jeudi 15 septembre 2016

73. La rage et la colère

Ci-dessous ma transcription d'une vidéo selfie enregistrée par une jeune dame qui venait de se faire flasher sur la route à 72 km/h :

Putain! je me suis fait flasher, à 72 sur une zone à 70, je vais voir mon petit neveu, j'ai limité mes ardeurs, j'aurais pu aller plus vite, je me suis fait flasher, j'avais 5 points, il va m'en rester 4... Ces enfoirés nous rackettent à bloc. 

Pendant ce temps là, eux, ils s'en foutent plein les poches, ils vont à panama ou ailleurs, et nous, comme des grands cons, on se fait flasher, ...  Alors voilà, ils prennent des milliers d'euros tous les mois, pour rien foutre, j'ai envie de dire. A un moment j'y croyais, je me disais : les mecs qui arrivent là, ils se sont défoncés quand même, ils se sont défoncés pour arriver là. Mais une fois qu'ils y sont, ils ne foutent plus rien, d'une voiture avec chauffeur à un gueuleton avec les copains, ils en branlent pas une, en fait, pas foutus de bouger leur cul pour aller voter les lois. Ils nous enflent en permanence et nous, comme des gros cons, on mange 5 fruits et légumes par jour, 5 fruits et légumes au pesticide par jour. 

Ils nous pondent des lois sur l'orthographe complètement absurdes, des réflexions sur le port du voile qui, pff, putain ... 

La démocratie ... mon père, que je respecte infiniment, me dit : non non je ne signe pas de pétition, la démocratie, elle est là pour porter nos voix, donc on vote et ensuite on a des élus qui sont là pour porter notre voix. Mais, mon cul, ils en ont rien à foutre de notre voix, ils en ont rien à foutre. 

Mais qu'ils soient de gauche ou de droite et tout ça, ils copinent depuis qu'ils sont petits, tous ces mecs là, ils en ont rien à foutre de rien, en fait. Donc, la "primaire-point-org", "nuit debout" qui fout les journalistes qu'ils payent pas à la porte, "un deux trois" ou "bleu blanc vert", voilà. La primaire, j'y ai bien pensé, je me suis dit : c'est bon j'y vais, quand je serai dictateur de la république, je vous jure je vais faire le ménage, fini les élevages intensifs,  dehors monsanto, je ferai péter ... 

Et puis je serai copain avec daesh, je crois, je leur dirai vous plantez pas de ... vous êtes complètement tarés, c'est votre problème, mais plutôt que de vous faire sauter en terrasse, allez vous faire sauter à l'élysée, allez vous faire sauter à matignon, allez vous faire sauter à l'assemblée nationale. Sur un plan historique, c'est dommage, c'est un beau bâtiment, mais franchement où est-ce qu'ils sont les regrets, quoi? 

Parce que toutefois si la primaire-point-org ça mène quelque part, s'il y a des gens qui sont soutenus quand bien même par des milliers d'autres citoyens qui disent : celui-là il a de vrais belles idées pour l'éducation, pour la justice, pour l'avenir de notre planète, pour l'énergie, il y en a vraiment qui sont soutenus, mais jamais de la vie, ils y arriveront, jamais, jamais.

Tous ces gros connards qui nous gouvernent, là, ils sont bien placés là où ils sont, de gauche, de droite, y'en a rien à foutre. Le premier qui va foutre une ombre au tableau et menacer leurs putains de privilèges et leurs milliers d'euros mensuels qu'ils se foutent dans les poches jusqu'à ce qu'ils en crèvent, et ils crèveront vieux en plus ces gros salauds, on les laissera pas arriver jusque là... j'ai laissé tomber. 

Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, je travaille, je travaille, je travaille pour faire avancer ma petite entreprise. Je paye mon r.s.i. tous les mois, un salaire un mois sur trois, j'ai pas le temps pour la primaire-point-org, de toute façon à quoi bon ? Même si j'ai un égo démesuré, de toute façon je me dis que j'ai aucune chance, ça me dégoûte. (silence) 

Si ils se bougent pas le cul pour aller voter les lois, ils nous enflent en permanence. Alors tu as des mecs qui roulent à 240 sur l'autoroute, du coup ... qui roule à 270 avec sa renault je sais plus quoi qui fonce à bloc pendant que l'hélicoptère repère la bécane, je te dis pas le prix que ça coûte. Le p.v., entre l'hélico et la safrane ... turbo 5 cylindres, et puis baby cool, nous on roule à 72 dans une zone à 70 ! Faut bien rentabiliser, faut bien rentabiliser, shit,  tu vas verbaliser le seul qui roule avec cette vitesse, c'est dingue. 

Et on file des milliards à l'e.d.f. Moi aussi, j'ai bien mon entreprise, ça tourne pas super en ce moment, vous pourriez aussi me  donner quelques millions? Parce que, c'est vrai, moi aussi je donne du travail à des gens des fois, je paye mes cotisations, la t.v.a. oh la la, on déconne pas avec la t.v.a. hein! parce que si tu es en retard, bin oui! Ils filent de la tune à e.d.f. comme sarkozy qui avait lancé les défibrilateurs partout parce qu'il a un pote qui fabrique des défibrillateurs! Bin, mais non, ils en ont rien à foutre, ils en ont rien à foutre de nous. 

Allez! je vais aller rencontrer mes petits neveux et puis aller attendre mon p.v.  (fin de citation)


Cette jeune dame au volant de sa voiture exprime la rage et la colère de tout un chacun dans ce pays. Les mots lui sortent du fin fond des entrailles. Elle ne cherche pas à plaire, ni à choquer d'ailleurs. Elle dit, de façon très directe, tout ce qu'elle a sur le coeur et qu'elle a sans doute retenu depuis un certain temps par patience et par... patriotisme. Elle n'est pas du genre à insulter les dirigeants de son pays. Elle a patienté. Mais là, elle n'en peut plus.

Dans le périmètre de l'hexagone, nous en sommes tous là. Chaque passant dans la rue est prêt à dénoncer les mêmes problèmes que cette dame énumère :

1. Le racket des dirigeants sur les automobilistes.

2. La corruption des dirigeants qui s'octroient des salaires et des sommes sans commune mesure avec la quantité de travail effectué.

3. Le cynisme des dirigeants qui se désintéressent du peuple dès qu'ils sont élus.

4. L'inadéquation des décisions prises par les dirigeants sur ce qu'il faut faire : l'orthographe, le port du voile.  

5. Le copinage, le clientélisme des dirigeants sans distinction d'idéologies.

6. L'impossibilité de s'introduire dans ce système bloqué pour le faire changer.

7. L'exploitation du peuple qui travaille sans pouvoir récolter le fruit de ses efforts.

8. Le gouffre existant entre ce que les dirigeants se permettent et ce qui est permis aux gens du peuple.

9. L'aide aux entreprises géantes étatiques contre l'exploitation des entrepreneurs privés ordinaires.


J'y ajouterai le type de discours des dirigeants qui se gargarisent de grandes phrases et de gros chiffres en milliards et en milliers de milliards, alors que le commun des mortels  compte sur les doigts des deux mains pour survivre. Personnellement il y a un mot en particulier qui me fait bondir, c'est l'expression "prendre des mesures". A part chez un tailleur ou une couturière, je ne vois pas ce que ce mot fait dans la bouche de nos dirigeants. Ce ne sont pas des "mesures" qu'il faut prendre, mais prendre à bras le corps l'étendue et l'énormité du décalage entre eux et nous, entre ceux censés diriger le pays, et nous les habitants de ce pays. 


dimanche 11 septembre 2016

72. LA CONFIANCE GALVANISEE

Sans confiance, pas de civilisation. C'est à ce point-là. 

En tant qu'ethnologue j'ai pu constaté que dans les milieux où les gens vivent en clans serrés, on trouve absolument aucune confiance dans ce qui n'est pas de la catégorie 'famille'. Ainsi, on construit sa case en famille. On abat un mouton en famille. On part à la pêche en famille. Pour qu'il y ait, dans un milieu social donné, des charpentiers, des bouchers et des pêcheurs, il faut que le reste de la population ait une entière confiance dans ceux qui ne sont pas du clan, de la famille. S'ensuit qu'il n'y a pas non plus d'inovation puisqu'on ne fait pas confiance à ceux qui ont des idées et des façons de faire différentes. Ainsi, on construit sa case toujours pareil le long des millénaires, on abat un mouton ou on pêche un poisson toujours de la même façon. Le progrès n'est pas possible dans une société où ne règne pas la confiance.

...tout en écrivant cela, je me mets à penser que le mot anglais pour 'confiance' est 'trust', et qu'un Trust, c'est effectivement un ensemble d'entreprises où l'on se fait confiance. Mais bon...

Bien sûr, la confiance est à double sens. A quelqu'un sur qui l'on ne peut pas compter, on n'accorde pas sa confiance. Mais vice-versa, quelqu'un sentant qu'il n'inspire pas confiance, ne va pas s'investir. Donner confiance et inspirer confiance s'apprend très jeune. Par exemple, un enfant de 12 ans à qui on confie une brouette pour rentrer du bois, sans être surveillé de près, va faire de son mieux pour mériter cette confiance. Et, une fois qu'il aura mérité cette confiance, il se sentira pousser des ailes pour un prochain travail car, et c'est là le noeud du problème, chaque humain a besoin de se sentir utile. Si je ne me sens pas utile, je ne vais pas donner le meilleur de moi-même et, à terme, je vais abandonner et déprimer. On en est là en France, à grande échelle.

En reliant ceci à la "hiérarchie horizontale", on arrive à une mécanique de transmission des ordres et de la connaissance très différente. Le boss, se trouvant au même niveau que son exécutant et lui faisant confiance, se trouve à même de galvaniser ses troupes, son équipe, son personnel. Les ordres ne viennent pas d'en haut par quelque action divine incompréhensible. La connaissance sur le terrain est très vite partagée avec le boss. Chacun donne le meilleur de lui-même, s'implique, se mouille et l'affaire avance à grands pas, chacun se sentant  utile et concerné. Seul le résultat compte. Les méthodes diverses et variées aboutissent toutes au même but... gagner.

Je voudrais raconter ici comment je suis arrivée à penser de cette façon. J'étais toujours en Nouvelle-Zélande quand la coupe de l'America fut remportée par ce petit pays de marins. Comment, grand dieu, david a-t-il pu vaincre goliath? C'est toujours la question qu'on se pose. Je suis donc aller faire un tour au Musée maritime à Auckland où il y avait une exposition sur le cas du bateau "Black Magic" et de son équipage néozélandais . J'ai vu et lu tout ce qu'il y avait à voir et à lire sur le sujet et la lumière s'est faite dans mon esprit quand j'ai compris comment l'équipage avait été géré. Le capitaine s'était mis sur le même plan que ses équipiers et les avait galvanisés, en insistant sur le fait que chacun d'eux était absolument indispensable, même et surtout celui, apparemment insignifiant, qui préparait le thé. CQFD


samedi 10 septembre 2016

71. Hiérarchie horizontale

Je suis arrivée en Australie à l'âge de 22 ans et j'ai appris la vie adulte dans ce pays-là. J'ai appris la vie dans un pays FEDERAL constitué de plusieurs Etats autonomes. J'ai appris la vie dans un pays LIBERAL anglophone. J'aimerais pouvoir dire ça sans qu'on m'insulte... dans ma patrie d'origine, la France. Parce que voilà, je n'arrive pas à m'habituer à la hiérarchie à la française, pyramidale, où les dictates viennent d'en haut et dégoulinent jusqu'en bas parmi les exécutants qu'on va surveiller de près, car ils sont bêtes et peut-être même méchants.

Là où j'ai appris la vie, un patron, un chef, un petit chef, fait confiance à son exécutant. Il ne va pas être sur son dos, ni le surveiller de près car il sait que c'est un humain qui a de l'imagination et sans doute des réponses qu'il n'a pas, lui le patron, pour régler les problèmes. Ainsi l'inovation et la vitesse à laquelle un problème se règle, sont démultipliées. Vous me suivez?

Je voudrais illustrer ce que je dis ci-dessus par un exemple vécu. En 1996 je vivais en Nouvelle-Zélande, un pays anglophone du Pacifique Sud où l'on pratique ce que j'appelle la "hiérarchie horizontale". Pour un certain temps je m'y suis retrouvée bergère chez un éleveur de 2000 moutons du côté de Hamilton dans le Waikato. C'était l'époque de la tonte. J'avais contribué à ramener les mérinos néo-zélandais des lointains paddocks vers la ferme où on les tondait. Toute une affaire. Le boss avec ses chiens et son quad poussait les bêtes par derrière, comme font les cow-boys avec les vaches. A un moment donné il avait fallu un temps fou pour faire passer un troupeau d'une cinquantaine de bêtes par la barrière où l'on voulait qu'ils passent. J'avais trouvé ça éreintant et pas franchement efficace.

Or dans ma longue vie, quand j'étais jeune, j'avais aussi vécu en Israël et j'avais pu observer que les bergers arabes sur le plateau de Nazareth faisaient marcher leurs moutons derrière eux, c'est-à-dire qu'au lieu de les pousser, ils les guidaient. Avec un grand bâton en travers des épaules et les bras accrochés de chaque côté, le berger paraît énorme vu par un mouton. En parlant à celui des bêtes qui est le leader dans la hiérarchie ovine, le berger se met à marcher tout simplement. Le mouton-leader suit et alors suivent tous les autres du troupeau.

Donc, quand mon boss m'a demandé un jour de ramener un lot de moutons tondus à leur paddock, j'ai osé proposer une autre manière de faire les choses. Je m'attendais à ce qu'il me renvoie ballader et me dise : "fais ce qu'on te dit et c'est tout"... alors qu'il eut l'air très content de mon initiative et m'assura que la méthode importait peu, c'était le résultat qui comptait. Je me suis mise en route devant mes moutons qui m'ont suivie tranquillement formant un V derrière moi marchant à grandes enjambées. Revenant au hangar pour prendre un autre lot de moutons tondus, j'ai été félicitée pour la rapidité de mon travail... Voilà.

LA HIERARCHIE HORIZONTALE suppose qu'on fasse CONFIANCE à ses EXECUTANTS. C'est bien ce qui manque dans notre pays. La manière de travailler un peu partout, aussi bien dans les bureaux que sur les chantiers, est en hiérarchie verticale où l'initiative des exécutants en bas de la pyramide est barrée, bannie, bafouée. C'est la méfiance qui règne. On surveille. On est sur le dos de tout un chacun à chaque instant comme s'il s'agissait de petits robots susceptibles de se détraquer. Je crois qu'on se trompe. Je me souviens avoir lu le discours d'adieu d'un grand patron américain, chez Ford je crois, qui disait que toute sa vie il avait toujours misé, investi dans l'homme, en faisant confiance aux hommes et aux femmes qu'il avait sous ses ordres. Ce n'est pas à la mode de dire ça. Ce serait bien si c'était à la mode de le faire.



mardi 6 septembre 2016

70. APPORT PERSONNEL

Cette image n'a rien à voir avec le texte. C'est just pour faire joli.


Dans le vocable marxiste, le mot "capital" est un gros mot.

Parlons donc plutôt d' "apport personnel". C'est mieux. C'est digestible. Mais c'est la même chose, tout de même. Pour démarrer une affaire, pour réaliser un rêve d'entreprise quelle qu'elle soit, il faut avoir, ou bien trouver des fonds pour démarrer. Il va falloir louer ou acheter un local, peut-être des machines, des matières premières. Même en démarrant ric-rac, au minimum de dépenses, il va falloir des fonds pour démarrer de toute façon. L'argent qu'on aura mis de côté ou les fonds qu'on aura levés constituent cet apport personnel, le premier capital de toute entreprise . Cet argent-là n'est pas de l'argent qu'on dépense dans le sens d'une consommation, mais une somme qu'on investit... parce qu'on croit en l'avenir, parce qu'on parie sur sa propre capacité à réussir, à gagner de l'argent... à gagner sa vie et à subvenir à sa famille.

Cette mentalité-là est vieille comme le monde. Celui de nos ancêtres Pierrafeu qui "investissait" dans du bon matériel, pierres tranchantes et bon silex, avaient plus de chance de bien manger et de survivre que les autres. Investir est une nécessité vitale.

Mais depuis que Marx a décrété que le Capital est le diable en personne, on biaise, on chancelle, on fait comment pour gagner sa vie? Tout doit appartenir et venir de l'Etat qui va benoîtement dévoluer ses fonds à des entreprises étatiquqes où tout un chacun sera fonctionnaire. Mais... ce que l'Etat "débloque" pour telle ou telle entreprise étatique, c'est du CAPITAL d'Etat. Un apport personnalisé en provenance de l'Etat-Providence. On sait ce que cela a donné dans les pays qui ont tenté cette expérience de gestion nationale. Pourquoi donc refuse-t-on d'admettre l'évidence? Ce système-là d'apport personnel, cette façon-là d'investir, ne marche pas.

Est-ce si difficile de voir les choses en face? de se regarder dans le miroir et de voir qu'on a vieilli? d'admettre que la théorie marxiste est vérolée dès le départ et que la gestion d'un pays à la mode de Marx est toujours un échec cuisant lamentable. L'appauvrissement de notre pays, la France, tient de cette erreur de jugement. Il est urgentissime de redresser la barre.


dimanche 4 septembre 2016

69. Un bûcheron (2)

(suite du texte de Rufin)... "Des applaudissements nourris, bien maigres pourtant après ces emportements, montèrent du cercle des assistants. Le géant embrassa le manche de la hache et l'envoya d'une main se planter sur le plat de la souche. Il prit la serviette qu'on lui tendait et s'en épongea le haut du corps.

Plusieurs officiers vinrent le féliciter et faire des commentaires. Un homme vêtu en civil et ressemblant vaguement à un presbytérien anglais avec son habit noir boutonné de haut en bas s'approcha et lui dit un mot à l'oreille.

Le géant hocha la tête puis, regardant dans la direction de Saint-Août, lui fit signe d'approcher.

- Venez, dit le colonel à l'adresse de ses deux compagnons. Je vais vous présenter au tsar."

La surprise est totale, aussi bien pour les personnages du roman que pour le lecteur! Ce bûcheron, bien baraqué et habile, est le tsar, le grand chef de l'empire russe, Pierre le Grand lui-même.

Certes, c'est un roman. Mais dans la réalité certains peuples ont besoin de savoir que leur chef est un costaud capable d'un exploit physique. Son autorité est à ce prix. Pierre le Grand, Mao Tsé Toung, Ho Chi Minh. Du côté occidental, il ne semble pas que ce soit aussi probant. On n'a jamais vu Louis XIV abattre un arbre à la cognée. Ni Washington ou Bush, encore que... 

De façon contemporaine, chez nous, on pourrait penser que Mitterand essayait de se dépasser physiquement en grimpant la petite montagne à la Roche de Solutré. Il semblerait pourtant que c'était vu plus comme une ascension spirituelle que physique par la population qui l'avait élu comme son chef. Aujourd'hui qu'en est-il? Le président français actuel n'est certes pas un bûcheron. Celui d'avant non plus.

En France, à défaut d'un exploit physique, on demande plutôt à nos chefs d'être de bons vivants, un peu poète aussi. Je me souviens du tollé général quand on apprit par la presse, toute aussi étonnée, que le président de la république précédent ne buvait pas d'alcool et ne mangeait pas de viande. On aime se reconnaître dans ses chefs. On aime savoir qu'ils sont comme nous, issus de la même pâte, mais plus grands et plus forts. Et irréprochables bien sûr. Mais irréprochable n'a pas le même sens dans tous les pays. Chez nous, on tolère les écarts d'un président qui apporte des croissants en douce à une petite amie. Les Américains en font tout un plat. Chez nous, on a aimé Henri IV, bon vivant, costaud, et on n'a pas aimé Louis XVI chétif et un brin coincé. On a aimé Vercingétorix et François Ier qui ont payé de leur personne physique et qui pourtant on perdu, à Alésia ou à Pavie. 


Alors, pour être chef des Français, que faut-il faire? 


vendredi 2 septembre 2016

68. UN BÛCHERON

Cité de Jean-Christophe Rufin, SAUVER ISPAHAN, Gallimard 1998, chapitre 17 


"Ils furent bientôt tout près et entrèrent dans la clairière d'où (le bruit) provenait. L'espace, en un grand cercle, avait été dégagé par la coupe des arbres qui y poussaient. Le sol était occupé par d'énormes souches entre lesquelles on voyait encore, abattues, raides, de longues grumes écorcées. A l'autre bout de la clairière, une couronne silencieuse d'officiers, bras croisés, observaient, immobiles, les efforts du géant qui s'employait de toutes ses forces sur un chêne. L'entaille qu'il lui avait faite à la hache était profonde sur le devant, formant un coin pour guider la chute de l'énorme fût. Le bûcheron attaquait maintenant l'autre face. La cognée vibrait dans l'air et s'abattait avec précision en rendant le bruit sec que les marcheurs avaient entendu de si loin. 

L'homme était couvert de sueur. Sa silhouette, près de l'arbre, paraissait fragile comme la condition humaine lorsqu'on la compare aux grandes forces. Mais en proportion des autres personnages il était imposant. Sur sa peau laiteuse flottaient des éclats d'écorce et des grains de beauté. Il avait aux épaules des muscles saillants que l'effort roulait. Une graisse un peu raide lui entourait le ventre et effaçait ses hanches. Sans cet obstacle, sa ceinture glissait et découvrait le haut de ses fesses. Après chaque coup, il crachait dans ses mains, remontait ses culottes et reprenait la hache.


Il fit signe de loin aux nouveaux arrivants de se garer avec les autres. Cinq efforts suffirent pour que le chêne, droit de fil, large à sa base comme trois boeufs, quittât lentement la verticale et, dans un déchirant adieu de branches tendues et de feuilles arrachées, s'abattît sur le sol de la clairière, avec un grondement de canonnade."


Pour le vocabulaire spécifique à l'industrie forestière, voir le site internet de 


Ce texte me parle au premier degré. Jusqu'à l'âge de 6 ans, j'ai grandi dans les pas de mon père qui était alors forestier, gérait plusieurs scieries et s'occupait de plusieurs forêts de ma province natale. Ces mots sonnent clair et rappellent les odeurs et les sons d'un coin de forêt qu'on exploite. Avant de commencer à couper le sous-bois et d'abattre les grands arbres, le forestier arpente la future coupe et marque ceux des arbres qu'il juge trop jeune pour être "récoltés".

Nous y voilà...  

Abattre un arbre, c'est le récolter. Depuis des millénaires maintenant les peuples européens "cultivent" leurs forêts. L'industrie forestière fait partie de l'agriculture. Les forêts de chez nous ne sont plus "vierges" depuis longtemps... Or, dans l'esprit des citadins qui, eux, entourent leurs arbres de gaines de fer sur les trottoirs pour les empêcher de s'évader (!), abattre un arbre, c'est le tuer et tout le monde y va de sa petite larme et de son indignation. Couper une salade aussi, c'est la tuer. Et moissonner les blés aussi. Est-ce parce que c'est moins haut et moins gros qu'on ne s'indigne pas ?

Cette façon de voir les choses est très romantique. Je me souviens d'avoir eu à apprendre à l'école une poésie très larmoyante sur la sève des pins qu'on récoltait. On "saignait" les troncs pour que la sève s'égoutte dans un petit pot en terre. C'est cette attitude larmoyante et romantique qui a été adoptée par de nombreux écologistes qui, moi, me met en émoi. Pour tout dire, je ne la supporte plus car elle est du même acabit que celle de religieux extrémistes tellement sûrs de leur bon droit.

Ce passage du texte de Ruffin est magnifique. Il nous rappelle que l'humanité depuis toujours a construit ses maisons, ses bateaux et même ses temples avec le bois des arbres. Le bois est une denrée renouvelable. Le tout est de savoir la "cultiver" intelligemment. Mais, grand dieu, cessons de nous faire croire que l'abattage des arbres est une affaire morale condamnable. Non, nom d'un chien. C'est une activité louable et admirable.

Vive les bûcherons ! 


jeudi 1 septembre 2016

67. A la sueur de ton front

Cet homme travaille. Il est berger, il s'occupe de moutons. Aux heures chaudes, il rêve et invente des histoires qu'il racontera ce soir à la veillée.


"Tu travailleras à la sueur de ton front"... aurait dit Dieu quand il comprit que les humains avaient pris la liberté de faire ce qu'il leur semblait bon, sans en référer à leur créateur. Je me dis toujours que c'est cet acte-là qui fonde notre humanité. Les autres animaux sont tout entier sous l'emprise de leur programme génétique, tandis que les deux énergumènes qui ont pris une traverse, eux, fondent le principe du libre-arbitre et donc de l'humanité. Mais bon, ce n'est pas de ça que je veux disserter. 

"Tu travailleras à la sueur de ton front" est une sentence de punition. Somme toute, Dieu considérait le travail comme une punition. Le loisir d'être nourri à l'oeil sans dépenser de sueur n'est garanti que si l'on obéit à l'instance supérieure qui gère tout, tout le temps. Sinon, il faut "suer", c'est-à-dire bosser, trimmer... bref "travailler".

Cette idée-là est encrée très profond dans notre inconscient, subconscient. Appelez ça comme vous voudrez. On ne s'en défait pas. Par exemple, quand quelqu'un gagne sa vie de façon à avoir l'air de ne pas être puni, on lui rétorque "ah mais tu ne travailles pas, toi". Je pense aux artistes, à ceux qui chantent, à ceux qui font des films. Ils n'ont pas l'air de "suer". Je pense aussi aux femmes qui s'occupent de l'intendance de leur maisonnée et qui élèvent leurs enfants à la maison. Elles n'ont pas l'air de suer, elles n'ont pas d'horaires fixes, elles ont l'air d'être libres. Pour qu'une occupation soit jugée comme du travail, il faut qu'elle fasse suer dans tous les sens du terme. Il faut qu'elle soit ressentie comme une punition.

Je suis assez vieille pour avoir vécu une époque où l'on a commencé à vivre et à parler de "satisfaction" au travail, dans le monde occidental des années 1960 et 70 en tout cas. On parlait de qualité, d'environnement propice, de liberté d'horaires. On se vantait d'aimer son travail. Les horaires devenaient moins contraignants. On était fier de faire des horaires en plus parce qu'on en avait envie. Cette idée que le travail était une punition commençait à s'estomper... Mais ça n'a duré qu'un temps. Car très vite est revenue la notion que l'on ne pouvait se nourrir qu'à la sueur de son front. Sans travail, les êtres humains de nos sociétés modernes tout comme ceux de l'âge de pierre, ou comme Adam et Eve, n'ont pas de quoi se nourrir. Dieu n'assure pas!

Un pays qui assure est donc celui qui offre un travail à tous ses citoyens, ce qu'on appelle le plein emploi. Et comme avec les technologies nouvelles on n'a moins besoin du labeur des humains, on en arrive à penser que la quantité totale d'heures de travail nécessaire pour une nation va pouvoir être mathématiquement divisée par le nombre de citoyens. Mais ça ne marche pas comme ça. Les gens ne sont pas des petits robots, certains sont ambitieux, d'autres sont rêveurs, certains sont agiles, d'autres sont lents. N'empêche que cette idée, que tout le monde doit avoir un travail qu'il ou elle doit faire à la sueur de son front, est revenue en force à grande allure.

Ce qui est drôle, c'est qu'à l'époque où la main-d'oeuvre manquait pour faire tourner une nation, seuls certains hommes avaient droit à un emploi. Et on appelait ça le plein emploi quand même. Maintenant qu'absolument tous les citoyens et toutes les citoyennes sont comptés, il n'y a plus besoin de main-d'oeuvre!

Je veux en revenir à l'idée que le travail n'a peut-être pas besoin d'être une punition. Dans un petit roman de science-fiction que j'écrivais en 2013, j'imaginais un système de solidarité un peu différent de celui qui a cours en ce moment :
    
cité de "Futur Proche 2045" chapitre 2 :

- Alors comme ça, tu travailles toujours à plein temps. Tu n'as donc pas pris ta retraite?
- La retraite n'existe plus, enfin, pas comme tu la connaissais quand il fallait travailler tant d'années et soudain s'arrêter net à un âge précis. C'est tout changé et c'est bien mieux. D'ailleurs le mot 'retraite' n'a jamais signifié qu'il fallait s'arrêter de travailler à un âge canonique. Tu te souviens quand on parlait des 'retraités' comme d'une espèce de sangsues âgées!
- Oui, sans y prêter attention d'ailleurs. Quand on était jeune, on s'en foutait de devenir vieux. C'était pour les autres, ça ne nous arriverait jamais! Maintenant on est vieux, mon vieux! Alors si je comprends bien, tu es grand-père?
- L'idée de la retraite a changé du tout au tout quand a été institué le système de 'faire retraite'. C'est toi qui décides, à tout moment, de te retirer du cercle des actifs. Tu ne vas plus travailler pour un salaire. Tu décides de faire autre chose de ta vie, comme de construire une maison, de jardiner à plein temps, d'étudier le chinois à la fac, de t'occuper de tes enfants. C'est toi qui vois.
- Et comment tu vis? avec quoi?
- C'est là le grand changement. Du moment que tu décides de 'faire retraite', tu perçois de la nation un salaire mensuel minimum de survie, de 750 euros en ce moment.
- Et tu survis avec ça?
- Oui parce que c'est ton choix. Tu as décidé de faire autre chose en connaissance de cause. Tu t'es organisé autrement. Moi j'ai fait retraite un peu après mon divorce. Je voulais faire le point. Mon cabinet d'architecte me blasait, je déprimais. (fin de citation)

L'idée maîtresse, c'est que chacun soit libre. Car, en fait, de nombreuses personnes ont souvent un travail qui les passionne en dehors du travail-punition. Ce travail est vécu et jugé comme une activité de loisir, et donc inutile puisqu'il ne fait pas "suer". J'en connais une, par exemple, qui court éplucher les registres de paroisses et de mairies dès qu'elle peut s'extraire de son travail qualifié d'alimentaire pour ensuite reconstruire l'Histoire de divers ancêtres qu'elle publie ensuite quand elle peut. Tant et tant d'artistes galèrent pour produire ce qui les hantent alors qu'ils passent des heures dans un travail qui les fait suer... "Ah! si tout le monde faisait ce qu'il voulait!"... j'entends d'ici les commentaires désabusés. Mais oui, justement, si tout le monde faisait ce qu'il avait envie de faire, et cependant mangerait à sa faim n'en déplaise à Dieu, la nation toute entière en profiterait largement. Tant de Français ont tant de talents, tant d'imagination, tant d'énergie gaspillés. C'est à en pleurer !   


mardi 19 juillet 2016

66. LA VAGUE MIGRATOIRE

Nous sommes en Europe aujourd'hui submergés par une vague migratoire sans précédent, oui enfin, en excluant l'arrivée des Huns, des Mongols, des Wisigoths, des Ostrogoths, et autres Goths. Et les Européens eux-mêmes ont naguère migré en masse vers le continent américain, nord et sud confondus. Dans l'Histoire de l'humanité ces tsunami humains ne sont pas tellement rares! Mais on oublie vite.

Les réactions devant ce phénomène de grande ampleur sont diverses et variées mais aboutissent toutes à la même idée, celle qu'on va pouvoir arrêter ce mouvement qui nous dépasse et nous fait peur. Que ce soit en douceur ou par la manière forte, non, on ne va pas l'arrêter. Tout comme on n'arrête pas un tsunami d'aucune manière, d'aucune façon. Derrière un tsunami, après avoir fait la comptabilité des dégâts, on trouve qu'il a apporté des tas de trucs, de nouvelles plantes, un nouveau rivage, une vie renouvelée. Ce n'est plus comme avant, non, ça ne sera jamais plus comme avant. La vie varie mais continue.

Déprimante, mon histoire?! Faut lire la suite...

J'ai moi-même été "migrante". Bien sûr, à une époque où quitter son pays pour aller vivre dans un autre Etat était un acte chic, raisonné, individuel, et où les pays d'accueil avaient tout loisir de vous accepter ou non. Un couple se consultait, allait au consulat prendre les documents, les rapportait bien remplis avec photos des membres de la famille qui comptaient "migrer". Au bout d'un an ou deux, vous receviez la réponse et le mode d'emploi.

Etant marriée à un Australien, j'avais quand même dû faire acte d'une demande d'immigration en Australie. C'était en 1966. Un souvenir resté gravé dans ma mémoire m'est particulièrement douloureux: il avait fallu que je passe une visite médicale et prouver que j'étais un individu sain de corps et d'esprit pour être jugée admissible à devenir une citoyenne australienne d'adoption. Dingue quand j'y repense! Moi, issue d'une bonne famille de la bourgoisie rurale, avec baccalauréat, déjà bilingue, ayant mon permis de conduire, (et sachant monter à cheval... oui bon, ça c'est en option) je me voyais devoir prouver que j'étais assez bonne pour aller peupler leur foutu continent, si lointain qu'à l'époque on n'en revenait pas. C'est ça, l'immigration raisonnée.

Mais la migration des peuples, ce n'est pas raisonnable, ça ne l'a jamais été. Ce sont des gens qui, pris individuellement, vous diront qu'ils ont une telle espérance dans l'avenir que vous en resterez cloué sur place. Le noeud du problème est là. Ceux des gens qui ne migrent pas, qui sont établis, enracinés, stables, statiques, s'accrochent à leur Histoire à un temps T donné et renaclent à avancer vers un avenir uncertain, parce qu'ils croient qu'un bon "tiens" vaut mieux que "deux tu l'auras".  Les migrants, eux, ont une telle foi en l'avenir, leur avenir, qu'ils sont prêts à risquer leur vie pour aller vers cet avenir. Démunis de tout, ils ouvrent de grands yeux devant ce nouveau monde vers lequel ils ont marché. Ils y croient, ils savent qu'ils vont réussir. Ils ont tout à gagner.

Ce nouveau monde vers lequel ils ont vraiment marché... Toutes les histoires de migrants, de réfugiés, d'exilés, parlent de marches, de voyage à pied sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Ils ont la foi. Ils sont sûrs qu'au bout du chemin, là devant eux, est leur brillant avenir. Ils votent avec leurs pieds.

Dans les villages d'où partent les migrants, ceux qui restent sont jugés comme des poltrons, des poules mouillées. Alors le phénomène s'emplifie très vite. Ton oncle est parti, le frère de ta copine est parti, même le vieux chef du village est parti. Rester signifie que tu n'as pas d'espoir dans ton avenir.

Donc, cette énorme vague migratoire se met en branle et arrive sur nos côtes, dans nos contrées, dans nos villes. Et nous en avons peur. C'est là qu'entrent en jeu les accusations de communautarisme, les incantations d'assimilation et d'intégration.

Acte 2, l'intégration. Si tu as survécu à toutes les embûches, tu arrives un jour sur une place dans une ville où on t'a dit que des gens de ta tribu t'attendent et qu'ils t'aideront... à t'intégrer. S'intégrer dans la logique des migrants qui arrivent, c'est se procurer des "papiers", d'une façon ou d'une autre, légalement ou pas. L'idée de "papier" pour définir son existence, c'est nouveau pour ceux qui arrivent. C'est le sésame de leur 'intégration". On leur fichera la paix s'ils ont des "papiers". C'est tout ce qu'ils veulent, qu'on leur fiche la paix. Oui, c'est vrai, les migrants d'Afrique ne cherchent pas franchement à assimiler la façon de vivre des Français autochtones. Ils trouvent triste notre mode de vie. Ils trouvent qu'on n'a pas le sens de la famille, du clan, de la tribu. Ils trouvent qu'on ne rit pas beaucoup et qu'on ne danse pas souvent. Ils trouvent que tout est tellement "organisé".

Je pourrais continuer comme ça très longtemps. Les dix années que j'ai partagées avec des immigrés en région Rhône-Alpes dans les années 70-80 m'ont vraiment appris beaucoup et m'ont ouvert les yeux. J'aurais pu être utile, à l'époque, dans les efforts de l'Administration pour comprendre ce qui se passait. J'étais en fac, en licence d'ethnologie. Mais ce que j'avais à dire n'intéressait personne. Il y a pourtant de nombreuses études faites par des gens dignes de foi, intelligents, compétents. La licence d'ethnologie, les profs d'ethnologie, pour quoi faire alors? ça se passe comme si on ne voulait pas savoir, on préfère s'inventer des histoires et des modèles et croire à des chimères d'assimilation sur le modèle australien ou canadien des années 60. Bonne chance alors!



lundi 4 juillet 2016

65. L'élan

This photo is here by kind permission of Czech photographer Petr Bonek


L'élan, c'est le moteur de nos vies. C'est cette force qui nous propulse dans nos rêves les plus fous. Même les rêves les plus simples ont besoin d'élan pour se réaliser. Il faut se projeter, aller vers cet inconnu avec lequel ou laquelle on va fonder une famille. Il faut s'élancer vers ce poste qui est offert, là, sur ce chantier, dans cette usine, dans ce bureau. Sortir de sa tranchée, de son retranchement, demande beaucoup d'élan pour aller affronter un adversaire armé capable de vous pulvériser. On parle de motivation maintenant. Moi je préfère parler d'élan car dans ce mot on trouve la dynamique nécessaire à la vie.

"Prends de l'élan!"... j'ai souvent entendu ou bien dit ça à quelqu'un qui faisait du patin à roulettes (comprenez "des rollers"!) ou qui apprenait à faire du vélo. Et quand on n'arrive pas au bout du but, c'est qu'on n'a pas pris assez d'élan. C'est que ça.

Le chef suprême de notre pays est un Président de la République. Il est choisi. Il n'est pas nommé. Il n'est pas là non plus par simple succession héréditaire, auquel cas il n'aurait pas besoin de prendre de l'élan. On n'aime pas ça, ici et maintenant, en France. On aime choisir nos chefs suprêmes. Et alors, ceux et celles qui se présentent à la nation pour être choisis ont besoin d'énormément d'élan pour arriver jusqu'au bout de la course à l'Elysées. On les dénigre, on dit qu'ils ont de l'ambition et un égo démesuré. Mais on a vraiment besoin d'un chef suprême, alors on joue le jeu, on les encourage. On en encourage un en particulier pour lui donner de l'élan. Il gagnera s'il a lui-même assez d'élan pour tenir cette course de fond. Il gagnera s'il impulse assez d'élan à la nation pour créer une vague de fond dans le peuple qui le choisit.

Il gagnera s'il impulse assez d'élan à la nation pour créer une vague de fond dans le peuple qui le choisit. (refrain)

Je ne rigole pas! On nous bassine de chiffres, de sondages, de pourcentages et de milliards qu'on enlève ici et qu'on met là. Mais ces discours de macro économie et de politique de chiffonnier ne sont pas à même d'impulser un élan, ni pour ledit candidat, ni pour les ci-devant citoyens qui vont l'élire.

J'ai décidé de m'impliquer dans cette saison présidentielle qui s'annonce chaude et orageuse. Dans les rues, quand je "tracte" (non, ce n'est pas en tracteur que je distribue des tracts), je rencontre des gens. Tout un tas de gens différents. On cause quelquefois.

- Oh la la! La présidentielle, c'est loin ça, on a bien le temps d'y penser.
- Ah non! je ne veux pas entendre parler de ça, ils sont tous pareils.
- C'est pour qui, votre tract? Fillon? ah oui, c'est un bon gars.
- Ils sont tous pourris, tous pareils, vous pouvez garder votre tract.
- Non, moi je vote PS, je veux pas de votre truc.
- Fillon? il était pas Premier Ministre? je le vois pas Chef d'Etat mais donnez-moi votre tract quand même...


La curiosité souvent l'emporte chez ceux qui n'avaient pas imaginé que François Fillon pouvait se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Son programme? C'est moins ça que l'idée qu'on se fait du bonhomme. Tous pourris? Peut-être pas finalement. Il y en a qui sont sincères et foncièrement honnêtes. Devant le spectacle de cette France qui se noie, il y en a un qui a l'idée chevillée au corps qu'il est encore temps de lui apprendre à nager.


samedi 2 juillet 2016

64. JEANNE, JACQUES, AGNES et les autres

J'aime connaître et comprendre les évènements et les gens qui nous ont précédés, j'aime lire l'Histoire. J'ai contribué à plusieurs forums d'Histoire: en français Passion Histoire, en anglais Historum. Mais finalement, d'après le dicton, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Comme il m'est venu une interprétation très personnelle de certains évènements, je vais l'exposer ici par peur qu'on ne me jette la pierre si je le fais dans un forum public.



Il s'agit de JEANNE d'Arc, de JACQUES Coeur et d'AGNES Sorel. Excusez du peu! Ayant passablement lu, en long, en large et en travers, sur cette période de l'Histoire de France, je me suis trouvée à penser à l'éventualité suivante:




Jacques aurait connu Jeanne alors qu'ils étaient gamins. Ils ont à peu près le même âge. Jeanne vit dans un village de Lorraine. Jacques est le fils aîné d'un pelletier à Bourges en Berry. Le royaume est occupé par les Anglais. Le nord de la Lorraine est en contact avec les territoires anglais. Le sud du Berry est en contact avec les territoires anglais. Un pelletier, on oublie de le dire, fait le commerce ou même le traffic de peaux d'animaux sauvages en tout genre. Dans les livres que j'ai lus, j'ai trouvé qu'on décrit le travail du pelletier comme quelque chose de statique. Il achète des peaux plus ou moins brutes. Il vend des peaux raffinées à la noblesse du coin, à la Cour du duc de Berry, etc. On a l'impression que le père Pierre Coeur et son fils Jacques sont bêtement assis dans leur échoppe et attendent qu'on leur apporte de la marchandise. Or, étant la fille d'un fabricant de chaussons et ayant vécu de près les transactions entre fournisseurs, fabricants et clients, j'ai imaginé que le père et le fils devaient passablement se déplacer pour trouver des peaux, leur fourniture première. Je les imagine chevauchant par monts et par vaux, à travers landes et forêts, et achetant des peaux diverses et variées à des paysans, des bûcherons ou des chasseurs. JACQUES a dû maintes fois accompagner son père dans sa quête de fournitures. Voyager à cheval dans le Berry et la Lorraine a pu être son initiation au voyage dès un très jeune âge.

En revenant d'Allemagne, en 2008 je crois, j'ai fait un détour pour passer par Domrémy. De là j'ai conduis ma voiture jusqu'à Bourges en imaginant que Jacques Coeur avait dû faire ce chemin avec son père maintes fois. Le pays est plat, forestier et giboyeux. Quand on arrive par le nord-est à plusieurs dizaines de "lieux" de Bourges, on aperçoit de très loin la cathédrale perchée sur sa butte comme le phare qu'elle devait être, surveillant les alentours de possibles attaques anglaises.

Je me suis dite que dans les chaumières, on devait causer des "godons". On devait s'indigner, entre gens du peuple, de l'incurie du royaume rétréci, à la merci d'incursions dévastatrices. On devait se dire qu'il fallait faire quelque chose.

J'en suis venue à penser que JACQUES Coeur avait dû rencontrer JEANNE d'Arc dans la chaumière des d'Arc, alors que les anciens discutaient politique. J'en suis venue à imaginer l'atmosphère de conspiration des indignés lorsqu'ils apprirent que la reine mère comptait remettre le royaume à l'Anglais. Il fallait faire quelque chose s'il était encore temps.

Après tout, Jeanne d'Arc a passé l'hiver avant la bataille d'Orléans, à Bourges exactement, s'entraînant militairement et s'ennuyant, d'après elle, à mourrir. Elle a bien dû discuter avec le fils du pelletier, un gars de son âge, que, comme je l'imagine, elle connaissait déjà. 

Leurs vies le prouvent. Ils voulaient sauver le royaume de France. C'est ce qu'ils ont fait, chacun à leur manière.

Jeudi dernier, alors que je racontais tout ça à un ami anglais, la coincidence avec AGNES Sorel m'est tombée dessus! Agnès était de la suite de la duchesse de Lorraine. Elle avait été "remise" au roi Charles 7 pour l'égayer dans son lit, par cette même duchesse de Lorraine. Tiens, tiens... JEANNE ayant été brûlée, il fallait trouver quelqu'un d'autre pour piquer le roi. L'intervention de Jeanne avait permis de reconquérir la Normandie et d'entrer dans Rouen libéré en grande pompe royale aux fleurs de lys. Mais le roi retombait dans sa léthargie. AGNES fut priée de l'aiguillonner. C'est ainsi, qu'avec le financement de JACQUES, le royaume finit quand même par bouter les Anglais à la bataille finale de Castillon-la-bataille. Agnès est morte en 1450, la bataille finale de Castillon est en 1453.

JEANNE, JACQUES et AGNES ont payé de leur vie l'amour qu'ils avaient de leur patrie.


63. Allégeance d'adoption

Depuis que j'ai passé le cap des soixante-dizièmes rugissantes (oui, j'aime bien employer cette expression!) je m'aperçois qu'on ne croit plus ce que je dis. Je ne suis plus crédible... Tant pis pour les jeunes incrédules. Je vais quand même continuer à émettre.

Je disais donc, dans l'article précédent, que l'allégeance à une nation implique fidélité et obéissance et que cette "obligation" de fidélité et d'obéissance relève d'un acte d'amour à sa nation qui représente le père et la mère identitaires. L'amour entre la patrie et ses "enfants" est implicite et à deux sens. On aime sa patrie et la patrie nous aime.

Ce serait formidable si c'était le cas. Oui mais voilà. Pour peu que l'enfant de la patrie ne se comporte pas conformément aux attentes de celle-ci, il est rejeté. Pas seulement puni, mais rejeté loin du coeur, loin des yeux, quelquefois avec toute sa famille. Les renégats, les exilés, les embastillés. Même s'ils sont des enfants de la patrie par filiation.

La situation s'avère bien pire quand il s'agit d'enfants de la patrie par adoption. Comprendre: les enfants d'immigrés. Un enfant adopté qu'on n'aime pas va passer sa vie à souffrir, au mieux à essayer de réussir mieux que tout le monde pour prouver qu'il est digne de sa patrie d'adoption, au pire à s'en démarquer ostensiblement par rancoeur et vengeance.

Suivez mon regard. Ceux qui partent pour s'enroller dans des groupes armés ennemis sont pratiquement tous des enfants de la patrie par adoption. Le pays ne les a jamais aimés. Ils s'en vengent. Ils s'en vengent avec une telle violence qu'on s'en souviendra encore dans plusieurs générations.

Je ne cherche pas à excuser. Je cherche à comprendre.   

mercredi 8 juin 2016

62. ALLÉGEANCE

D'après le dico, le mot "allégeance" signifie "obligation de fidélité et d'obéissance". Il avait jadis une autre signification, celle d' "allègement" dans le sens de l'expression 'tu m'enlèves un poids', c'est-à-dire d'un amour en tant qu'il rend tout plus léger autour de lui. Ainsi, l'allégeance est une obligeance qui rend léger.

Une allégeance implique donc une appartenance. Une appartenance à quelque chose de cher. Le lien d'amour est implicite.

Où je veux en venir?... La mère patrie demande fidélité et obéissance. Mais sans amour, il n'y a pas d'allégeance possible. En clair, on ne peut être fidèle et obéissant à sa patrie que si on l'aime. Et là, il faudrait cerner la signification du mot "patrie" qui fait référence au "père" et ça se complique quand on emploie l'expression "mère-patrie". Il s'agit donc d'une famille dont on est l'enfant. Bin oui bien sûr: Allons enfants de la patrie-i-e...

On peut être un enfant de la patrie par filiation, ou par adoption. L'appartenance à la patrie par adoption, c'est là que je veux en venir.

Ayant épousé un Australien et vivant en Australie (dans les années 1960 et 1970) j'ai vécu l'expérience d'avoir à choisir mon allégeance à une nation. A l'époque il n'y avait pas d'accord bilatéral entre la France et l'Australie qui autorisait quelqu'un à la bi-nationalité. Il fallait avoir son allégeance soit à la France, soit à l'Australie. J'étais donc en face d'un choix cornélien. J'étais enfant de la France par filiation de longue lignée et je voulais être enfant de l'Australie par adoption.

D'une part, ma mère-patrie d'origine me reniait si j'en choisissais une autre et d'autre part, l'Australie consentait à m'adopter parmi ses enfants si je faisais solennellement allégeance à ses lois et à sa culture, mais aussi à son chef suprême qui se trouve être jusqu'à ce jour, la reine d'Angleterre. Reniée par la France et avoir à jurer allégeance à la reine d'Angleterre, je n'ai pas pu. Ma nationalité et la possession d'un passeport y affairant ne pouvait être pour moi en aucun cas une affaire de papier et de timbre fiscal à y apposer. Ce n'était pas une marchandise, c'était un acte d'amour impliquant l'adoption d'une nouvelle famille dans laquelle j'allais vivre.



Trop romantique, mon histoire???  Non, elle est humaine, mon histoire. Nous ne sommes pas des petits robots, authentifiés et estampillés. Nous ne sommes pas des ordinateurs plus ou moins satisfaisants qu'on bazarde quand ils ne fonctionnent pas comme on voudrait. Il faudrait vraiment penser à ça quand on parle de naturalisation, d'asile, de déchéance, et d'enfants de la patrie.

samedi 28 mai 2016

61. Clivage


                                                       Cet après-midi je suis allée faire un tour à la foire internationale de Châteauroux qui mettait la Chine à l'honneur. J'en reviens tristement déçue. Je n'aime pas dire ça, je préfère dire que c'était génial. Mais ici, sur mon blog qui n'intéresse que moi et quelques ami(e)s assidu(e)s, je ne vais pas être trop diplomatique.

Dans un hall d'exposants en tout genre je me suis faite abordée par un monsieur sympa qui m'a demandé, à brûle-pourpoint, si j'achetais le journal local La Nouvelle République.

- Oh non, jamais.
- Pourquoi? me demanda-t-il.
- Euh, répondis-je, je lis les nouvelles qui m'intéressent sur internet.

Un peu plus loin je suis passée devant un fabricant de vérandas. Mais là personne ne m'a apostrophée. Quand j'ai besoin d'une véranda, je n'attends pas la foire. Je m'informe sur internet et je contacte le fabricant le mieux adapté à mes besoins.

En rentrant chez moi à pied à travers le parc, j'ai eu le loisir de réfléchir en profondeur sur cet échange éclair au sujet de l'achat du journal local.

On dirait bien que le clivage de la société française n'est plus entre les tenants du libéralisme et ceux de l'étatisme, n'est plus entre les capitalistes et les marxistes du tout, mais... entre les tenants du statu quo et ceux du dynamisme. "In statu quo ante" on aime que les choses restent ce qu'elles sont, en l'état qu'elles étaient avant. Le dynamisme, c'est au contraire l'utilisation des forces relatives au mouvement. Les deux visions du monde s'opposent tout à fait comme les marées descendantes et les marées montantes. Au bord de la mer quelquefois on peut observer le moment où la marée descendante est arrêtée par la marée montante. C'est le chaos dans les eaux et on se demande qui va gagner! Mais on sait très bien que la marée montante va prendre le dessus.

Mais quand même. Il est un long moment où le désordre semble s'installer, où on ne sait plus qui fait quoi et comment ça va finir. J'ai la nette impression qu'on est exactement à ce moment-là du marnage dans notre société.

Ce sympathique monsieur qui me demandait si j'achetais le journal m'est apparu comme s'il m'avait demandé, en 1915 par exemple, si je me servais de bougies pour lire mon journal. Internet a plus de quinze ans. Les façons de s'informer ont terriblement changées. De plus en plus ce n'est pas l'utilisateur qui paye un service mais un tiers, un publicitaire, un "sponsor", qui trouve son intérêt à faire vivre ledit service. Je disais ça, il y a quelque temps, à un musicien qui se désolait de ne plus pouvoir vivre de son art. Le public ne vient plus, ne paye plus pour venir l'entendre. Bin non. Il faut trouver un tiers, un publicitaire, un sponsor, qui paiera les frais parce qu'il y trouve son compte. Quand on y réfléchit bien, dans les siècles passés, c'était un prince, un mécène qui "invitait" le public. Ce n'était pas l'utilisateur qui achetait son billet. Les marées montent et descendent sans arrêt.

Pour en revenir au clivage, au nouveau clivage qui se fait jour, il paraît que le mot vient d'un mot néerlandais, "klieven" qui veut dire fendre. Le terme est utilisé par les diamantaires. C'est l'action de fendre un diamant pour le dégrossir.

Pour le dégrossir... Si la société se fend ainsi, c'est qu'elle est en train de se dégrossir. Eh bien voilà!  

dimanche 22 mai 2016

60. LA CITADELLE FRANCE






Une citadelle, d'après divers dictionnaires, c'est un lieu qui dispose de puissants moyens de défense. Pour protéger quelque chose, une ville, par exemple, avec des gens qui y sont enfermés.

Voilà, c'est ça, c'est l'idée qu'on peut se faire de la France aujourd'hui: 

Une citadelle où des millions de gens sont enfermés dans des schémas de vie qu'ils veulent immuables. Une citadelle n'est pas dynamique, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle refuse l'idée de changement, de progrès, d'ouverture, de libre choix. On y vit entre soi suivant des certitudes rigides qu'on ne veut pas remettre en question. Ce lieu, la citadelle France, dispose de puissants moyens pour empêcher tout changement, toute nouvelle liberté, toute espèce de volonté dynamique qui pourrait naître en son milieu. Elle se défend de l'intérieur, des idées folles qui pourraient y naître, et de l'extérieur contre toute entrée de nouveau système de "vivre ensemble" comme on dit maintenant.

Il veut s'attaquer à cette citadelle, c'est François Fillon qui le dit. Il ajoute qu'il a besoin d'aide pour prendre cette forteresse. Tu m'étonnes!

Moi, je lui prête ma plume. Si, vous qui lisez, vous avez envie aussi de vous attaquer à la citadelle, faites-vous connaître... Il a besoin de votre élan et de votre force. 


mardi 29 mars 2016

59. Le marché des Hérolles








Le 29 de chaque mois... et si ça tombe un dimanche, c'est le lendemain lundi…


donc, le 29e jour de tous les mois de l'année se tient un marché aux Zérolles…
oui, enfin, aux Hérolles... se tient un marché, disais-je, tous les ans depuis les années 1400 et quelques. Les habitudes ont la vie dure par chez nous.

Ce matin j'y suis allée. Je craignais qu'il y ait un monde fou mais finalement, vers 9h, la foule était abordable! J'ai pris quelques photos, c'est une manie, et je les mets ici sur ce vieux blog pas bavard.

On y trouve de tout aux Zérolles, des casseroles, des trucs pour mettre dans les casserolles, des fringues, des saucissons, des plants de tomates, du nougat, des tondeuses à gazon, et de la viande.

C'est là que je voulais en venir. Comme je suis friande de bonne viande goûteuse et bien tendre (je suis une sans-dent), j'aime trouver des marchands de viande goûteuse et bien tendre. La ferme des Fromentaux y était installée dans un petit chalet sous le haut hangar qui servait naguère à la vente des moutons. On le voit de loin, le hangar. On ne peut pas le rater... et Suzanne avec ses petits plats et sa viande goûteuse et bien tendre, non plus!


Suzanne offrant à goûter ses petits plats

Viande goûteuse et bien tendre
Les chalets sous le hangar aux moutons


Un marchand de nougat
         

Huîtres de Marennes
                                         

          
Casseroles en tout genre
                                                                              

Pour stationner on trouve des parkings à 1,50€ et des préposées pour vous dire où se garer


     

mercredi 6 août 2014

58. MORSURES DE CHIEN

Déclaration d'accident par morsures de chien

Le jeudi 12 juin 14 vers 19h, alors que je rentrais chez moi en vélo, je me suis faite agresser et mordre par un chien-loup (berger allemand) devant le (...) à Argenton-sur-Creuse. Je circulais sur le côté droit de la route dans la direction du rond point vers l'autoroute et la route de St Benoît. Ce chien situé sur le côté gauche de la route m'a d'abord aboyé et je lui ai dit "bonjour" en passant. A 50 mètres plus loin environ, alors que j'étais en limite du terrain et de la haie de ce pavillon, le chien est arrivé dans l'axe de mon trajet, se jetant sur ma cheville gauche en pleine vitesse. J'ai continnué à pédaler tout en lui jetant un coup de pied dans la gueule. Il m'a alors mordu une 2e fois au-dessous du genou. J'ai hurlé les deux fois mais il n'y avait personne dans le secteur. Je me suis arrêtée une fois arrivée à la pancarte de l'Ecurie du Trait Blanc. J'ai alors téléphoné avec mon mobile mon cousin HN qui est arrivé aussitôt et m'a conduite tout de suite aux urgences du Centre Hospitalier de Chateauroux. Par la suite je suis passée trois autres fois aux urgences vu la gravité de la blessure.
Le vendredi matin je suis allée avec mon cousin à l'adresse de l'accident. Mme B nous a signalé que son chien Pluto avait déjà agressé un cycliste.
Juste après, je suis allée déposer plainte à la gendarmerie d'Argenton-sur-Creuse contre Mr et Mme B pour blessure involontaire.
Pour servir et valoir ce que de droit.
MFrançoise Pérussault

lundi 10 mars 2014

57. Produits fermiers

Du producteur au consommateur...

J'ai lu il y a quelque temps sur le site wikiagri.com qu'un magasin s'était ouvert à Chateauroux où les producteurs de légumes et de viande pouvaient vendre leurs produits directement. Cette initiative venait de la FDSEA36, la Fédération Départementale des Syndicats des Exploitants Agricoles de l'Indre.

Voici les trois photos que j'ai prises récemment du local qui se trouve au carrefour de l'avenue de La Chatre face au stade de la Berri. Le grand parking du stade est juste en face. Je crois que ça vaut le coup d'aller y faire un tour!






samedi 26 octobre 2013

56. UNE AFFAIRE à SUCCÈS

C'est par la publicité sur FaceBook que j'ai rencontré ce site.

Dans la marge de droite de mon journal, ou de mon 'mur' comme on disait avant, il y a une colonne pleine de publicités plus ou moins... chiantes! Je cherchais à m'en débarrasser ou plutôt à faire comprendre à FaceBook qu'elles ne me correspondaient pas du tout. J'ai fini par trouver qu'à chaque petite pub, il y a un x sur la droite mais seulement si on passe sa souris dans le coin! En cliquant sur le x on peut alors choisir de ne plus avoir cette pub et on vous demande pourquoi vous ne la voulez plus. Il faut alors cliquer sur "aucun intérêt" et la pub n'apparaîtra plus dans la liste sur votre journal FaceBook.

Tout ça déclencha un réajustement automatique des pubs qu'on m'envoyait... ce qui provoqua, qu'au lieu d'avoir des suggestions sur une réduction de poids ou comment attirer des petits amis, j'ai eu la publicité d'un site de lecteurs/auteurs TRÈS intéressant.

Merci la pub dans FaceBook, ne crachons pas dans la soupe!


En explorant ce site au titre anglais de WeLoveWords j'ai fini par tomber sur leur histoire. Une vraie affaire à succès, française, et même parisienne: quelques illuminés avec une grande idée qui se lancent dans une aventure commerciale pas du tout évidente et qui réussissent à prouver que leur idée était géniale et viable. Il faut lire leur histoire, c'est un modèle à suivre.

Du coup, je me suis inscrite pour lire ce que mes contemporains francophones écrivent et publient. Et petit à petit j'y vais pour laisser les traces de ce que j'écris moi-même.

J'ai ainsi quelques textes en ligne qu'on peut lire à:   welovewords.com/frankieduberry

A bientôt de vous y lire!

mardi 10 septembre 2013

55. Les dames de la côte


Nous voilà au mois de septembre de cette année 2013. J'ai quitté mon adresse en France en janvier,  j'ai passé 4 mois en Irlande, je suis revenue fin mai pour planter des tomates et semer des haricots devant ma porte, de quoi manger sain et bon au temps de la récolte. Le temps de la récolte est enfin venu, tardif cette année, mais j'ai maintenant plein de tomates, de haricots verts, de melons, de poires et de raisins. Ouf! Je vais engranger quelques vitamines pour l'hiver qui approche.

On est en 2013, l'hiver approche. Je ne sais pas pourquoi mais je pense beaucoup à mes grands-parents qui, voilà cent ans, vivaient cette automne de l'année 1913, tout jeunes et pleins d'espoir qu'ils étaient. Et puis la guerre leur est tombé dessus. Et mon grand-père, alors un fringant jeune homme, est parti armé faire la guerre aux frontières. J'avais commencé à transcrire ici ses mémoires de guerre sous le titre de "la moisson de 1914"... j'avais abandonné. Etant gamine, j'avais souvent entendu ses histoires mais maintenant que je suis grand-mère et en âge de mieux comprendre..., la lecture de son texte me déprimait aux larmes. Je voyais mon grand-père maintenant comme un jeune homme d'une vingtaine d'années parti vivre l'enfer de cette 'guerre de 14', comme on disait.

Aujourd'hui, me revoilà à y penser. J'ai revu le film "Fort Saganne" qui se passe à cette époque, juste avant 1914. Et puis j'ai cherché et trouvé sur YouTube une série télévisée qui m'avait beaucoup plue dans les années 80 sous le titre de "Les dames de la côte". Les 5 épisodes de cette série télévisée sont accessibles gratuitement sur YouTube (PS janvier 2014: cette série n'est plus accessible sur YouTube mais peut être acquise sur Amazon):

épisode 1. Feuilleforte
épisode 2. L'escalier des adieux
épisode 3. Les vivants
épisode 4. La grande tourmente
épisode 5. L'ivresse


Le ton est tellement juste, la décoration et les parures tellement réelles, l'histoire tellement proche. Je me dis que je suis de la dernière génération qui aura connu pour de vrai des gens de cette époque. Bientôt, tout ça ne sera plus que quelques lignes dans des livres d'Histoire... et ça recommencera.

                                                ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °

Ici, ceux de ma famille qui ont vécu les années 1910 dans leur jeunesse et dans leur chair:




Photo prise en 1920. De gauche à droite:

- Marie Momot épouse Georget, mon arrière-grand-mère.
- Germaine Georget épouse Pérussault, ma grand-mère. Elle a 24 ans sur cette photo.
- Robert Pérussault, le bambin au cou de sa mère est... mon père.
- Fernand Pérussault, mon grand-père.
- Robert Momot, le jeune garçon assis sur la chaise est un parent dont le père a été tué à la guerre.

mercredi 30 janvier 2013

54. QUAND LA PATRIE DEVIENT OGRE

L'histoire du petit poucet est hautement symbolique. Moultes psychologues y voient maintes allusions sur les relations familiales destructrices entre un père et ses enfants. Si on considère que la 'patrie' est le père, moi j'y vois symboliquement ce qui se passe en France en ce moment.

La vie au pays devenant très peu agréable, on s'en va. On quitte le havre de la nation pour aller trouver fortune ailleurs. Ce qui n'est pas dit dans le conte, c'est qu'il y a une autre façon de s'en aller, plus drastique, c'est de se suicider. Dans les médias quasiment chaque jour, des gens quittent la patrie en se suicidant. J'ai lu récemment les exploits d'un gendarme qui a sauvé trois jeunes du suicide, le jour de la St Sylvestre. Avoir envie de quitter définitivement la patrie un jour de fête en dit long sur l'état de la nation.

Dans le Petit Poucet, un des enfants (de la patrie) sème des cailloux derrière lui pour pouvoir retrouver son chemin de retour. Celui-ci a donc l'intention de rentrer à la maison. Il espère sans doute que le père-ogre aura cessé son envie de manger ses enfants. Ou bien qu'il sera mort et qu'il n'y aura plus de patrie. En tout cas celui qui sème des cailloux derrière lui a l'intention de revenir.

Les autres n'y ont pas pensé. Ou bien ils en ont tellement marre qu'ils ne comptent pas rentrer. Jamais. Le monde est grand, il y a d'autres patries où l'on peut aller tenter de vivre sans être en permanence harceler par un ogre.

En France maintenant le harcèlement est permanent, administratif, fiscal, règlementaire, encadrement, formulaires, cartes, obligatoire, interdit, fiscal, administratif, pour les statistiques. Il n'y a pas de jour où l'on ne reçoive quelque papier au ton d'ogre assoiffé, d'ogre affamé qui va dévorrer ses enfants. Beaucoup sont déjà partis. Les médias montent en épingle certains cas, le haut de l'iceberg.

Reviendont-ils jamais?