mardi 19 juillet 2016

66. LA VAGUE MIGRATOIRE

Nous sommes en Europe aujourd'hui submergés par une vague migratoire sans précédent, oui enfin, en excluant l'arrivée des Huns, des Mongols, des Wisigoths, des Ostrogoths, et autres Goths. Et les Européens eux-mêmes ont naguère migré en masse vers le continent américain, nord et sud confondus. Dans l'Histoire de l'humanité ces tsunami humains ne sont pas tellement rares! Mais on oublie vite.

Les réactions devant ce phénomène de grande ampleur sont diverses et variées mais aboutissent toutes à la même idée, celle qu'on va pouvoir arrêter ce mouvement qui nous dépasse et nous fait peur. Que ce soit en douceur ou par la manière forte, non, on ne va pas l'arrêter. Tout comme on n'arrête pas un tsunami d'aucune manière, d'aucune façon. Derrière un tsunami, après avoir fait la comptabilité des dégâts, on trouve qu'il a apporté des tas de trucs, de nouvelles plantes, un nouveau rivage, une vie renouvelée. Ce n'est plus comme avant, non, ça ne sera jamais plus comme avant. La vie varie mais continue.

Déprimante, mon histoire?! Faut lire la suite...

J'ai moi-même été "migrante". Bien sûr, à une époque où quitter son pays pour aller vivre dans un autre Etat était un acte chic, raisonné, individuel, et où les pays d'accueil avaient tout loisir de vous accepter ou non. Un couple se consultait, allait au consulat prendre les documents, les rapportait bien remplis avec photos des membres de la famille qui comptaient "migrer". Au bout d'un an ou deux, vous receviez la réponse et le mode d'emploi.

Etant marriée à un Australien, j'avais quand même dû faire acte d'une demande d'immigration en Australie. C'était en 1966. Un souvenir resté gravé dans ma mémoire m'est particulièrement douloureux: il avait fallu que je passe une visite médicale et prouver que j'étais un individu sain de corps et d'esprit pour être jugée admissible à devenir une citoyenne australienne d'adoption. Dingue quand j'y repense! Moi, issue d'une bonne famille de la bourgoisie rurale, avec baccalauréat, déjà bilingue, ayant mon permis de conduire, (et sachant monter à cheval... oui bon, ça c'est en option) je me voyais devoir prouver que j'étais assez bonne pour aller peupler leur foutu continent, si lointain qu'à l'époque on n'en revenait pas. C'est ça, l'immigration raisonnée.

Mais la migration des peuples, ce n'est pas raisonnable, ça ne l'a jamais été. Ce sont des gens qui, pris individuellement, vous diront qu'ils ont une telle espérance dans l'avenir que vous en resterez cloué sur place. Le noeud du problème est là. Ceux des gens qui ne migrent pas, qui sont établis, enracinés, stables, statiques, s'accrochent à leur Histoire à un temps T donné et renaclent à avancer vers un avenir uncertain, parce qu'ils croient qu'un bon "tiens" vaut mieux que "deux tu l'auras".  Les migrants, eux, ont une telle foi en l'avenir, leur avenir, qu'ils sont prêts à risquer leur vie pour aller vers cet avenir. Démunis de tout, ils ouvrent de grands yeux devant ce nouveau monde vers lequel ils ont marché. Ils y croient, ils savent qu'ils vont réussir. Ils ont tout à gagner.

Ce nouveau monde vers lequel ils ont vraiment marché... Toutes les histoires de migrants, de réfugiés, d'exilés, parlent de marches, de voyage à pied sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Ils ont la foi. Ils sont sûrs qu'au bout du chemin, là devant eux, est leur brillant avenir. Ils votent avec leurs pieds.

Dans les villages d'où partent les migrants, ceux qui restent sont jugés comme des poltrons, des poules mouillées. Alors le phénomène s'emplifie très vite. Ton oncle est parti, le frère de ta copine est parti, même le vieux chef du village est parti. Rester signifie que tu n'as pas d'espoir dans ton avenir.

Donc, cette énorme vague migratoire se met en branle et arrive sur nos côtes, dans nos contrées, dans nos villes. Et nous en avons peur. C'est là qu'entrent en jeu les accusations de communautarisme, les incantations d'assimilation et d'intégration.

Acte 2, l'intégration. Si tu as survécu à toutes les embûches, tu arrives un jour sur une place dans une ville où on t'a dit que des gens de ta tribu t'attendent et qu'ils t'aideront... à t'intégrer. S'intégrer dans la logique des migrants qui arrivent, c'est se procurer des "papiers", d'une façon ou d'une autre, légalement ou pas. L'idée de "papier" pour définir son existence, c'est nouveau pour ceux qui arrivent. C'est le sésame de leur 'intégration". On leur fichera la paix s'ils ont des "papiers". C'est tout ce qu'ils veulent, qu'on leur fiche la paix. Oui, c'est vrai, les migrants d'Afrique ne cherchent pas franchement à assimiler la façon de vivre des Français autochtones. Ils trouvent triste notre mode de vie. Ils trouvent qu'on n'a pas le sens de la famille, du clan, de la tribu. Ils trouvent qu'on ne rit pas beaucoup et qu'on ne danse pas souvent. Ils trouvent que tout est tellement "organisé".

Je pourrais continuer comme ça très longtemps. Les dix années que j'ai partagées avec des immigrés en région Rhône-Alpes dans les années 70-80 m'ont vraiment appris beaucoup et m'ont ouvert les yeux. J'aurais pu être utile, à l'époque, dans les efforts de l'Administration pour comprendre ce qui se passait. J'étais en fac, en licence d'ethnologie. Mais ce que j'avais à dire n'intéressait personne. Il y a pourtant de nombreuses études faites par des gens dignes de foi, intelligents, compétents. La licence d'ethnologie, les profs d'ethnologie, pour quoi faire alors? ça se passe comme si on ne voulait pas savoir, on préfère s'inventer des histoires et des modèles et croire à des chimères d'assimilation sur le modèle australien ou canadien des années 60. Bonne chance alors!



lundi 4 juillet 2016

65. L'élan




L'élan, c'est le moteur de nos vies. C'est cette force qui nous propulse dans nos rêves les plus fous. Même les rêves les plus simples ont besoin d'élan pour se réaliser. Il faut se projeter, aller vers cet inconnu avec lequel ou laquelle on va fonder une famille. Il faut s'élancer vers ce poste qui est offert, là, sur ce chantier, dans cette usine, dans ce bureau. Sortir de sa tranchée, de son retranchement, demande beaucoup d'élan pour aller affronter un adversaire armé capable de vous pulvériser. On parle de motivation maintenant. Moi je préfère parler d'élan car dans ce mot on trouve la dynamique nécessaire à la vie.

"Prends de l'élan!"... j'ai souvent entendu ou bien dit ça à quelqu'un qui faisait du patin à roulettes (comprenez "des rollers"!) ou qui apprenait à faire du vélo. Et quand on n'arrive pas au bout du but, c'est qu'on n'a pas pris assez d'élan. C'est que ça.

Le chef suprême de notre pays est un Président de la République. Il est choisi. Il n'est pas nommé. Il n'est pas là non plus par simple succession héréditaire, auquel cas il n'aurait pas besoin de prendre de l'élan. On n'aime pas ça, ici et maintenant, en France. On aime choisir nos chefs suprêmes. Et alors, ceux et celles qui se présentent à la nation pour être choisis ont besoin d'énormément d'élan pour arriver jusqu'au bout de la course à l'Elysées. On les dénigre, on dit qu'ils ont de l'ambition et un égo démesuré. Mais on a vraiment besoin d'un chef suprême, alors on joue le jeu, on les encourage. On en encourage un en particulier pour lui donner de l'élan. Il gagnera s'il a lui-même assez d'élan pour tenir cette course de fond. Il gagnera s'il impulse assez d'élan à la nation pour créer une vague de fond dans le peuple qui le choisit.

Il gagnera s'il impulse assez d'élan à la nation pour créer une vague de fond dans le peuple qui le choisit. (refrain)

Je ne rigole pas! On nous bassine de chiffres, de sondages, de pourcentages et de milliards qu'on enlève ici et qu'on met là. Mais ces discours de macro économie et de politique de chiffonnier ne sont pas à même d'impulser un élan, ni pour ledit candidat, ni pour les ci-devant citoyens qui vont l'élire.

J'ai décidé de m'impliquer dans cette saison présidentielle qui s'annonce chaude et orageuse. Dans les rues, quand je "tracte" (non, ce n'est pas en tracteur que je distribue des tracts), je rencontre des gens. Tout un tas de gens différents. On cause quelquefois.

- Oh la la! La présidentielle, c'est loin ça, on a bien le temps d'y penser.
- Ah non! je ne veux pas entendre parler de ça, ils sont tous pareils.
- C'est pour qui, votre tract? Fillon? ah oui, c'est un bon gars.
- Ils sont tous pourris, tous pareils, vous pouvez garder votre tract.
- Non, moi je vote PS, je veux pas de votre truc.
- Fillon? il était pas Premier Ministre? je le vois pas Chef d'Etat mais donnez-moi votre tract quand même...


La curiosité souvent l'emporte chez ceux qui n'avaient pas imaginé que François Fillon pouvait se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Son programme? C'est moins ça que l'idée qu'on se fait du bonhomme. Tous pourris? Peut-être pas finalement. Il y en a qui sont sincères et foncièrement honnêtes. Devant le spectacle de cette France qui se noie, il y en a un qui a l'idée chevillée au corps qu'il est encore temps de lui apprendre à nager.


samedi 2 juillet 2016

64. JEANNE, JACQUES, AGNES et les autres

J'aime connaître et comprendre les évènements et les gens qui nous ont précédés, j'aime lire l'Histoire. J'ai contribué à plusieurs forums d'Histoire: en français Passion Histoire, en anglais Historum. Mais finalement, d'après le dicton, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Comme il m'est venu une interprétation très personnelle de certains évènements, je vais l'exposer ici par peur qu'on ne me jette la pierre si je le fais dans un forum public.



Il s'agit de JEANNE d'Arc, de JACQUES Coeur et d'AGNES Sorel. Excusez du peu! Ayant passablement lu, en long, en large et en travers, sur cette période de l'Histoire de France, je me suis trouvée à penser à l'éventualité suivante:




Jacques aurait connu Jeanne alors qu'ils étaient gamins. Ils ont à peu près le même âge. Jeanne vit dans un village de Lorraine. Jacques est le fils aîné d'un pelletier à Bourges en Berry. Le royaume est occupé par les Anglais. Le nord de la Lorraine est en contact avec les territoires anglais. Le sud du Berry est en contact avec les territoires anglais. Un pelletier, on oublie de le dire, fait le commerce ou même le traffic de peaux d'animaux sauvages en tout genre. Dans les livres que j'ai lus, j'ai trouvé qu'on décrit le travail du pelletier comme quelque chose de statique. Il achète des peaux plus ou moins brutes. Il vend des peaux raffinées à la noblesse du coin, à la Cour du duc de Berry, etc. On a l'impression que le père Pierre Coeur et son fils Jacques sont bêtement assis dans leur échoppe et attendent qu'on leur apporte de la marchandise. Or, étant la fille d'un fabricant de chaussons et ayant vécu de près les transactions entre fournisseurs, fabricants et clients, j'ai imaginé que le père et le fils devaient passablement se déplacer pour trouver des peaux, leur fourniture première. Je les imagine chevauchant par monts et par vaux, à travers landes et forêts, et achetant des peaux diverses et variées à des paysans, des bûcherons ou des chasseurs. JACQUES a dû maintes fois accompagner son père dans sa quête de fournitures. Voyager à cheval dans le Berry et la Lorraine a pu être son initiation au voyage dès un très jeune âge.

En revenant d'Allemagne, en 2008 je crois, j'ai fait un détour pour passer par Domrémy. De là j'ai conduis ma voiture jusqu'à Bourges en imaginant que Jacques Coeur avait dû faire ce chemin avec son père maintes fois. Le pays est plat, forestier et giboyeux. Quand on arrive par le nord-est à plusieurs dizaines de "lieux" de Bourges, on aperçoit de très loin la cathédrale perchée sur sa butte comme le phare qu'elle devait être, surveillant les alentours de possibles attaques anglaises.

Je me suis dite que dans les chaumières, on devait causer des "godons". On devait s'indigner, entre gens du peuple, de l'incurie du royaume rétréci, à la merci d'incursions dévastatrices. On devait se dire qu'il fallait faire quelque chose.

J'en suis venue à penser que JACQUES Coeur avait dû rencontrer JEANNE d'Arc dans la chaumière des d'Arc, alors que les anciens discutaient politique. J'en suis venue à imaginer l'atmosphère de conspiration des indignés lorsqu'ils apprirent que la reine mère comptait remettre le royaume à l'Anglais. Il fallait faire quelque chose s'il était encore temps.

Après tout, Jeanne d'Arc a passé l'hiver avant la bataille d'Orléans, à Bourges exactement, s'entraînant militairement et s'ennuyant, d'après elle, à mourrir. Elle a bien dû discuter avec le fils du pelletier, un gars de son âge, que, comme je l'imagine, elle connaissait déjà. 

Leurs vies le prouvent. Ils voulaient sauver le royaume de France. C'est ce qu'ils ont fait, chacun à leur manière.

Jeudi dernier, alors que je racontais tout ça à un ami anglais, la coincidence avec AGNES Sorel m'est tombée dessus! Agnès était de la suite de la duchesse de Lorraine. Elle avait été "remise" au roi Charles 7 pour l'égayer dans son lit, par cette même duchesse de Lorraine. Tiens, tiens... JEANNE ayant été brûlée, il fallait trouver quelqu'un d'autre pour piquer le roi. L'intervention de Jeanne avait permis de reconquérir la Normandie et d'entrer dans Rouen libéré en grande pompe royale aux fleurs de lys. Mais le roi retombait dans sa léthargie. AGNES fut priée de l'aiguillonner. C'est ainsi, qu'avec le financement de JACQUES, le royaume finit quand même par bouter les Anglais à la bataille finale de Castillon-la-bataille. Agnès est morte en 1450, la bataille finale de Castillon est en 1453.

JEANNE, JACQUES et AGNES ont payé de leur vie l'amour qu'ils avaient de leur patrie.


63. Allégeance d'adoption

Depuis que j'ai passé le cap des soixante-dizièmes rugissantes (oui, j'aime bien employer cette expression!) je m'aperçois qu'on ne croit plus ce que je dis. Je ne suis plus crédible... Tant pis pour les jeunes incrédules. Je vais quand même continuer à émettre.

Je disais donc, dans l'article précédent, que l'allégeance à une nation implique fidélité et obéissance et que cette "obligation" de fidélité et d'obéissance relève d'un acte d'amour à sa nation qui représente le père et la mère identitaires. L'amour entre la patrie et ses "enfants" est implicite et à deux sens. On aime sa patrie et la patrie nous aime.

Ce serait formidable si c'était le cas. Oui mais voilà. Pour peu que l'enfant de la patrie ne se comporte pas conformément aux attentes de celle-ci, il est rejeté. Pas seulement puni, mais rejeté loin du coeur, loin des yeux, quelquefois avec toute sa famille. Les renégats, les exilés, les embastillés. Même s'ils sont des enfants de la patrie par filiation.

La situation s'avère bien pire quand il s'agit d'enfants de la patrie par adoption. Comprendre: les enfants d'immigrés. Un enfant adopté qu'on n'aime pas va passer sa vie à souffrir, au mieux à essayer de réussir mieux que tout le monde pour prouver qu'il est digne de sa patrie d'adoption, au pire à s'en démarquer ostensiblement par rancoeur et vengeance.

Suivez mon regard. Ceux qui partent pour s'enroller dans des groupes armés ennemis sont pratiquement tous des enfants de la patrie par adoption. Le pays ne les a jamais aimés. Ils s'en vengent. Ils s'en vengent avec une telle violence qu'on s'en souviendra encore dans plusieurs générations.

Je ne cherche pas à excuser. Je cherche à comprendre.   

mercredi 8 juin 2016

62. ALLÉGEANCE

D'après le dico, le mot "allégeance" signifie "obligation de fidélité et d'obéissance". Il avait jadis une autre signification, celle d' "allègement" dans le sens de l'expression 'tu m'enlèves un poids', c'est-à-dire d'un amour en tant qu'il rend tout plus léger autour de lui. Ainsi, l'allégeance est une obligeance qui rend léger.

Une allégeance implique donc une appartenance. Une appartenance à quelque chose de cher. Le lien d'amour est implicite.

Où je veux en venir?... La mère patrie demande fidélité et obéissance. Mais sans amour, il n'y a pas d'allégeance possible. En clair, on ne peut être fidèle et obéissant à sa patrie que si on l'aime. Et là, il faudrait cerner la signification du mot "patrie" qui fait référence au "père" et ça se complique quand on emploie l'expression "mère-patrie". Il s'agit donc d'une famille dont on est l'enfant. Bin oui bien sûr: Allons enfants de la patrie-i-e...

On peut être un enfant de la patrie par filiation, ou par adoption. L'appartenance à la patrie par adoption, c'est là que je veux en venir.

Ayant épousé un Australien et vivant en Australie (dans les années 1960 et 1970) j'ai vécu l'expérience d'avoir à choisir mon allégeance à une nation. A l'époque il n'y avait pas d'accord bilatéral entre la France et l'Australie qui autorisait quelqu'un à la bi-nationalité. Il fallait avoir son allégeance soit à la France, soit à l'Australie. J'étais donc en face d'un choix cornélien. J'étais enfant de la France par filiation de longue lignée et je voulais être enfant de l'Australie par adoption.

D'une part, ma mère-patrie d'origine me reniait si j'en choisissais une autre et d'autre part, l'Australie consentait à m'adopter parmi ses enfants si je faisais solennellement allégeance à ses lois et à sa culture, mais aussi à son chef suprême qui se trouve être jusqu'à ce jour, la reine d'Angleterre. Reniée par la France et avoir à jurer allégeance à la reine d'Angleterre, je n'ai pas pu. Ma nationalité et la possession d'un passeport y affairant ne pouvait être pour moi en aucun cas une affaire de papier et de timbre fiscal à y apposer. Ce n'était pas une marchandise, c'était un acte d'amour impliquant l'adoption d'une nouvelle famille dans laquelle j'allais vivre.



Trop romantique, mon histoire???  Non, elle est humaine, mon histoire. Nous ne sommes pas des petits robots, authentifiés et estampillés. Nous ne sommes pas des ordinateurs plus ou moins satisfaisants qu'on bazarde quand ils ne fonctionnent pas comme on voudrait. Il faudrait vraiment penser à ça quand on parle de naturalisation, d'asile, de déchéance, et d'enfants de la patrie.

samedi 28 mai 2016

61. Clivage


                                                       Cet après-midi je suis allée faire un tour à la foire internationale de Châteauroux qui mettait la Chine à l'honneur. J'en reviens tristement déçue. Je n'aime pas dire ça, je préfère dire que c'était génial. Mais ici, sur mon blog qui n'intéresse que moi et quelques ami(e)s assidu(e)s, je ne vais pas être trop diplomatique.

Dans un hall d'exposants en tout genre je me suis faite abordée par un monsieur sympa qui m'a demandé, à brûle-pourpoint, si j'achetais le journal local La Nouvelle République.

- Oh non, jamais.
- Pourquoi? me demanda-t-il.
- Euh, répondis-je, je lis les nouvelles qui m'intéressent sur internet.

Un peu plus loin je suis passée devant un fabricant de vérandas. Mais là personne ne m'a apostrophée. Quand j'ai besoin d'une véranda, je n'attends pas la foire. Je m'informe sur internet et je contacte le fabricant le mieux adapté à mes besoins.

En rentrant chez moi à pied à travers le parc, j'ai eu le loisir de réfléchir en profondeur sur cet échange éclair au sujet de l'achat du journal local.

On dirait bien que le clivage de la société française n'est plus entre les tenants du libéralisme et ceux de l'étatisme, n'est plus entre les capitalistes et les marxistes du tout, mais... entre les tenants du statu quo et ceux du dynamisme. "In statu quo ante" on aime que les choses restent ce qu'elles sont, en l'état qu'elles étaient avant. Le dynamisme, c'est au contraire l'utilisation des forces relatives au mouvement. Les deux visions du monde s'opposent tout à fait comme les marées descendantes et les marées montantes. Au bord de la mer quelquefois on peut observer le moment où la marée descendante est arrêtée par la marée montante. C'est le chaos dans les eaux et on se demande qui va gagner! Mais on sait très bien que la marée montante va prendre le dessus.

Mais quand même. Il est un long moment où le désordre semble s'installer, où on ne sait plus qui fait quoi et comment ça va finir. J'ai la nette impression qu'on est exactement à ce moment-là du marnage dans notre société.

Ce sympathique monsieur qui me demandait si j'achetais le journal m'est apparu comme s'il m'avait demandé, en 1915 par exemple, si je me servais de bougies pour lire mon journal. Internet a plus de quinze ans. Les façons de s'informer ont terriblement changées. De plus en plus ce n'est pas l'utilisateur qui paye un service mais un tiers, un publicitaire, un "sponsor", qui trouve son intérêt à faire vivre ledit service. Je disais ça, il y a quelque temps, à un musicien qui se désolait de ne plus pouvoir vivre de son art. Le public ne vient plus, ne paye plus pour venir l'entendre. Bin non. Il faut trouver un tiers, un publicitaire, un sponsor, qui paiera les frais parce qu'il y trouve son compte. Quand on y réfléchit bien, dans les siècles passés, c'était un prince, un mécène qui "invitait" le public. Ce n'était pas l'utilisateur qui achetait son billet. Les marées montent et descendent sans arrêt.

Pour en revenir au clivage, au nouveau clivage qui se fait jour, il paraît que le mot vient d'un mot néerlandais, "klieven" qui veut dire fendre. Le terme est utilisé par les diamantaires. C'est l'action de fendre un diamant pour le dégrossir.

Pour le dégrossir... Si la société se fend ainsi, c'est qu'elle est en train de se dégrossir. Eh bien voilà!  

dimanche 22 mai 2016

60. LA CITADELLE FRANCE






Une citadelle, d'après divers dictionnaires, c'est un lieu qui dispose de puissants moyens de défense. Pour protéger quelque chose, une ville, par exemple, avec des gens qui y sont enfermés.

Voilà, c'est ça, c'est l'idée qu'on peut se faire de la France aujourd'hui: 

Une citadelle où des millions de gens sont enfermés dans des schémas de vie qu'ils veulent immuables. Une citadelle n'est pas dynamique, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle refuse l'idée de changement, de progrès, d'ouverture, de libre choix. On y vit entre soi suivant des certitudes rigides qu'on ne veut pas remettre en question. Ce lieu, la citadelle France, dispose de puissants moyens pour empêcher tout changement, toute nouvelle liberté, toute espèce de volonté dynamique qui pourrait naître en son milieu. Elle se défend de l'intérieur, des idées folles qui pourraient y naître, et de l'extérieur contre toute entrée de nouveau système de "vivre ensemble" comme on dit maintenant.

Il veut s'attaquer à cette citadelle, c'est François Fillon qui le dit. Il ajoute qu'il a besoin d'aide pour prendre cette forteresse. Tu m'étonnes!

Moi, je lui prête ma plume. Si, vous qui lisez, vous avez envie aussi de vous attaquer à la citadelle, faites-vous connaître... Il a besoin de votre élan et de votre force. 


mardi 29 mars 2016

59. Le marché des Hérolles








Le 29 de chaque mois... et si ça tombe un dimanche, c'est le lendemain lundi…


donc, le 29e jour de tous les mois de l'année se tient un marché aux Zérolles…
oui, enfin, aux Hérolles... se tient un marché, disais-je, tous les ans depuis les années 1400 et quelques. Les habitudes ont la vie dure par chez nous.

Ce matin j'y suis allée. Je craignais qu'il y ait un monde fou mais finalement, vers 9h, la foule était abordable! J'ai pris quelques photos, c'est une manie, et je les mets ici sur ce vieux blog pas bavard.

On y trouve de tout aux Zérolles, des casseroles, des trucs pour mettre dans les casserolles, des fringues, des saucissons, des plants de tomates, du nougat, des tondeuses à gazon, et de la viande.

C'est là que je voulais en venir. Comme je suis friande de bonne viande goûteuse et bien tendre (je suis une sans-dent), j'aime trouver des marchands de viande goûteuse et bien tendre. La ferme des Fromentaux y était installée dans un petit chalet sous le haut hangar qui servait naguère à la vente des moutons. On le voit de loin, le hangar. On ne peut pas le rater... et Suzanne avec ses petits plats et sa viande goûteuse et bien tendre, non plus!


Suzanne offrant à goûter ses petits plats

Viande goûteuse et bien tendre
Les chalets sous le hangar aux moutons


Un marchand de nougat
         

Huîtres de Marennes
                                         

          
Casseroles en tout genre
                                                                              

Pour stationner on trouve des parkings à 1,50€ et des préposées pour vous dire où se garer


     

mercredi 6 août 2014

58. MORSURES DE CHIEN

Déclaration d'accident par morsures de chien

Le jeudi 12 juin 14 vers 19h, alors que je rentrais chez moi en vélo, je me suis faite agresser et mordre par un chien-loup (berger allemand) devant le (...) à Argenton-sur-Creuse. Je circulais sur le côté droit de la route dans la direction du rond point vers l'autoroute et la route de St Benoît. Ce chien situé sur le côté gauche de la route m'a d'abord aboyé et je lui ai dit "bonjour" en passant. A 50 mètres plus loin environ, alors que j'étais en limite du terrain et de la haie de ce pavillon, le chien est arrivé dans l'axe de mon trajet, se jetant sur ma cheville gauche en pleine vitesse. J'ai continnué à pédaler tout en lui jetant un coup de pied dans la gueule. Il m'a alors mordu une 2e fois au-dessous du genou. J'ai hurlé les deux fois mais il n'y avait personne dans le secteur. Je me suis arrêtée une fois arrivée à la pancarte de l'Ecurie du Trait Blanc. J'ai alors téléphoné avec mon mobile mon cousin HN qui est arrivé aussitôt et m'a conduite tout de suite aux urgences du Centre Hospitalier de Chateauroux. Par la suite je suis passée trois autres fois aux urgences vu la gravité de la blessure.
Le vendredi matin je suis allée avec mon cousin à l'adresse de l'accident. Mme B nous a signalé que son chien Pluto avait déjà agressé un cycliste.
Juste après, je suis allée déposer plainte à la gendarmerie d'Argenton-sur-Creuse contre Mr et Mme B pour blessure involontaire.
Pour servir et valoir ce que de droit.
MFrançoise Pérussault

lundi 10 mars 2014

57. Produits fermiers

Du producteur au consommateur...

J'ai lu il y a quelque temps sur le site wikiagri.com qu'un magasin s'était ouvert à Chateauroux où les producteurs de légumes et de viande pouvaient vendre leurs produits directement. Cette initiative venait de la FDSEA36, la Fédération Départementale des Syndicats des Exploitants Agricoles de l'Indre.

Voici les trois photos que j'ai prises récemment du local qui se trouve au carrefour de l'avenue de La Chatre face au stade de la Berri. Le grand parking du stade est juste en face. Je crois que ça vaut le coup d'aller y faire un tour!






samedi 26 octobre 2013

56. UNE AFFAIRE à SUCCÈS

C'est par la publicité sur FaceBook que j'ai rencontré ce site.

Dans la marge de droite de mon journal, ou de mon 'mur' comme on disait avant, il y a une colonne pleine de publicités plus ou moins... chiantes! Je cherchais à m'en débarrasser ou plutôt à faire comprendre à FaceBook qu'elles ne me correspondaient pas du tout. J'ai fini par trouver qu'à chaque petite pub, il y a un x sur la droite mais seulement si on passe sa souris dans le coin! En cliquant sur le x on peut alors choisir de ne plus avoir cette pub et on vous demande pourquoi vous ne la voulez plus. Il faut alors cliquer sur "aucun intérêt" et la pub n'apparaîtra plus dans la liste sur votre journal FaceBook.

Tout ça déclencha un réajustement automatique des pubs qu'on m'envoyait... ce qui provoqua, qu'au lieu d'avoir des suggestions sur une réduction de poids ou comment attirer des petits amis, j'ai eu la publicité d'un site de lecteurs/auteurs TRÈS intéressant.

Merci la pub dans FaceBook, ne crachons pas dans la soupe!


En explorant ce site au titre anglais de WeLoveWords j'ai fini par tomber sur leur histoire. Une vraie affaire à succès, française, et même parisienne: quelques illuminés avec une grande idée qui se lancent dans une aventure commerciale pas du tout évidente et qui réussissent à prouver que leur idée était géniale et viable. Il faut lire leur histoire, c'est un modèle à suivre.

Du coup, je me suis inscrite pour lire ce que mes contemporains francophones écrivent et publient. Et petit à petit j'y vais pour laisser les traces de ce que j'écris moi-même.

J'ai ainsi quelques textes en ligne qu'on peut lire à:   welovewords.com/frankieduberry

A bientôt de vous y lire!

mardi 10 septembre 2013

55. Les dames de la côte


Nous voilà au mois de septembre de cette année 2013. J'ai quitté mon adresse en France en janvier,  j'ai passé 4 mois en Irlande, je suis revenue fin mai pour planter des tomates et semer des haricots devant ma porte, de quoi manger sain et bon au temps de la récolte. Le temps de la récolte est enfin venu, tardif cette année, mais j'ai maintenant plein de tomates, de haricots verts, de melons, de poires et de raisins. Ouf! Je vais engranger quelques vitamines pour l'hiver qui approche.

On est en 2013, l'hiver approche. Je ne sais pas pourquoi mais je pense beaucoup à mes grands-parents qui, voilà cent ans, vivaient cette automne de l'année 1913, tout jeunes et pleins d'espoir qu'ils étaient. Et puis la guerre leur est tombé dessus. Et mon grand-père, alors un fringant jeune homme, est parti armé faire la guerre aux frontières. J'avais commencé à transcrire ici ses mémoires de guerre sous le titre de "la moisson de 1914"... j'avais abandonné. Etant gamine, j'avais souvent entendu ses histoires mais maintenant que je suis grand-mère et en âge de mieux comprendre..., la lecture de son texte me déprimait aux larmes. Je voyais mon grand-père maintenant comme un jeune homme d'une vingtaine d'années parti vivre l'enfer de cette 'guerre de 14', comme on disait.

Aujourd'hui, me revoilà à y penser. J'ai revu le film "Fort Saganne" qui se passe à cette époque, juste avant 1914. Et puis j'ai cherché et trouvé sur YouTube une série télévisée qui m'avait beaucoup plue dans les années 80 sous le titre de "Les dames de la côte". Les 5 épisodes de cette série télévisée sont accessibles gratuitement sur YouTube (PS janvier 2014: cette série n'est plus accessible sur YouTube mais peut être acquise sur Amazon):

épisode 1. Feuilleforte
épisode 2. L'escalier des adieux
épisode 3. Les vivants
épisode 4. La grande tourmente
épisode 5. L'ivresse


Le ton est tellement juste, la décoration et les parures tellement réelles, l'histoire tellement proche. Je me dis que je suis de la dernière génération qui aura connu pour de vrai des gens de cette époque. Bientôt, tout ça ne sera plus que quelques lignes dans des livres d'Histoire... et ça recommencera.

                                                ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °

Ici, ceux de ma famille qui ont vécu les années 1910 dans leur jeunesse et dans leur chair:




Photo prise en 1920. De gauche à droite:

- Marie Momot épouse Georget, mon arrière-grand-mère.
- Germaine Georget épouse Pérussault, ma grand-mère. Elle a 24 ans sur cette photo.
- Robert Pérussault, le bambin au cou de sa mère est... mon père.
- Fernand Pérussault, mon grand-père.
- Robert Momot, le jeune garçon assis sur la chaise est un parent dont le père a été tué à la guerre.

mercredi 30 janvier 2013

54. QUAND LA PATRIE DEVIENT OGRE

L'histoire du petit poucet est hautement symbolique. Moultes psychologues y voient maintes allusions sur les relations familiales destructrices entre un père et ses enfants. Si on considère que la 'patrie' est le père, moi j'y vois symboliquement ce qui se passe en France en ce moment.

La vie au pays devenant très peu agréable, on s'en va. On quitte le havre de la nation pour aller trouver fortune ailleurs. Ce qui n'est pas dit dans le conte, c'est qu'il y a une autre façon de s'en aller, plus drastique, c'est de se suicider. Dans les médias quasiment chaque jour, des gens quittent la patrie en se suicidant. J'ai lu récemment les exploits d'un gendarme qui a sauvé trois jeunes du suicide, le jour de la St Sylvestre. Avoir envie de quitter définitivement la patrie un jour de fête en dit long sur l'état de la nation.

Dans le Petit Poucet, un des enfants (de la patrie) sème des cailloux derrière lui pour pouvoir retrouver son chemin de retour. Celui-ci a donc l'intention de rentrer à la maison. Il espère sans doute que le père-ogre aura cessé son envie de manger ses enfants. Ou bien qu'il sera mort et qu'il n'y aura plus de patrie. En tout cas celui qui sème des cailloux derrière lui a l'intention de revenir.

Les autres n'y ont pas pensé. Ou bien ils en ont tellement marre qu'ils ne comptent pas rentrer. Jamais. Le monde est grand, il y a d'autres patries où l'on peut aller tenter de vivre sans être en permanence harceler par un ogre.

En France maintenant le harcèlement est permanent, administratif, fiscal, règlementaire, encadrement, formulaires, cartes, obligatoire, interdit, fiscal, administratif, pour les statistiques. Il n'y a pas de jour où l'on ne reçoive quelque papier au ton d'ogre assoiffé, d'ogre affamé qui va dévorrer ses enfants. Beaucoup sont déjà partis. Les médias montent en épingle certains cas, le haut de l'iceberg.

Reviendont-ils jamais?

53. Quand la patrie devient marâtre

J'ai été élevée avec l'idée profonde qu'on sert et qu'on défend son pays qu'on appelle la 'patrie'. Idée et concept complètement démodés aujourd'hui.

J'ai passé beaucoup d'heures de ma vie à réfléchir pour essayer de comprendre les cataclysmes de l'Histoire quand une 'patrie' ne protège plus ses 'enfants' mais les chassent et les détruient. Deux exemples: la forte communauté des Protestants après la révocation de l'Edit de Nantes par Louis 14, en France, et la large communauté des Juifs dans les années 1930, en Allemagne. J'ai toujours essayé d'imaginer ce que devait ressentir une famille de bons Français, devant prendre la décision de quitter sa maison et son pays, parce que la 'patrie' menaçait de les détruire. Passé le moment d'incrédulité, la douleur de se sentir rejeté au prix d'y perdre la vie, il leur avait fallu à un moment donné faire leurs sacs et se mettre en route. C'était un malentendu, croyait-il profondément. On reviendrait. J'ai rencontré ainsi dans mes vadrouilles des descendants de ces Français protestants, jusqu'à ce jour fiers de dire qu'ils sont des anciens Français. La patrie ne les a jamais reconnus. Le malendendu n'a jamais été dissipé. Je trouve cela une tristesse et un gâchis lamentable.

Il m'arrive, depuis plusieurs années, une expérience étonnante que je pense être d'un certain danger pour ma patrie. Le problème majeure est de raconter ce qui ce passe. J'ai essayé autour de moi, avec le résultat d'haussements d'épaules garantis. Alors je me suis mise à écrire un soi-disant roman pour essayer de faire passer mon message. Pas plus de succès. Finalement, j'ai osé écrire un article tel quel sur ce qui se passe. Je l'ai signalé à la gendarmerie. Deux gendarmes sont venus chez moi, un homme et une femme, et ont déclaré que j'étais une malade mentale et qu'ils reviendraient dans deux jours pour m'emmener dans un hôpital psychiatrique. Le ton et la méthode dignes du KGB. En sommes-nous déjà à ce point de devenir une république soviétique?

Sans chercher plus à me faire entendre, j'ai fait mon sac et je me suis délocalisée.

mercredi 19 décembre 2012

52. SOUTIEN à GERARD DEPARDIEU


J'ai le plus grand mal à comprendre la haine que déchaîne la décision de Gérard Depardieu de se délocaliser. J'ai le plus grand mal à accepter que des ministres de la République insultent et dénigrent un tel citoyen méritant de ce pays.

Monsieur Depardieu est un agent actif du Produit Intérieur Brut de la France. Il génère de la richesse année après année, à la fois par son travail acharné dans l'industrie du film, et aussi par la façon intelligente dont il gère son succès. Il a fait rayonné le nom de la France sur toute la planète. Il a su investir ses gains mérités à la production d'autres biens consommables, à l'embauche de différents personnels, ainsi que dans le secteur immobilier français. Où est le mal?

Bien sûr, s'il avait gagné sa fortune à l'euro-million, on dirait de lui que c'est un petit veinard et on lui enverrait un conseiller psychologue pour le plaindre de ce coup dur de la vie. Et s'il n'avait pas su gérer son succès et qu'il se retrouverait aujourd'hui sur la paille, on le plaindrait avec plaisir!

Heureusement que sur BFMTV, à la page Divertissement, on parle du soutien qu'il est en train de recevoir d'illustres inconnus sur une page FaceBook.

J'approuve ce collectif de soutien à Gérard Depardieu.

Après quelques recherches j'ai aussi trouvé sur une chaîne suisse cet interview d'un journaliste sympa et bienveillant, objectif, qui n'insulte personne à aucun moment:





samedi 15 décembre 2012

51. La liberté a été délocalisée



Je reproduis ici l'article écrit en avril dernier par un "paysan heureux", éleveur de son métier, décrivant sa situation avec une grande acuité. Je n'ai rien à rajouter, c'est ce que je voulais dire.


"Et le paysan au milieu de tout cela? Un simple exécutant des basses besognes. 

Il n'aura plus son mot à dire. Que veut dire le mot autonomie dans un tel contexte? Que veut dire indépendance de décision? 

Je pensais que l'intégration économique arriverait la première. J'ai tout faux, il faut dire que nos résultats économiques sont si mauvais. C'est l'intégration technique qui arrive à grands pas !

- J'ai perdu le droit de labourer les parcelles de mon choix depuis la PAC de 1992. 
- Je dois passer par un organisme lié à l'ordre des experts comptables pour tenir et présenter mes comptes à l'administration fiscale. 
- Je dois chaque année rendre compte à mon vétérinaire de la façon de gérer tout le sanitaire de mon élevage, sachant que c'est lui qui prescrit et vend les produits... 
- Je dois m'en remettre à un architecte pour construire un hangar ou une stabulation, puis faire valider le projet par la commission départementale.  
- La limite entre curer un fossé et le creuser est si ténue que je ne sais jamais si je ne vais pas prendre un procès à chaque démarrage du tractopelle car, dans le deuxième cas, il faut une autorisation administrative ad hoc. 
- Aujourd'hui, j'ai choisi d'entrer volontairement dans une démarche de protection des haies.  Mais un projet de classement au patrimoine mondial de l'humanité pourrait rendre ce choix définitif et contraignant en terme de surveillance, de contrôle voir de plantation puisque certaines espèces seulement seront alors permises si le projet aboutit...  
- Je passe sur le risque de voir le plan prévisionnel de fumure de la ferme devoir être validé avant de pouvoir être appliqué... 

J'arrête là cette énumération, je pourrai en rajouter. A chaque fois, on évoque les excès de quelques uns pour imposer à tous.

Le paysan moderne a, au minimum, le Bac , voir plus dans bien des cas. Mais on semble l'ignorer. On lui retire toute possibilité d'être responsable de ses choix, de sa réactivité, de son bon sens et de son expérience... 

Je ne suis pas soudain atteint d'un grand découragement. J'essaye d'être réaliste et de comprendre les évolutions profondes de notre métier. 

Je suis atterré de lire dans tout ce que je viens de décrire la volonté de détruire systématiquement la liberté de gérer du paysan. 

C'est cette liberté qui nous fait accepter toutes les adversités que nous imposent dame nature. C'est elle qui nous fait lever la nuit dans la bise, elle qui nous pousse à investir en permanence pour mieux gérer. Elle qui nous conduit à tenter pour innover... 

En voulant le transformer en simple exécutant, on le renvoie au temps des servitudes. 
La chute des installations devrait inquiéter la société, faire réfléchir nos responsables, réorienter les mesures pour redonner la vraie place à l' Homme, le seul capable de réagir en temps réel dans la nature. 

Il n'en est rien. Dans l'indifférence générale, sous prétexte de "sécurité", mais plus sûrement parce que cela crée de nouveaux marchés, de nouveaux débouchés pour nos services, donne du pouvoir à quelques administratifs en les protégeant de leurs erreurs d'appréciation, on organise la fin des paysans... 

Il y aura bientôt plus de donneurs d'ordres que d'exécutants.

On aurait tort de limiter cette réflexion à notre seul secteur. Partout dans notre société, le pouvoir individuel de création, d'innovation et d' entreprise recule face à d'autres logiques, financières, de normalisation, de lobbies administratifs ou de nouveaux services payants! Ceux qui exercent les fonctions de production sont-ils si méprisables?

En évoquant ce sujet devant un responsable agricole, je me suis fait traiter de "révolutionnaire"! Peut-être vaudrait-il mieux que je me taise?"

                                                      °  °  °  °  °  °  °  °  °  °  °

J'ajoute un article publié dans Le Point en décembre 2013 intitulé 'et si la france n'était plus le pays des libertés':

http://www.lepoint.fr/economie/exclusif-et-si-la-france-n-etait-plus-le-pays-des-libertes-19-12-2013-1771863_28.php

jeudi 29 novembre 2012

50. TERRE LABOURABLE ET CULTIVABLE



Ce que j'aimais particulièrement quand je travaillais dans un kibboutz, c'est l'attitude de tout un chacun à s'acharner pour rendre des terres incultes, labourables et cultivables. On m'avait fait voir des photos du site à l'arrivée de la poignée de réfugiés hébreux qui étaient venus cultiver cette terre ingrate et caillouteuse: 15 ans après leur arrivée, quand j'y ai débarqué, ce lopin de terre était devenue fertile, produisant fruits, légumes et fleurs en abondance, de quoi nourrir la population de la ferme et de procurer la nourriture à ceux de la ville.

De nos jours, on fait comme si la nourriture tombait du ciel toute emballée. Or, malgré nos grands progrès depuis Cromagnon, tous les humains se nourrissent encore de ce que, et seulement de ce que peut produire la terre. J'y inclus l'herbe dont se nourrissent les animaux qu'on mange.

Pendant qu'il y en a qui s'acharnent à rendre de mauvaises terres, labourables et cultivables, nous, en France, on recouvre nos bonnes terres arables de ciment et de bitume. Sans vergogne. Sans états d'âme.

Terre labourable et cultivable en Berry
Si j'avais 20 aujourd'hui, bien sûr que je serais partie à Nantes pour empêcher la construction d'un aéroport sur de bonnes terres labourables et cultivables. Déjà il y a quelques décennies, j'avais jugé un gâchis monumental de construire un parc d'attraction, genre belle-au-bois-dormant, sur la bonne terre de Beauce. On dit que ça rapporte, oui, mais ça ne se mange pas. On court à la famine si l'on continue sur cette lancée. Ici, en France, pas dans le désert. Nous ne sommes pas à l'abri d'une famine...

Et pendant que j'y suis, de toute façon, il y a un beau et bel aéroport qui ne sert à rien, à Chateauroux, construit naguère pour être l'approvisionnement européen des troupes américaines après le débarquement de 1944. Il était stratégique, étant situé en plein milieu de la France, et en plaine, sa piste étant la plus solide et la plus longue d'Europe. Qu'en est-il de ce bel aéroport? Cet équipement ne sert pour l'heure qu'à l'envol des pigeons... à moins qu'on mange les pigeons, alors!

samedi 24 novembre 2012

49. Shma Israel!

Moi, Frankie, à Eilat en 1964


Les Hébreux avaient un dieu qui leur parlait et qui leur écrivait. Mais ils n'écoutaient pas. Alors il se mettait en colère et envoyait des ultimatums. Et puis ça finissait toujours mal, une punition ou une autre, pour les méchants enfants de Dieu.

...J'ai rien trouvé de mieux pour mon intro sur un sujet brûlant d'actualité, à savoir l'affrontement de la semaine dernière entre les Hébreux d'Israel et les Arabes de Gaza. Je ferais mieux de la fermer à ce sujet, car quoiqu'on dise, on ne se fait pas que des amis quand on discute de ça.

Quand j'avais 19 ans, en 1963, j'ai quitté mon Berry, ma province natale et ancestrale, pour aller voir ce qui se passait... en terre sainte, ou en Israel, comme vous voudrez. Beaucoup de jeunes non-juifs partaient alors comme moi dans un élan de solidarité avec ce peuple hébreu qui jouait son va-tout en reprenant possession d'une terre ancestrale qu'ils avaient délaissé depuis 2 millénaires. Pendant tout ce temps-là, ils s'étaient salués les uns les autres par un "L'année prochaine à Jérusalem!", mentionnant ainsi un projet sans cesse repoussé à l'année prochaine. Il a fallu un cataclysme comme la 'shoa' pour enfin les décider à 'rentrer' au pays. J'abrège une longue histoire, bien sûr.

Mais bon, pendant 2 millénaires, d'autres s'y étaient installés. Ils ne comprirent pas ce qui leur arrivait quand ces Hébreux leur sont tombés dessus et les ont enjoint de déguerpir. Certains ont fui, d'autres sont restés pour voir, et d'autres encore ont pris les armes. De toute façon, là venait d'être créé le monstrueux problème de savoir à qui appartenait ce bout de terre, dite sainte. Et c'est de ça qu'il s'agit, chaque jour, quand on nous parle d'affrontement des uns et des autres. Chaque camp joue les victimes de l'autre. Personne n'écoute, ne serait-ce que sa conscience.

Je ne suis pas juive et ma solidarité avec les Hébreux a ses limites. Je ne peux pas cautionner le bombardement de civils entassés dans un guétto, sous prétexte qu'ils ne devraient pas être là.

Je n'irai pas plus loin dans ma démonstation. Je viens de retrouver, par l'intermédiaire de FaceBook, ma vieille amie israelienne avec laquelle j'ai commencé à correspondre quand j'étais pensionnaire et ado, voilà plus d'un demi-siècle. Sa famille m'a accueillie comme l'une des leurs lorsque j'ai débarqué à Haifa avec mon sac-à-dos en août 1963. Ils restent tous très près de mon coeur et je voue à ce peuple hébreu une grande admiration.

Mais, confidence pour confidence, il faut aussi que j'avoue que mon premier petit-ami a été un gars du village arabe situé de l'autre côté de la route du kibbutz où je vivais et où on travaillait ensemble. Lui aussi est resté très près de mon coeur.

Alors, Israel écoute! Ecoute ton dieu et ta conscience. Il va falloir coûte que coûte vivre ensemble sur ce bout de terre, dite sainte. Ouvre les portes du guetto et laisse-les vivre avec toi, ensemble, en voisins et en cousins. Tu dis 'shalom' pour saluer ton voisin, ils disent 'salam', alors pourquoi ne pouvez-vous pas vous saluer en paix, bon dieu?!
     

mercredi 21 novembre 2012

48. IMAGES D'AUTOMNE


En mettant de l'ordre dans mes fichiers de photos, je me suis aperçue que je prends beaucoup plus souvent des photos au printemps qu'à toute autre saison. C'est pour rectifier ce manque que je suis partie à la chasse aux images d'automne, tellement si belles et éphémères. En voici quelques-unes prises récemment dans mon coin de Berry.

Sur un parking à Châteauroux

Vers St Civran

Motif de tapisserie

Vers Chazelet au pont de Bouchais

Le clocher de St Sauveur à Argenton-sur-Creuse

mardi 9 octobre 2012

47. La Creuse à sa source


J'ai grandi à Argenton-sur-Creuse et donc maintes fois traversé la rivière Creuse sur les deux ponts de la ville, l'ancien et le nouveau oh oh oh oh...

Je me suis souvent posé la question de savoir d'où elle prenait sa source mais sans jamais me déranger pour savoir. A l'âge de 68 ans, ça y est, j'ai enfin vu de mes yeux la Creuse à sa source.

C'était récemment, pendant le petit voyage que j'ai fait en voiture pour accompagner mon assistante du réseau HelpExchange à son hôte d'après. C'était sur la route qui va d'Aubusson à Ussel, une belle route qui monte doucement jusqu'à 800 et quelques mètres, avant d'arriver à La Courtine. J'ai aperçu dans l'herbe sur la droite des pancartes fléchées indiquant "source de la Creuse"... ah tiens! c'est là! Mais comme nous devions faire la route jusqu'à Bort-les-Orgues et au-delà, je ne me suis pas arrêtée.

Au retour toute seule, le lendemain dimanche 16 septembre, j'ai voulu prendre le temps d'aller voir. Donc en arrivant d'Ussel, dans le bourg de La Courtine, je demande à une dame chargée de pains si elle savait où la Creuse prenait sa source. La pauv' dame n'en savait rien, elle me conseilla d'aller demander à la boulangerie, ouverte bien sûr ce dimanche matin. Il y avait la queue, à la boulangerie, et pour ne pas avoir l'air de prendre la boulangerie pour l'office du tourisme, je me suis prise une cannette de coca. La jeune dame à la caisse n'en savait rien non plus mais elle appela une ancienne qui m'expliqua que c'était sur la route à gauche au col du Massoubre, direction Féniers. Elle m'écrit ça sur un bout de papier et j'en la remercie, m'en allant avec ma cannette de coca trouver la Creuse à sa source!

Un col? Je ne me souvenais pas avoir franchi un col. Dans mon imagination, un col, c'est un passage étroit dans des montagnes pointues. Et du coup, j'ai dépassé à vive allure ledit col, apercevant du coin de l'oeil la pancarte pour Féniers à gauche. Demi tour! Effectivement, à quelques encablures du carrefour direction Féniers, est indiqué, à l'entrée d'un chemin, que c'est bien là que la Creuse prend sa source. Youpi! j'y suis!

Je stationne mon carrosse comme ça sur la route et je pars en reconnaissance. Le chemin s'enfonce dans le sous-bois et je découvre à quelques mètres une clairière avec une solide table de picnic en bois... Juste ce qu'il me fallait. Je retourne donc à ma voiture pour la stationner correctement et prendre mon casse-croûte. Justement c'était midi.

Les photos ci-dessous racontent la suite.

L'entrée du sous-bois

Le chemin balisé vers la source

Mon picnic

La solide table de picnic

La forêt est mixte

La Creuse à Felletin n'est qu'un torrent


Un havre et un moment de paix totale. Je me suis prise à avoir envie d'habiter dans les bois, loin, très loin de ce monde de brutes, libre, sans connaître le pourcentage du 'produit intérieur brut', ni le nombre de 'demandeurs d'emploi' comme si c'était une race humaine à part, sans savoir si la planète bleue se réchauffe ou se refroidit. Alors j'ai commencé à me dire: si je pars par là, je vais peut-être m'enfoncer dans la forêt épaisse. Ah oui, mais il me faudrait des allumettes pour allumer du feu, et puis une pelle pour me creuser un terrier, et un couteau bien aiguisé pour chasser le lapin... oui, bon, d'accord, je retourne à ma voiture et je rentre chez moi!!!