il me ramène ma voiture, avec deux nouveaux bons  pneus à l'avant. Je n'en reviens pas. Alors, voilà, je lui fais de la pub: chez Jaroussat, c'est pas bidon et c'est tout droit.



38. AMADEUS


Un drôle de nom, Amadeus. En fait j'ai appris, en écoutant Franck Ferrand sur le sujet, qu'il s'agit de la traduction latine de Gottlieb, deuxième prénom qui avait été donné au petit dernier des Mozart à sa naissance, latinisé ensuite pour faire plus chic. Je veux bien!

Gottlieb signifie 'aime-dieu' en allemand, rendu par Ama-deus en latin. Si on va un peu plus loin, on trouve Théo-phile en ancien grec et Ab-el en hébreu. Je ne vois pas de prénom français qui corresponde, sauf Théophile qu'on emploie mais qui est du grec pur. Quant à Abel, il se trouve dans les toutes premières pages de la bible. Au moment de la Réforme dans les années 1500 et 1600, les familles protestantes avaient tendance à donner des noms bibliques de l'ancien testament à leurs enfants.

Tous ceux qui portent de tels noms, de toute façon, avaient des parents pieux qui ont élevé leur Gottlieb-Théophile-Abel dans une foi active et réelle de l'existence de dieu et de sa pratique chrétienne. Il faut se souvenir de ça quand on lit leur biographie, nous, les mécréants du 21e siècle, faute de quoi on passe à côté de la réalité historique. Mozart et Abel Tasman, entre autres, étaient de profonds chrétiens protestants.

Voilà. C'est tout ce que je voulais dire.

C'EST QUAND MÊME BIZARRE

 Oui c'est bizarre. Il faut que je raconte ce qui m'arrive. Dimanche dernier le 24 janvier 2021 je me réveille avec une fièvre de ch...